gestion du temps entrepreneur

2. 6 clefs d’organisation et productivité pour diviser ton temps de travail par 2

Épisode diffusé le 15 octobre 2024 par Aurélie Gauthey

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La gestion du temps entrepreneur – c’est le sujet dont tout le monde parle et que personne ne règle vraiment. Aurélie Gauthey, coach business et fondatrice du podcast Née Pour Impacter, a mis 15 jours chrono pour comprendre où partaient ses heures. Ce qu’elle a trouvé, c’est ce que la plupart refusent de regarder en face : l’agenda plein n’est pas un signe de succès. C’est souvent un symptôme.

Elle était de ces entrepreneures qui travaillaient 7 jours sur 7, soirs compris, week-ends inclus. Plus le calendrier débordait, plus elle avait le sentiment que le business avançait. Sauf que non. Le temps s’évaporait – en distractions, en réunions inutiles, en demandes extérieures auxquelles elle disait oui par réflexe. Et personne ne lui avait jamais signalé le problème.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans son approche, c’est qu’elle ne vend pas une méthode miracle en 3 étapes. Elle raconte ce qu’elle a vécu, les erreurs concrètes, les solutions qu’elle a testées sur elle-même avant de les proposer à ses clientes. Il y a quelque chose de rare là-dedans (et c’est souvent là que ça coince avec le coaching : trop de théorie, pas assez de vécu personnel). Alors voilà ce que ça donne, une fois mis à plat.

La question que pose cet épisode n’est pas ‘comment être plus productif’. C’est : est-ce que tu sais seulement où passe ton temps en ce moment ?

Timer son temps pendant 15 jours : l’exercice que personne ne fait

Quinze jours. C’est le premier truc qu’Aurélie demande à ses clientes quand elles arrivent à 3K ou 5K de chiffre d’affaires mensuel. Pas un bilan annuel, pas un audit de marque. Juste un timer, toutes les 30 minutes ou toutes les heures, pendant deux semaines.

Le principe est simple. À chaque déclenchement du minuteur, tu notes ce que tu as fait pendant le créneau précédent. Sans filtre, sans arrondir. Et là, la gestion du temps entrepreneur prend un sens concret – parce que tu vois noir sur blanc que tu as passé 40 minutes sur une vidéo de chats alors que tu pensais avoir juste ‘jeté un coup d’œil à l’actu’.

Parfois tu vas me dire ah bah j’étais sur Instagram mais bon c’était vite fait. En réalité, tu te rends pas compte que tu es passé d’une vidéo de chaton à une vidéo de comment faire les meilleurs pancakes au monde et en vrai, tu as déjà perdu une demi-heure sans t’en rendre compte.

Dit comme ça, ça paraît évident. Et pourtant.

Ce que révèle souvent cet exercice : 80 % du temps passé sur Canva ou les réseaux sociaux pour un retour quasi nul. Pas parce que la création de contenu ne sert à rien, mais parce qu’on le fait sans template, sans process, en recommençant tout de zéro à chaque fois. La première analyse que tu ressors de ces 15 jours, ce n’est pas une liste de distractions à supprimer – c’est une carte de tes habitudes réelles, pas de celles que tu crois avoir.

Moi j’aurais aimé qu’on me dise ça plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise – c’est que le problème n’est jamais là où on le cherche. Tu crois perdre du temps sur les emails. En vrai, tu en perds deux fois plus sur les micro-décisions répétitives que tu n’as jamais automatisées.

Éliminer les distractions : pas juste éteindre les notifications

Tout le monde dit ‘coupe les notifs’. Aurélie va un cran plus loin. Son téléphone, quand elle travaille, est dans une autre pièce. Physiquement absent. Pas en mode silencieux sur le bureau. Absent.

Et elle l’assume : au début, c’est perturbant. Tu as l’impression de rater quelque chose d’urgent. En réalité, ce que tu ressens, c’est du manque – pas une urgence réelle. Parce que la vérité que personne ne veut entendre, c’est formulée assez brutalement dans l’épisode :

Bonne nouvelle. Tu n’es pas chirurgien cardiaque. Personne ne va mourir. Personne ne va disparaître et tes clientes ne vont pas t’en vouloir si tu réponds pas dans l’heure.

Voilà. C’est exactement le problème.

L’autre solution qu’elle propose : une application qui bloque les réseaux sociaux sur des plages horaires définies. Elle avait trouvé une appli – elle n’a plus le nom exact – qui demandait trois confirmations consécutives avant d’autoriser l’accès à Instagram. Un seul bouton de validation, c’était trop facile à contourner. Il en fallait trois. C’est ce niveau de friction volontaire qui fait la différence dans la gestion du temps entrepreneur au quotidien.

