déléguer dans son business

38. Les croyances VS 10 Avantages de déléguer dans ton business en ligne sans perdre ton équilibre de vie (Partie 1/2)

Épisode diffusé le 18 février 2025 par Aurélie Gauthey

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Déléguer dans son business. Trois mots qui provoquent – chez presque toutes les entrepreneures que je croise – un mélange de sueurs froides et de vague culpabilité. Aurélie Gauthey, coach business et mentor depuis huit ans, animatrice du podcast Née pour Impacter, a mis quatre ans avant de franchir le cap. Quatre ans à tout gérer seule, convaincue que personne ne ferait aussi bien. Et puis un lancement à 200 000 euros en quatre jours a tout fait exploser – pas dans le bon sens du terme, du moins pas au début.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est qu’Aurélie ne vend pas un rêve lisse. Elle raconte les cinq recrutements catastrophiques en urgence, l’assistante clé qui repart au bout de deux ans, les process inexistants, le management qu’elle n’avait pas anticipé. C’est précisément pour ça que ça vaut la peine d’en parler sérieusement.

Aujourd’hui, elle tourne avec neuf personnes en interne – un pôle technique, un pôle mailing, un Customer Care, trois coachs, un pôle réseaux sociaux – plus deux agences externes pour la finance et la publicité. Elle travaille trois jours par semaine. Elle a réduit ses heures de coaching de 90 heures mensuelles à 10 heures. Ça, c’est le résultat. Le chemin pour y arriver est une autre histoire.

Les croyances qui bloquent – et pourquoi elles sont presque toutes fausses

Avant de parler de méthode, il faut vider le sac. Parce que 80 % des obstacles à déléguer dans son business ne sont pas logistiques. Ils sont dans la tête.

La première croyance – et probablement la plus répandue – c’est l’histoire du seuil financier. Je n’ai pas encore les moyens, j’attendrai d’atteindre X euros de chiffre d’affaires. Aurélie taille dans le vif :

Tu ne sais même pas en réalité combien ça coûte de déléguer et tu ne sais même pas à quel point ça va te faire gagner du temps, de l’argent, de l’énergie.

C’est exactement le problème. On évalue le coût sans jamais évaluer le coût d’opportunité de ne pas déléguer.

Deuxième croyance : elle ne fera jamais aussi bien que moi. Là, Aurélie fait une distinction utile. Oui, une personne en formation initiale sera moins efficace au départ. Mais un profil expérimenté – ce qu’elle appelle un A-player, quelqu’un déjà dans sa zone de génie – peut non seulement faire aussi bien, mais apporter un regard extérieur qu’on n’imaginait même pas. (Et c’est souvent là que ça coince : l’ego refuse de voir que quelqu’un d’autre pourrait enrichir ce qu’on a construit seul.)

La troisième, c’est le mythe de la vitesse. J’irai plus vite si je le fais moi-même. Peut-être. Sur le premier sprint. Mais comme elle le dit franchement :

À force d’être partout, tu es nulle part et pire tu finis cramer.

Voilà. Bref, tout ça pour dire que ces croyances ont une logique interne – elles protègent d’une prise de risque réelle. Mais elles protègent aussi d’une croissance réelle. C’est le paradoxe central de déléguer dans son business, et il ne se résout pas par une liste de conseils.

Sur les causes qui bloquent un business, Aurélie avait d’ailleurs déjà creusé ce terrain dans un épisode précédent – la peur de déléguer arrive souvent en tête de liste.

200 000 euros en quatre jours – et le chaos qui a suivi

Le déclic d’Aurélie n’est pas venu d’une révélation calme un dimanche matin. Il est venu sous pression.

Lancement réussi. 200 000 euros générés en quatre jours. Elle saute au plafond. Et puis, dans les semaines qui suivent, la réalité s’impose : impossible de gérer seule l’administratif, les factures, les contrats, les messages privés, l’onboarding de toutes ces nouvelles clientes. Tout en même temps.

