L’énergie masculine et féminine, on en parle partout dans les cercles de développement personnel – et pourtant, Aurélie Gauthey, coach et auteure du podcast Née pour Impacter, est venue bousculer une croyance que beaucoup tenaient pour acquise depuis des années. Après 20 ans de travail sur elle-même – psys, thérapeutes, chamans, énergéticiens – elle a reçu une information qui a tout remis à plat. Pas une théorie abstraite. Une claque.
Le point de départ : des milliers de femmes font des cercles, des retraites, des soins pour réparer leur féminin blessé. La logique semble imparable – elles ont subi des abus, des violences, des humiliations. Donc c’est le féminin qui trinque. Sauf qu’une chamane lui a dit le contraire. Et franchement, quand tu y réfléchis deux minutes, ça tient la route d’une façon assez dérangeante.
Ce que j’ai trouvé intéressant dans cet épisode de 10 minutes – parce qu’il dure vraiment seulement 10 minutes – c’est que la prise de conscience d’Aurélie ne vient pas d’un expert académique ou d’un best-seller traduit de l’anglais. Elle vient d’une chamane, transmise avec des mots de débutante assumée, sans prétention de vérité universelle. Et parfois c’est exactement ce type de transmission qui passe le mieux.
Ce que la chamane a dit – et que les cercles de femmes n’entendent pas souvent
Voilà le truc central. Aurélie décrit des traumas lourds : trahison, rue à 17 ans, insécurité permanente, peur d’être agressée chez elle. Des années de thérapies en tous genres. Et toujours cette impression que c’est le féminin qu’il faut soigner.
La chamane retourne le problème :
« Mais Aurélie, c’est pas ton féminin qui est blessé. C’est ton masculin. Parce qu’à l’origine dans l’énergie, le masculin, c’est celui qui protège, c’est celui qui est puissant, c’est celui qui va prendre soin de la famille, qui va englober, qui va protéger. »
Ça parait presque trop simple. Et c’est là que ça devient intéressant.
L’idée, c’est que face aux chocs de vie, le masculin intérieur – cette énergie protectrice présente chez tout le monde, femmes comme hommes – s’est senti impuissant. Il n’a pas pu protéger. Du coup, au lieu de se retirer dignement, il a fait exactement l’inverse : il a pris toute la place. Il s’est suradapté. Il a construit une carapace.
Et l’énergie masculine et féminine se retrouve alors complètement déséquilibrée, non pas parce que le féminin a été attaqué directement, mais parce que le masculin paniqué a étouffé tout le reste en voulant bien faire.
La carapace de la femme battante – un faux masculin qui en fait des caisses
Aurélie ne mâche pas ses mots sur ce point. Elle décrit cette énergie de femme solide qu’elle a construite comme une richesse de vie réelle – mais aussi comme une fausse carapace.
« C’est un faux masculin. Il en fait des caisses parce qu’il veut montrer maintenant qu’il est là et qu’il va gérer la situation pour berner un petit peu tout le monde de ‘je suis bien là et je vais t’aider’. »
C’est exactement le problème. Et c’est là que beaucoup d’entrepreneures se reconnaissent sans forcément mettre le mot dessus.
Tu connais ce profil. La femme qui gère son business avec une énergie de CEO à toute épreuve, qui ne lâche jamais, qui contrôle tout, qui agit en permanence. Le fameux faire, il faut, je dois. Cette énergie-là peut générer du chiffre, de la visibilité, des résultats concrets. Mais elle coûte. Elle coûte énormément.
Ce que dit Aurélie, c’est que cette hyper-masculinité n’est pas de la force. C’est de la compensation. Le masculin blessé qui surjoue pour prouver qu’il est là. Et pendant ce temps, le féminin – la douceur, la créativité, l’émotionnel, la capacité à se laisser porter – est écrasé sous le poids de cette démonstration permanente.
Le lien avec l’énergie masculine et féminine en business est direct : quand tu es en mode 90% masculin, tes décisions sont prises sous pression, dans l’hyper-contrôle, sans vraiment écouter. Tu agis. Tu produis. Mais tu n’es pas alignée. Et ça, ça finit toujours par se voir dans les chiffres à un moment ou un autre.
Pourquoi réparer le féminin en premier ne marche pas – ou pas complètement
Voilà la partie qui risque de déranger. Parce qu’elle remet en question des pratiques que beaucoup de femmes considèrent comme des piliers de leur parcours de guérison.
Les cercles de femmes ne sont pas inutiles. Aurélie le dit clairement, et je le répète parce que c’est important de ne pas caricaturer. Mais elle pose une question qui mérite vraiment d’être posée :
« Elle me dit : c’est pour ça qu’il y a des femmes qui font des milliers de cercles de femmes sur le féminin, sur l’acceptation du féminin mais c’est avant tout le masculin qui a été blessé. »
L’analogie qu’elle utilise est assez parlante. Une femme dans une relation avec un homme dominant, castrant, qui prend toute la place – elle ne peut pas s’épanouir dans sa féminité. Ce n’est pas elle qui manque de féminité. C’est que la relation ne lui laisse pas l’espace pour l’exprimer. Et si tu remplace cet homme par ton masculin intérieur en mode panique et surcompensation, tu obtiens exactement la même dynamique.
Ce n’est pas le féminin qui est cassé. C’est le masculin qui n’est pas sécure. Et tant que ce masculin-là ne trouve pas la sécurité, le féminin ne peut pas se révéler – peu importe combien de cercles tu fais, combien de soins tu accumules.
(Ce qui ne veut pas dire que tout le travail fait jusqu’ici est perdu – mais ça change clairement l’ordre dans lequel on aborde les choses.)
