Décider d’écrire un livre pour son business sans savoir écrire – sans syntaxe correcte, avec quinze fautes par ligne et un vocabulaire qu’on qualifiera poliment de direct -, et finir best-seller numéro 1 sur Amazon en spiritualité développement personnel dès la semaine de sa sortie : c’est exactement ce qu’a fait Aurélie Gauthey en 2020. Plus de 5 000 exemplaires vendus depuis, une autorité décuplée, des ventes doublées voire triplées selon elle. Et pourtant, au départ, elle voulait juste transmettre une histoire.
Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est pas le chiffre. C’est la façon dont elle raconte avoir compris – après coup, et pas avant – que son livre allait devenir un accélérateur. Elle n’avait pas de stratégie au sens où on l’entend habituellement. Elle avait une urgence. Une conférence prévue en avril 2020, une promesse faite à une amie, et deux mois pour tout écrire. Le Covid a ensuite annulé la conférence. Le livre est sorti quand même. Les ventes ont suivi.
Bref. On va décortiquer tout ça.
Ce que personne ne dit vraiment sur écrire un livre pour son business
La promesse qu’on entend partout : écrire un livre, ça rapporte. Que ça génère de la crédibilité, que ça attire des clients, que c’est LE levier ultime. Aurélie Gauthey dit exactement l’inverse – enfin, pas l’inverse, mais une version beaucoup plus honnête.
« L’écriture d’un livre et la vente d’un livre, ça coûte de l’argent, ça coûte du temps et ce n’est pas ce qui va rapporter de l’argent à ton entreprise. »
C’est exactement le problème. On vend du rêve autour du livre comme levier business, sans dire que le retour sur investissement direct – celui qu’on mesure en euros sur les ventes d’exemplaires – est quasi nul pour la majorité des auteurs. Le vrai ROI est indirect : l’autorité, la différenciation, les clients qui arrivent en disant « j’ai lu ton livre et je veux travailler avec toi ».
Et ça, ça change tout dans la façon d’aborder le projet. Si tu attends que ton livre te finance, tu vas être déçu. Si tu le vois comme un actif de positionnement – un argument de vente ambulant qui tourne 24h/24 -, alors oui, la question du niveau supérieur pour ton business prend une tout autre dimension.
Autre point qu’on omet systématiquement : le timing. Aurélie le dit clairement, écrire un livre ça se fait quand le business est solide. Quand les revenus sont stables. Parce que deux, trois, quatre mois sans se concentrer sur ses offres, ses clients, ses ventes – pour un business bancal – c’est potentiellement fatal.
De la rue à best-seller : pourquoi l’histoire compte plus que le style
Voilà ce qui distingue ce cas de tous les guides génériques sur l’écriture d’un livre business. Aurélie Gauthey n’a pas construit une argumentation propre et structurée autour d’une méthode. Elle a écrit son histoire. Toute son histoire.
La rue à 17 ans. Le harcèlement scolaire depuis l’âge de 7 ans. Les 120 kilos. La dépendance affective. Le regard d’une petite fille aux Restos du Cœur qui a tout changé. Ce sont des matériaux bruts, douloureux, que la plupart des coachs et entrepreneurs gardent soigneusement dans un tiroir fermé à clé.
« J’avais pas conscience en 2020 que mon livre allait être un véritable accélérateur d’autorité et de notoriété sur le marché et qu’il allait doubler voire tripler mes ventes. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais entre « j’ai une histoire forte » et « j’écris tout ça noir sur blanc pour que le monde entier le lise », il y a une distance que la plupart des entrepreneurs ne franchissent jamais. Elle décrit l’écriture de son autobiographie comme une douleur corporelle – littéralement. Elle écrivait allongée par terre, avec des contractures, parce que mettre ses souffrances sur papier ça prend dans le corps.
Ce qu’elle a compris – et ça, c’est le truc central de tout l’épisode -, c’est que son histoire de vie est son meilleur argument commercial. Pas ses diplômes. Pas sa méthode. Son parcours. Et le livre a été le vecteur pour le transmettre à grande échelle, de façon permanente, sans qu’elle ait à le raconter à chaque fois en live.