Je comprenais vite en une semaine, deux semaines, trois semaines que je n’étais pas en capacité en terme de temps, d’agenda et de mental de tout gérer. L’administratif, les factures, envoyer les contrats, répondre aux MP. Rien que là en le disant ça me donne des angoisses.

Ce qui s’est passé ensuite, c’est ce qui arrive quand on recrute dans l’urgence : cinq personnes embauchées rapidement, zéro process d’onboarding, mauvais profils, management non anticipé. Un an plus tard, elle met fin aux cinq collaborations. Toutes.

Ce n’est pas un échec anodin. C’est le genre de retournement qui coûte en temps, en argent et surtout en confiance – la sienne, envers les autres. Elle a dû tout reconstruire, cette fois avec un vrai processus de recrutement et deux formations suivies au passage. Ce moment-là, d’ailleurs, rejoint ce qu’elle analysait dans son épisode sur les paliers de croissance et le chaos qu’ils génèrent – c’est presque systématique.

La leçon, dure : anticiper son succès avant qu’il arrive, pas après qu’il déborde. Elle le répète à ses clientes depuis. Et une d’entre elles, justement, l’a appelée récemment en disant exactement ce qu’Aurélie lui avait prédit – mon succès m’a dépassé, je n’ai plus de structure. Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – c’est que les bons conseils ont une date de péremption. On les entend. On les range. On les sort quand c’est trop tard.

Le couteau suisse : une fausse bonne idée

Après les cinq recrutements ratés, Aurélie a trouvé la perle rare. Une assistante polyvalente, couteau suisse, capable de tout gérer. Et ça a fonctionné – deux ans de binôme fluide, de confiance qui se construit, de responsabilités qui s’étoffent : contrats, paiements, technique, gestion des clientes.

Puis, sans prévenir, l’assistante annonce qu’elle veut passer OBM – Online Business Manager – et se concentrer sur des projets de lancement ponctuels. Tout repose sur elle. Et elle s’en va.

Ce moment-là est intéressant parce qu’Aurélie n’en fait pas un drame managérial. Elle dit que c’est structurel. Quand tout repose sur une seule personne, le risque est maximal – maladie, changement de cap, évolution naturelle. Et c’est pour ça qu’elle a changé de modèle : recruter pôle par pôle, expert par expert, plutôt que tout concentrer sur un couteau suisse.

(Ce qui est rare dans le secteur, c’est d’entendre quelqu’un dire aussi clairement que son modèle initial était mauvais – et expliquer pourquoi avec autant de précision.)

La bonne nouvelle : deux ans après cette séparation, l’assistante est revenue. Pas à mi-temps. Comme bras droit à part entière. Aurélie le dit sans fioritures :

On se comprend d’un regard, on est engagé, on a des cerveaux de HPI de HPE, on donne tout ce qu’on a pour les personnes qu’on aime et on a construit une relation sincère et solide parce qu’on grandit ensemble.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais derrière cette phrase il y a quatre ans d’erreurs, de reconstructions et de confiance gagnée centimètre par centimètre.

Pour aller plus loin sur la question de recrutement, délégation et charge mentale, Aurélie avait détaillé son bilan 2024 dans un épisode dédié – les chiffres et les erreurs de l’année sont là, bruts.

Déléguer dans son business : les 10 avantages concrets (et un bonus qui change la perspective)

On arrive au coeur de l’épisode. Dix avantages – pas dix slogans, dix arguments avec de la chair dessus.

1. Gagner du temps et de l’argent. L’exemple qu’elle donne est parlant : si votre heure vaut 100 euros et que vous déléguez vos factures à quelqu’un à 50 euros de l’heure, vous économisez déjà 50 % par défaut. Mais si cette personne fait le même travail en deux heures là où vous en mettriez cinq – parce que c’est sa zone de génie, qu’elle adore ça – vous économisez en réalité quatre fois plus. Le calcul change tout.