C’est une nuance qui change tout à l’approche thérapeutique. Et en business, c’est encore plus visible : l’auto-sabotage et la peur de réussir ont souvent cette texture-là – pas une incapacité du féminin à assumer le succès, mais un masculin si crispé sur la protection qu’il empêche tout mouvement.
L’énergie masculine et féminine en équilibre – ce que ça change concrètement
Depuis que l’énergie masculine et féminine a trouvé un équilibre différent chez elle, Aurélie décrit quelque chose de précis. Pas une transformation mystique. Quelque chose de beaucoup plus concret :
« Depuis que je suis sécure avec moi-même, que je viens rassurer la part de mon féminin et de mon masculin qui ne s’est pas senti assez capable, assez protecteur, assez puissant à l’époque, quand je viens rassurer toutes ses parts, je sens que tout est beaucoup plus apaisé dans ma vie, dans mes décisions, j’agis pas dans l’hyper quelque chose. »
Voilà. Pas d’extase spirituelle. Juste moins d’hyper. Moins de force brute. Des décisions plus justes parce qu’elles viennent d’un endroit stable.
Pour quelqu’un qui gère un business, c’est pas anodin. La différence entre une décision prise depuis la peur (masculin en mode survie) et une décision prise depuis la confiance (masculin sécure qui soutient le féminin) – cette différence-là se mesure. En qualité de travail, en types de clients attirés, en façon de vendre, en capacité à déléguer sans anxiété.
C’est lié directement à ce que beaucoup décrivent comme le défi de structurer sa croissance sans s’épuiser : tant que le masculin intérieur croit qu’il doit tout contrôler pour que rien n’arrive, tu ne délègues pas vraiment. Tu surveilles. Tu t’épuises. Et tu appelles ça de la rigueur.
L’équilibre entre les deux énergies ne signifie pas 50-50 mathématique. Aurélie dit elle-même « 50 ou autre, peu importe ». Ce qui compte, c’est que le masculin ne prenne plus 90% de la place par peur. Qu’il revienne à sa juste place – celle qui soutient et protège sans étouffer.
Comment travailler sur le masculin blessé – quelques pistes concrètes
Aurélie n’est pas experte du sujet, elle le répète plusieurs fois. Et honnêtement, cette honnêteté-là la rend plus crédible que si elle avait sorti un protocole en 5 étapes.
Ce qu’elle décrit comme déclencheur, c’est d’abord la prise de conscience elle-même. Reconnaître que le masculin intérieur a souffert – pas juste la petite fille blessée, pas juste le féminin humilié, mais cette partie protectrice qui a vécu l’impuissance comme un échec cuisant.
Ensuite, le travail de réassurance. Aller parler à cette partie-là. Lui dire que c’est ok, que ce n’était pas de sa faute, qu’il n’avait pas les ressources pour protéger à l’époque – et qu’il en a maintenant. (Ça ressemble à du travail de parties, de IFS, ou de certaines formes de thérapie somatique – mais Aurélie ne le nomme pas ainsi.)
Ce n’est pas un processus rapide. 20 ans de travail sur elle-même avant cette prise de conscience – c’est la donnée qui cadre tout. Ce n’est pas une promesse de transformation en 30 jours.
Et c’est là que je mettrais un bémol important : cette grille de lecture est un outil, pas une vérité absolue. Elle peut coexister avec d’autres approches. Elle ne remplace pas un suivi thérapeutique pour des traumas lourds. Et elle ne s’applique pas de la même façon à tout le monde. Aurélie le dit elle-même – elle pourrait se tromper complètement. Ce qui m’a intéressé, c’est justement cette humilité.
Par ailleurs, cela résonne particulièrement fort dans les contextes entrepreneuriaux. Ces paliers de croissance qui se transforment en chaos ont souvent cette empreinte : un masculin intérieur qui serre les freins exactement au moment où il faudrait lâcher.
Ce que ça dit du business des entrepreneures – et pourquoi c’est pas qu’un sujet spirituel
Ce serait une erreur de cantonner ce podcast à la sphère du développement personnel ésotérique. La dynamique décrite par Aurélie Gauthey est directement opérationnelle pour quelqu’un qui pilote une activité.
Une entrepreneuse en mode masculin suradapté, c’est quoi concrètement ? Contrôle maximal sur chaque détail. Difficulté à recevoir (de l’aide, des compliments, des clients qui arrivent facilement). Sentiment que si tu relâches une seconde, tout s’effondre. Hyper-activité qui ressemble à de la productivité mais qui est surtout de l’anxiété habillée.
Et le féminin étouffé dans ce contexte ? La créativité en berne. Le positionnement qui manque de singularité. La communication qui sonne corporate et froide. L’incapacité à parler de soi avec vulnérabilité – ce qui, en marketing, est souvent ce qui fait la différence entre un contenu qui résonne et un contenu qui informe.
Du coup, la comparaison permanente aux autres sur les réseaux – chiffres d’affaires, abonnés, résultats – c’est aussi ça. Le masculin blessé qui vérifie en permanence s’il fait assez. S’il est assez. Si la protection est suffisante.
L’énergie masculine et féminine en business, ce n’est pas de la woo-woo déconnectée du réel. C’est une façon de nommer quelque chose que beaucoup de coaches et thérapeutes spécialisés en entrepreneuriat observent : les blocages de vente, les plafonds de chiffre d’affaires, les burn-outs répétés ont souvent une racine émotionnelle et identitaire avant d’avoir une racine stratégique.
Est-ce que la solution est toujours de travailler sur le masculin blessé ? Non, probablement pas. Mais poser la question – avant de s’inscrire à un énième cercle de femmes – ça me semble honnêtement valoir le coup.