La question que ça pose, c’est : combien de fois ouvres-tu une appli par réflexe, sans intention ? Elle évoque 1 000 fois par jour. C’est probablement honnête.

Travailler moins mais mieux : le mythe du call de 5 minutes

Combien d’échanges Slack as-tu envoyés cette semaine pour un projet qui aurait pu se régler en 10 minutes de call ? Aurélie pointe quelque chose que les équipes qui fonctionnent en remote connaissent bien : les fils de messages qui s’allongent, les audios WhatsApp qui s’accumulent, alors qu’un appel rapide aurait tout réglé.

Sa règle : quand les messages ou les audios dépassent 4-5 minutes cumulés, c’est qu’il faut passer à un appel. Pas demain. Maintenant. ‘Tu es libre quand, on le fait tout de suite, on perd pas de temps, on se dit les choses, on passe à autre chose.’ C’est brutal, mais ça coûte moins cher que 48 heures de ping-pong numérique.

Et en parallèle, elle introduit un concept que je trouve particulièrement solide dans sa réflexion sur la gestion du temps entrepreneur : l’analyse des comportements répétitifs. Ce n’est pas juste ‘fais moins de réunions’. C’est : identifie les patterns qui te font perdre du temps de façon systématique, et construis un process pour les court-circuiter.

Pour elle, ça a donné des Google Forms et des questionnaires pré-call. Résultat : 50 % des appels éliminés – parce que la moitié des demandes, une fois mises à plat par écrit, ne nécessitaient pas de rendez-vous. Ces 5 questions bien posées en amont font plus pour ta productivité que n’importe quel outil de gestion de projet.

Tu n’es pas une distributrice de rendez-vous à la demande

‘Tu n’es pas une distributrice de 5 minutes.’ Elle le répète deux fois dans l’épisode, et ça mérite qu’on s’y arrête.

Le scénario qu’elle décrit est universel : tu es en plein milieu d’un projet, quelqu’un t’envoie un message – cliente, partenaire, équipe – en disant ‘j’ai juste besoin de 15 minutes’. Tu lâches ce sur quoi tu travailles. Tu libères du temps. Et le call de 15 minutes dure 45 minutes parce que, comme au cabinet du psy, c’est toujours vers la fin qu’arrivent les vraies questions.

Quand on est en séance avec notre coach, avec notre thérapeute, c’est toujours arrivé vers la fin de la séance qu’on a envie de poser de nouvelles questions. Et ben c’est un peu pareil dans ces appels.

C’est une image frappante, et exacte.

Sa réponse concrète : quand quelqu’un lui demande une heure de son temps pour discuter d’un ‘passage télé’, elle ne prend pas le rendez-vous. Elle répond par email en demandant une mini-vidéo, un audio ou un email structuré avec les éléments essentiels du projet. Si le projet ne vaut pas 5 minutes de rédaction de leur côté, il ne vaut probablement pas une heure de son calendrier à elle. C’est froid. C’est aussi très efficace pour la gestion du temps entrepreneur.

La limite que j’assumerais ici : ça ne marche pas avec tout le monde. Certaines relations professionnelles nécessitent du temps non structuré, de la discussion libre. Refuser systématiquement les calls informels, c’est aussi fermer certaines portes relationnelles. La vraie question c’est de savoir avec qui tu peux te le permettre – et avec qui tu ne peux pas.

gestion du temps entrepreneur et limites avec l’entourage : le sujet qu’on évite

Travailler de chez soi, c’est invisible pour beaucoup de gens autour de toi. Et cette invisibilité coûte cher.

Aurélie cite des cas concrets de clientes dont le mari ouvre la porte en plein Zoom – sachant pertinemment qu’elle est en réunion. Pas par malveillance. Par habitude. Parce que personne n’a jamais posé les règles clairement. Et parce que l’entourage a intégré que ‘travailler à la maison’, ça laisse de la marge pour aller chercher les enfants à l’école, récupérer un colis pour une voisine, faire les lessives entre deux clients.

Si tu étais dans un bureau, t’aurais pas expliqué à ton patron que tu devais rentrer chez toi pour faire des lessives.

C’est là que ça devient plus intéressant que du simple conseil productivité. La gestion du temps entrepreneur a une dimension relationnelle que la plupart des guides ignorent complètement (et c’est souvent là que ça coince pour de vrai). Ce n’est pas un problème d’application de blocage ou de timer. C’est une conversation à avoir – avec son partenaire, avec sa famille – sur ce que signifie travailler, et ce que ça demande comme respect.