2. Accéder à des compétences de spécialistes. Copywriting, marketing digital, relation client – déléguer dans son business, c’est acheter de l’expertise qu’on n’a pas et ne devrait pas avoir. Et cette expertise augmente mécaniquement la qualité des offres.

3. Réduire le stress et éviter l’épuisement. Pas besoin de développer. 7 jours sur 7, les nuits courtes, la culpabilité familiale – Aurélie a connu. Elle dit sans détour que sans la délégation, elle serait allée vers un burnout sévère. Elle mentionne même l’hôpital psy comme scénario plausible.

4. Augmenter la qualité des accompagnements. Ses trois coachs – toutes expertes avant de rejoindre l’équipe – apportent des approches différentes, des expériences variées. Résultat : une expérience client qu’elle qualifie de haute couture. (Ce qu’on ne peut pas faire seul, par définition.)

5. Passer de la survie à la croissance. Jongler avec tout en permanence, c’est du mode survie. Déléguer, c’est libérer du temps pour ce qui fait vraiment avancer : lancer une nouvelle offre, travailler ses prospects, réfléchir à la stratégie. C’est la différence entre être dans le business et travailler sur le business.

6. Apprendre à faire confiance. Ce point-là est le plus personnel. Aurélie parle de son histoire – la femme forte, solide, qui doit compter sur elle-même pour survivre, qui ne fait confiance à personne parce que ça peut trahir. La délégation comme thérapie, en quelque sorte. Pas de sa bouche, mais c’est ce que ça dit entre les lignes.

Sur ce sujet de l’équilibre entre obsession du business et vie personnelle, elle avait d’ailleurs posé une question qui reste ouverte : jusqu’où peut-on être obsédée par son entreprise sans en payer le prix fort ?

7. Favoriser l’innovation et la création. Quand on a le nez dans le guidon – dans les emails, les accès à la plateforme, les bons de commande – on ne crée pas. Déléguer les tâches répétitives libère de l’espace mental. Cet espace mental, c’est là que les bonnes idées arrivent.

8. Mettre en place une sécurité. C’est l’avantage qu’Aurélie défend avec le plus d’intensité. Elle a le diabète. Elle a connu la rue à 17 ans. La question et si tout s’arrêtait du jour au lendemain n’est pas abstraite pour elle. Une équipe, c’est un business qui tourne même quand vous ne pouvez pas. Maladie, vacances, surcharge – la structure tient.

9. Préserver son énergie et recentrer son focus. Si 60 à 70 % de votre journée part dans l’administratif, il ne reste plus grand chose pour le coaching, la création, la vision. L’énergie ne se duplique pas. Elle se réoriente.

10. Gagner en liberté de vie. Trois jours de travail par semaine. 15 à 20 jours de vacances sans pression. Un business qui génère des revenus en son absence. Ce n’est pas un fantasme de coach Instagram – c’est ce qu’Aurélie a construit concrètement, en plusieurs années, avec des erreurs documentées en chemin.

Et le bonus – celui auquel elle tient le plus. Déléguer dans son business, c’est aussi créer des opportunités économiques pour d’autres femmes. Chaque collaboratrice embauchée développe ses compétences, construit son indépendance financière, grandit. C’est un argument qu’on entend rarement dans les discours sur la délégation – et c’est précisément pour ça qu’il vaut qu’on s’y arrête.

Ce que personne ne dit vraiment sur déléguer dans son business

Voilà ma réserve – et elle est réelle. Tout ce qui précède est exact. Et en même temps, Aurélie le dit elle-même : déléguer, c’est l’activité qui lui prend le plus de temps et le plus d’énergie. Les personnes arrivent, les personnes partent. Les profils qui correspondent à un palier de business ne correspondent plus au palier suivant. Les processus se réécrivent en permanence.

Ce n’est pas un long fleuve tranquille. C’est un chantier permanent – plus confortable qu’avant, plus rentable, mais un chantier quand même. Quiconque vous vend la délégation comme une solution magique qui vous libère définitivement ment par omission.

