L’équilibre vie pro vie perso entrepreneur – c’est le truc qu’on cherche tous en tapotant des frameworks dans des tableurs à 23h pendant que les enfants dorment. Nancy, elle, pensait avoir un problème de newsletter. Elle arrive sur le coaching live d’Aurélie Gauthey avec une question précise : pourquoi sa base mail ne convertit pas malgré des années de collecte via lead magnets ? Vingt minutes plus tard, elle pleure et parle de cartons sur le bas du dos. C’est ça, le coaching live. Et c’est exactement ce que cet épisode du podcast Née pour Impacter documente – pas une session tactique, une mise à nu.
Ce qui m’a frappé en écoutant cette session, c’est la vitesse à laquelle le vernis stratégique craque. Une question sur les chakras, une image intuitive d’Aurélie – une femme qui essaie de sortir d’une piscine avec des cartons sur le coccyx – et tout bascule. Nancy n’a pas un problème de modèle de contenu. Elle a un problème d’espace. Physique. Temporel. Mental.
Et là, franchement, je me suis dit : combien d’entrepreneurs passent des mois à A/B tester leurs objets d’email alors que le vrai nœud est là, dans ce flou permanent entre vie de maman, vie de femme et vie de CEO ?
Nancy arrive avec une question sur sa newsletter, repart avec autre chose
Trois enfants. Une offre qu’elle vient de changer. Une base email construite sur plusieurs années. Et pourtant – flop total sur les newsletters. C’est le tableau que Nancy dresse en quelques phrases au début du coaching.
Aurélie Gauthey la stoppe presque immédiatement. Pas sur la technique, pas sur la segmentation. Sur l’énergie derrière la question.
« Dans ton énergie quand tu me l’as dit – le ‘je ne sais plus quoi créer’ – j’ai eu la sensation qu’effectivement ça venait pas de toi. De qu’est-ce que moi Nancy, dans mon sang, dans mon unicité, dans mes couleurs, dans mes facettes, dans ma personnalité, comment je le créerais à ma façon. »
C’est exactement le problème. Et c’est souvent là que ça coince.
Nancy le confirme elle-même : elle a testé des challenges, des lead magnets, des formats divers – comme beaucoup d’entrepreneurs en ligne qui se forment et essaient. Le dernier truc qui a vraiment marché ? Un challenge lancé en juin, le premier qu’elle faisait. Fun. Porteur. Aligné. Elle le sait. Mais elle continue à chercher un autre modèle à l’extérieur au lieu d’aller creuser ce qui a fonctionné pour elle.
Ce pattern, je le vois partout. On consomme tellement de contenu sur les modèles de vente qui épuisent qu’on finit par croire que la réponse est forcément dans le prochain épisode de podcast qu’on n’a pas encore écouté.
La question qui déstabilise : qu’est-ce que tu sais que tu dois faire mais que tu ne fais pas ?
Aurélie Gauthey a une technique que j’ai trouvée redoutablement efficace. Elle demande à Nancy de répondre sans mentaliser. Instinctivement. Sans chercher la bonne réponse.
Premier réflexe de Nancy : silence. Puis : « J’ai fait tellement de choses, je me suis noyée dans du faire faire faire. »
Deuxième tentative d’Aurélie, plus directe : dis-moi une action. Une seule.
« Reprendre de l’espace pour moi. »
Voilà. En trois mots. Tout est dit.
Ce qui suit dans le coaching est une exploration de ce que cet espace représente concrètement. Nancy travaille depuis chez elle. Trois enfants. Les vacances scolaires venaient de se terminer (ou pas encore, le contexte suggère août). L’espace physique à la maison, l’espace mental pour déconnecter – ça n’existe pas vraiment. Elle jongle en permanence, dans la chambre de son fils pour enregistrer ce live, les enfants qui mangent à côté.
Et elle a fait une chute de cheval dix jours avant ce coaching. Le coccyx. (Aurélie avait visualisé des cartons sur le bas du dos avant d’apprendre ça – ce genre de coïncidence, que tu y croies ou non, a clairement un effet sur la cliente.)
L’équilibre vie pro vie perso entrepreneur – quand on en parle dans les articles de productivité habituels – c’est des time blocks et des applications de gestion de tâches. Dans ce coaching, c’est une femme qui pleure et une coach qui dit : tu n’es pas obligée de choisir entre être une bonne maman et une bonne entrepreneur. Mais la première à devoir le croire, c’est toi.
équilibre vie pro vie perso entrepreneur : le cerveau en fil constant, c’est le vrai problème
Aurélie pose une question simple : dans un monde idéal, combien de soirs totalement off tu voudrais ?
Nancy répond que ça ne la dérange pas de travailler le soir. Qu’elle aime ça. Que si les enfants sont couchés et qu’elle a envie de finir un truc, elle le fait.
Aurélie ne la contredit pas. Elle recadre.
« Là où c’est pas OK, c’est qu’à un moment donné quand on ne s’engage pas envers soi-même et l’amour de soi-même d’avoir des limites et des frontières entre le pro et le perso, on est toujours dans cette espèce de flou artistique qui fait qu’à un moment donné ton cerveau n’a pas le vrai espace de lâcher pendant toute une soirée. Il est là sans être là, il est toujours en fil. »
Ce qu’elle décrit – le cerveau en fil – c’est exactement ce que les neurosciences appellent le mode rumination. Tu avances moins vite en trois heures de travail fragmenté et coupable que tu n’avancerais en une heure concentrée quand ton énergie est au max.