C’est une forme de leadership authentique que peu d’entrepreneurs osent vraiment incarner.
Le problème du ghostwriter – et pourquoi ça n’a pas marché
Au départ, Aurélie pensait qu’il lui fallait une professionnelle. Quelqu’un qui sait écrire, qui maîtrise la syntaxe, qui va donner une forme élégante à tout ça. Elle a testé. Deux, trois tentatives.
« Quand elle m’a écrit un passage où j’étais en cavale avec ma maman et qu’elle écrit cette phrase « Le moteur vrombissait dans la cour. » J’ai dû aller prendre un dico pour savoir ce que ça voulait dire. »
Voilà. Le ghostwriter avait du style. Il n’avait pas sa voix. Et dans un livre dont la valeur principale est l’authenticité brute, une voix qui n’est pas la tienne casse tout. Les lectrices le ressentent immédiatement – elles ne savent pas pourquoi, mais quelque chose sonne faux.
La conclusion qu’elle en tire est contre-intuitive pour quelqu’un qui « ne sait pas écrire » : les fautes d’orthographe, la syntaxe approximative, le vocabulaire simple – c’est pas un problème, c’est une signature. Le retour qu’elle reçoit le plus souvent sur son livre : « j’ai l’impression que tu es assise à côté de moi dans mon canapé. » C’est ça, le vrai objectif d’écrire un livre pour son business. Pas impressionner les correcteurs. Connecter avec sa cliente idéale.
Et ça, aucun ghostwriter ne peut le faire à ta place (enfin, certains sont très bons pour s’adapter – mais c’est rare, cher, et ça demande un travail d’immersion que la plupart ne proposent pas).
Les étapes qu’on oublie toujours quand on écrit un livre
Deux mois d’écriture intensive. C’est le temps qu’Aurélie a eu. Pas parce que c’est le temps idéal – parce qu’une conférence approchait et qu’elle avait promis d’arriver avec un livre dédicacé sous le bras.
Ce que personne ne te dit avant de commencer :
- Les bêta lectrices – ce cercle de personnes qui lisent le manuscrit avant tout le monde et donnent un retour honnête – sont indispensables. Pas pour valider ton ego. Pour repérer ce qui ne passe pas, ce qui est trop dense, ce qui manque.
Il faut aussi un shooting photo pour la couverture (et c’est pas anodin – la couverture c’est ce qui déclenche ou bloque l’achat en une seconde sur Amazon). Il faut relire, et relire encore, et recommencer des chapitres entiers. Il faut décider comment publier – maison d’édition traditionnelle ou auto-édition – avec des implications très concrètes sur la liberté éditoriale et les marges.
Aurélie a choisi l’auto-édition. La raison ? La liberté. Pas question qu’un éditeur lui dise de retirer les gros mots, d’adoucir les angles, de « professionnaliser » le ton. Son livre devait ressembler à ce qu’elle est. Et ça, une maison d’édition classique n’aurait probablement pas accepté sans modifications.
Et puis il y a la stratégie de lancement. Elle a créé une liste d’attente – plus de 300 personnes en pré-vente avant même que le livre soit imprimé. C’est ça qui génère le best-seller dès J+1 : une communauté chauffée, prête à acheter le jour de la sortie, qui fait exploser le classement Amazon dans les premières heures. Ça ne s’improvise pas. Ça se construit en amont, pendant l’écriture, pas après.
Pour voir comment ce type de stratégie s’articule avec une croissance plus globale, l’épisode sur structurer sa croissance sans s’épuiser donne des pistes complémentaires intéressantes.
Écrire un livre pour son business : ce qui a vraiment fait doubler les ventes
Le livre en lui-même n’est pas ce qui a déclenché la croissance. C’est la façon dont Aurélie l’a intégré dans son modèle de vente qui a tout changé.