Et il y a une limite que l’épisode n’aborde qu’en surface : toutes les entrepreneures n’ont pas vocation à construire une équipe de neuf personnes. Aurélie le reconnaît elle-même. Si vous avez un bon équilibre de vie, un chiffre d’affaires qui correspond à vos désirs, et que vous gérez seule sans en souffrir – pourquoi changer ? La pression sociale autour de la croissance et du scaling peut conduire à déléguer pour de mauvaises raisons, à des stades trop précoces.

Ce qu’il faut se demander avant tout, c’est si la charge actuelle vous empêche de vivre – pas si votre business ressemble au business de quelqu’un d’autre. La réponse change tout ce qui vient ensuite. Et si vous êtes en train de traverser ce passage du chaos à la structure, les repères sont souvent flous – c’est normal, pas un signe que vous faites faux.

Déléguer dans son business reste probablement le levier le plus sous-estimé par les solopreneurs qui plafonnent. Mais ce levier demande une préparation, des process, une capacité à lâcher prise construite progressivement – pas du jour au lendemain sous pression. Et si vous avez envie d’aller plus loin sur la question de travailler moins pour gagner plus, c’est exactement là que les deux sujets se rejoignent.

Questions fréquentes

Quand est-ce qu'on est prêt à déléguer dans son business ? +
Il n'y a pas de seuil de chiffre d'affaires universel. La vraie question c'est : est-ce que la charge actuelle vous empêche de faire ce qui fait avancer votre business, ou vous empêche de vivre normalement ? Si la réponse est oui, c'est probablement le bon moment - même si vous pensez ne pas en avoir les moyens. Aurélie Gauthey le dit clairement : la plupart des entrepreneurs ne savent pas combien coûte réellement la délégation, ni combien elle leur ferait gagner en retour.
Par quoi commencer quand on veut déléguer dans son business ? +
Aurélie recommande de commencer par les tâches qui ne nécessitent pas votre expertise directe : facturation, emails, gestion de plateforme, accès clients. Ce sont des tâches chronophages qui coûtent cher en énergie et en temps alors qu'un profil spécialisé les ferait deux à trois fois plus vite. L'erreur à éviter : recruter en urgence sous pression, sans process d'onboarding préparé à l'avance.
Faut-il recruter un couteau suisse ou spécialiser chaque recrutement ? +
Aurélie a commencé avec un couteau suisse - une assistante polyvalente - et ça a fonctionné pendant deux ans. Puis elle a changé de modèle en recrutant pôle par pôle, avec des experts dans chaque domaine. Sa conclusion : concentrer toutes les responsabilités sur une seule personne crée un risque structurel important. Si cette personne part ou est absente, tout s'effondre.
Comment déléguer dans son business sans perdre le contrôle ? +
La peur de perdre le contrôle est la croyance la plus commune. En pratique, lâcher le contrôle se construit progressivement - en commençant par des tâches peu sensibles, en documentant des process clairs, en recrutant des profils solides plutôt que des débutants à former. Aurélie insiste : la confiance ne se décrète pas, elle se construit mission après mission.
Quels sont les vrais inconvénients de déléguer dans son business ? +
Aurélie ne cache pas les zones d'ombre : la délégation est l'activité qui lui prend le plus de temps et d'énergie. Les collaborateurs arrivent et partent. Les profils adaptés à un palier de business ne le sont plus au palier suivant. Il faut continuellement recruter, former, manager. Ce n'est pas une solution magique - c'est un levier puissant qui demande une organisation sérieuse et des processus documentés.
Est-ce que déléguer dans son business est obligatoire pour réussir ? +
Non. Aurélie le dit explicitement : si vous gérez seul avec un bon équilibre de vie et un chiffre d'affaires qui correspond à vos objectifs, il n'y a aucune obligation de déléguer. La pression autour du scaling peut pousser à recruter pour de mauvaises raisons. La délégation est un outil - pas une obligation morale.

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