Nancy a une organisation qui, sur le papier, tient la route : lundi toute la journée, mardi après-midi, jeudi toute la journée, vendredi après-midi. Le mardi matin et le vendredi matin sont réservés à ses chevaux – non négociable, c’est sa passion, son ressourcement. Les soirs à 17h, elle va chercher les enfants. Les mercredis, les activités.
Structure solide. Mais le soir, après le dîner, si un truc traîne – elle rallume l’ordi. Et là, ce n’est plus de l’efficacité, c’est de la culpabilité habillée en productivité.
La question de l’organisation et du perfectionnisme chez l’entrepreneur revient souvent dans ce podcast. Ce n’est pas un hasard.
Ce qu’on oublie toujours dans l’équation : la vie de femme
Aurélie identifie trois facettes chez Nancy. L’entrepreneur. La maman. Et – celle qu’on oublie – la femme.
Nancy le confirme sans hésiter : le mardi matin et le vendredi matin, c’est cheval. Passion totale. Non négociable depuis longtemps. Mais quand Aurélie demande où est l’espace du rien – pas les chevaux, pas les enfants, pas le business – la réponse tarde.
Il n’y en a pas. Ou presque.
« Si tu veux, j’ai toujours soit quelqu’un à m’occuper soit quelqu’un autour. Et en fait cette espèce de vie… c’est de me retrouver soit avec les copines soit moi toute seule et je me l’autorise pas. »
Ce moment-là, je l’ai réécouté deux fois. Parce que Nancy ne dit pas qu’elle n’a pas le temps. Elle dit qu’elle ne s’autorise pas. Nuance énorme.
C’est cette logique du mérite qui revient dans plein de profils d’entrepreneurs passionnés – surtout des femmes qui gèrent famille et business en parallèle. On a intégré quelque part qu’on mérite de recevoir seulement si on s’est épuisée d’abord. Aurélie le reformule frontalement : « Je mérite de recevoir une abondance financière même quand je joue avec mes enfants. »
Dit comme ça, ça paraît évident. Mais quand tu travailles depuis chez toi avec trois enfants et que ton partenaire ne comprend pas toujours l’importance de ton espace de travail – c’est une conviction qui se construit, pas une évidence. Sur la posture de leader et la sécurité intérieure, c’est un sujet qu’Aurélie revient creuser régulièrement dans ses épisodes.
Le conseil concret : un espace du rien dans l’agenda, pas une résolution
La fin du coaching devient pratique. Aurélie ne laisse pas Nancy repartir avec une révélation émotionnelle et aucun ancrage concret – piège classique de ce genre de sessions.
Elle dit : écris une phrase positive sur un Post-it. Sur le frigo. Sur ton bureau. « Je suis en sécurité dans l’espace du rien. » Et bloque deux heures par semaine dans l’agenda – pas en mode vague intention, dans l’agenda, pour plusieurs mois.
Pas trois nouvelles choses à mettre en place. Une. Deux heures. Du rien ou ce qui te ressemble – méditation, danse, coloriage, peu importe. Mais planifié comme un rendez-vous client.
Aurélie ajoute quelque chose que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt dans ma carrière : dans quinze jours, si tu n’as rien ancré physiquement, tu auras oublié. Pas parce que c’était pas important. Parce que tout le reste revient te pousser dans le dos – les clients, les enfants, les contenus à produire.
C’est aussi ce qui différencie un coaching efficace d’un contenu inspirant consommé passivement. L’un te laisse dans l’excitation de la révélation. L’autre t’oblige à un engagement précis avant de raccrocher.
Pour aller plus loin sur comment passer à l’action avec clarté sans se noyer dans la liste de choses à faire, il y a un épisode dédié qui complète bien cette session.
Ce que ce coaching dit sur comment on construit son business
Quelques chiffres qui ressortent de cet épisode, parce que le contexte de Nancy n’est pas anodin. Elle génère des revenus depuis son activité de coaching – elle évoque des clients qu’elle accompagne en sessions individuelles et collectives. Elle a une base mail construite sur plusieurs années avec des lead magnets. Et elle a rejoint le programme d’Aurélie après un challenge en juin qui lui a apporté plus de résultats et de plaisir que n’importe quelle autre tactique testée avant.
Aurélie, de son côté, mentionne avoir créé entre 200 000 et 300 000 euros en quatre jours avec des gens qui ne la connaissaient pas encore – dans le cadre de son challenge payant. C’est le contexte commercial de l’épisode (on est clairement sur un live de lancement), mais ça ne retire rien à la valeur du coaching lui-même.
Ce qui me frappe dans la dynamique : Nancy sait déjà ce qui marche pour elle. Le challenge. Les sessions collectives. L’écriture – elle adore ça. Elle a les outils. Ce qui lui manque, c’est l’espace mental pour les déployer sans culpabilité.
Et ça, aucune formation sur la pyramide de la visibilité ne peut te le donner à ta place. La question de structurer son business sans s’éparpiller passe inévitablement par là – par cette clarté sur ce qu’on peut vraiment tenir dans une semaine donnée, avec les contraintes réelles qu’on a.
L’équilibre vie pro vie perso entrepreneur n’est pas une question d’agenda parfait. C’est une question de permission qu’on se donne – ou pas – d’exister en dehors de sa valeur productive.
Nancy repart avec ça. Pas avec une stratégie newsletter révisée. Avec la conscience que le vrai blocage n’était pas dans ses opt-ins.
La question que ça pose – et à laquelle ce coaching ne répond pas complètement, ce qui est honnête – c’est : comment tu maintiens cet espace quand la pression remonte ? Quand le chiffre du mois est décevant et que la culpabilité revient habillée en urgence business ?