Son système repose sur des challenges – des masterclasses, des lives en communauté. Et dans chaque challenge, elle commence par son histoire. Elle ne présente pas ses offres en premier. Elle raconte d’abord qui elle est, d’où elle vient, ce qu’elle a traversé. Le livre est devenu le support de cette histoire – quelque chose que les participantes peuvent acheter, annoter, relire, poser sur leur bureau comme un manifeste.
« C’est avec toi que je veux travailler. Voilà exactement une des possibilités de comment se différencier de la concurrence. »
C’est le mécanisme réel : le livre crée une connexion émotionnelle durable avec la cliente idéale. Cette connexion se transforme en confiance. La confiance se transforme en achat d’accompagnement. Et les accompagnements, eux, rapportent vraiment de l’argent.
Ce n’est pas un funnel classique. C’est un parcours de transformation émotionnelle – de « j’écoute son podcast » à « je me reconnais dans son histoire » à « je veux qu’elle m’accompagne ». Le livre est le pivot de ce parcours. Il fait le travail de conviction même quand Aurélie n’est pas là, même à 3h du matin quand sa future cliente relit un chapitre qui résonne avec ce qu’elle traverse.
Ce modèle, je le trouve plus solide que la plupart des stratégies d’acquisition payante. Parce qu’il construit quelque chose de difficile à copier : une relation authentique à grande échelle. Là où la plupart des entrepreneurs cherchent à créer une offre irrésistible par le pricing ou les bonus, Aurélie l’a rendue irrésistible par l’identité.
Mais – et c’est la limite que j’assume complètement – ce modèle ne fonctionne que si tu as une histoire suffisamment puissante à raconter, et si tu es prêt à la livrer sans filtre. Pour quelqu’un qui n’a pas vécu de trajectoire dramatique ou qui n’est pas à l’aise avec la vulnérabilité publique, c’est une autre affaire. L’authenticité ça ne se décrète pas.
Ce que ça coûte vraiment – et ce que ça rapporte à long terme
Récapitulons les chiffres concrets de cet épisode, parce que l’émotion c’est bien mais les données c’est mieux.
5 000 exemplaires vendus en quatre ans. Best-seller numéro 1 Amazon en spiritualité développement personnel à la sortie, numéro 3 en création d’entreprise. Un appel booster à 297 euros offert avec l’achat du livre lors de l’épisode – ce qui donne une idée du ticket moyen de ses accompagnements. Et une liste d’attente de 300 personnes générée avant même la publication.
Le coût ? Elle ne le chiffre pas précisément, mais elle évoque deux mois de travail intensif, le shooting photo, la correction, la mise en forme, l’auto-édition. Et surtout : deux mois de focus total, pendant lesquels le reste du business tourne au ralenti. C’est pour ça qu’elle recommande d’attendre d’avoir des revenus stables avant de se lancer. Si ton business génère déjà 3K, 5K par mois de façon régulière – voir comment construire ces premiers piliers de revenus en ligne -, alors tu peux te permettre de décrocher deux mois pour écrire.
Si tu es encore dans la phase « un mois ça marche, le mois suivant rien », le livre attendra.
Ce qui est intéressant dans sa trajectoire, c’est aussi ce qu’elle n’a pas anticipé : le fait que le livre deviendrait une référence durable dans sa communauté. Des lectrices qui reviennent lire des passages quand elles ont un coup de mou. Des post-it partout dans les marges. Un livre posé sur le bureau comme un outil de travail, pas rangé dans une bibliothèque. C’est pas anodin – ça veut dire que l’objet a une valeur d’usage réelle, pas juste une valeur de symbole.
La question que j’aurais voulu qu’on pose – et qu’elle effleure sans vraiment y répondre – c’est : est-ce que ça marche pour tout le monde, ou est-ce que le résultat dépend d’une communauté déjà existante au moment du lancement ? Parce que 300 personnes en liste d’attente, ça suppose qu’il y a déjà 300 personnes qui te suivent et qui ont confiance en toi. Si tu pars de zéro, le livre seul ne va pas créer cette base. Il faut d’abord la construire – et pour ça, voir comment un audit complet de ton business en ligne peut identifier ce qui freine ta visibilité avant même de penser au livre.