Sa proposition : définir des créneaux non négociables. De 13h à 16h, la porte ne s’ouvre pas. Pas d’interruption, pas de clarinette devant le bureau (elle donne cet exemple, qui est visiblement un souvenir précis). Ce n’est pas de l’agressivité. C’est de la clarté.

Pour aller plus loin sur ce rapport entre indépendance et cadre de travail, construire sa liberté financière en tant qu’entrepreneur pose des bases complémentaires sur pourquoi ces limites sont indissociables de la réussite à long terme.

Changer une habitude à la fois : pourquoi tout appliquer d’un coup plante toujours

Deux mois. C’est le délai qu’Aurélie propose pour ancrer chaque nouvelle habitude avant d’en ajouter une autre. Pas deux semaines. Pas un mois. Deux mois.

Ce rythme est délibéré. Et il va à l’encontre de ce que vendent la plupart des formations en productivité – la transformation totale, le système complet, le pack en 30 jours. Elle dit explicitement que vouloir tout changer en même temps, ça ne fonctionne pas. Tu tiens une semaine, tu retombes, tu te décourages, tu abandonnes.

Sa méthode pour la gestion du temps entrepreneur sur le long terme : choisis un ou deux éléments dans ce qu’elle a partagé. Un seul, si possible. Tu le testes pendant deux mois. Il devient automatique. Ensuite tu passes au suivant. Elle suggère même de noter dans son agenda le numéro de l’épisode de podcast pour revenir l’écouter deux mois plus tard – et mesurer ce qui a changé.

C’est une approche que je trouve honnête parce qu’elle intègre la résistance humaine au changement plutôt que de faire comme si elle n’existait pas. La liberté financière pour les entrepreneurs ne se construit pas dans l’urgence – et la productivité non plus.

Bref. L’ensemble de ces six points ne forme pas un système révolutionnaire. Ce sont des ajustements comportementaux, testés sur des vraies personnes, avec des vrais résultats mesurables – 50 % des appels éliminés grâce à un questionnaire, une analyse sur 15 jours qui révèle les patterns invisibles. Ce qui les rend efficaces, c’est qu’ils partent de l’observation plutôt que de la prescription. Et ça, c’est plus rare qu’il n’y paraît dans le paysage du coaching business.

Questions fréquentes

Comment faire une gestion du temps entrepreneur efficace quand on travaille seul ? +
Commencer par un audit de 15 jours avec un timer toutes les 30 minutes est la méthode la plus directe. L'objectif n'est pas de se juger, mais d'identifier les patterns réels - pas ceux qu'on croit avoir. Beaucoup d'entrepreneurs découvrent à cette occasion qu'ils passent l'essentiel de leur temps sur des tâches à faible valeur ajoutée comme la création de visuels ou la gestion des réseaux sociaux.
Combien de temps faut-il pour changer une habitude de gestion du temps entrepreneur ? +
Deux mois minimum selon Aurélie Gauthey. Vouloir tout changer d'un coup ne fonctionne pas - et c'est documenté. L'approche qu'elle recommande : une seule habitude à la fois, deux mois de pratique, puis on passe à la suivante.
Comment refuser des rendez-vous sans froisser ses contacts professionnels ? +
En demandant un email ou un audio structuré en amont du call. Si la demande ne mérite pas 5 minutes de rédaction de la part de l'interlocuteur, elle ne mérite probablement pas une heure dans votre agenda. Poser des questions clés par écrit avant tout rendez-vous permet d'éliminer environ 50 % des calls inutiles selon l'expérience d'Aurélie Gauthey.
Quelles applications bloquer pour améliorer sa productivité en télétravail ? +
Les réseaux sociaux en premier lieu, sur des plages horaires définies. Des apps comme Freedom ou Cold Turkey permettent de bloquer l'accès à certains sites pendant des créneaux précis. L'idée clé : augmenter la friction - plus il faut d'étapes pour accéder à une distraction, moins on cède à l'impulsion.
Comment poser des limites à son entourage quand on travaille de chez soi ? +
En définissant des créneaux non négociables et en les communiquant clairement. Pas besoin d'être agressif - il s'agit d'expliquer que travailler à domicile ne signifie pas être disponible pour toutes les demandes domestiques. Un cadre posé une fois clairement vaut mieux que des demandes répétées ignorées.
La gestion du temps entrepreneur est-elle différente selon le niveau de chiffre d'affaires ? +
Les principes de base sont les mêmes, mais les enjeux changent. À 3K-5K par mois, les voleurs de temps sont surtout des distractions numériques et des tâches mal déléguées. À des paliers plus élevés, les pertes de temps se déplacent vers les réunions, les partenariats non qualifiés et la gestion d'équipe sans process clairs.

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