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#104 > Linkedin > Optimisez vos campagnes Linkedin Ads

Épisode diffusé le 29 octobre 2024 par Bannouze : Le podcast du marketing digital !

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Le vrai problème avec LinkedIn Ads B2B, c’est pas le budget. C’est que la plateforme a l’air simple – une interface basique, quelques cases à cocher – et que du coup, les gens se lancent sans filet. Ils font des erreurs que même un stagiaire Meta éviterait. Mony Chhim, freelance spécialisé exclusivement sur LinkedIn Ads pour les entreprises B2B à forte valeur ajoutée (et hôte du podcast Marketing B2B), a passé quelques mois à auditer des comptes. Ce qu’il a trouvé est assez édifiant.

Il y a des textes publicitaires de 8 lignes sans un seul saut de ligne. Des options cochées par défaut qui diffusent vos pubs sur des sites que vous ne visiteriez jamais. Des ciblages soignés pendant une heure, puis sabordés d’un clic. Et une conviction bizarre que LinkedIn, c’est comme Meta en costume-cravate.

C’est pas ça. Et comprendre la différence, ça change tout.

Ce que personne ne vous dit sur les formats LinkedIn

Quand on parle de formats dans la publicité LinkedIn B2B, tout le monde cite le Single Image Ad. C’est le format par défaut, celui que tout le monde fait. Image carrée de préférence – pas rectangulaire, ça passe moins bien dans le feed mobile – et c’est parti.

Mais Mony insiste sur deux formats que les annonceurs boudent ou ignorent. D’abord la vidéo.

« La vidéo, c’est le format mal aimé de LinkedIn. Mal aimé par les gens parce que les gens ne veulent pas faire de vidéos, alors que c’est ce qui typiquement va enregistrer énormément de performance. »

Dit comme ça, c’est un reproche. Et c’est mérité.

Ensuite il y a les Thought Leader Ads – anciennement appelés Fort Leader Ads dans la transcription. Le principe : sponsoriser le post d’une vraie personne, quelqu’un qui bosse pour l’entreprise ou même pour une autre boîte. On ne montre plus le logo d’une marque froide, on montre un visage. Une voix. Quelqu’un qui a une opinion. Ca change radicalement la perception – surtout pour les annonceurs qui n’ont pas un blog étoffé ni beaucoup de brand content.

Les Sponsored Messages reviennent bientôt en Europe selon Mony. A surveiller. Et les micro-formats – Text Ads, Spotlight Ads – existent avec des coûts quasi négligeables si on règle bien l’optimisation. Mais bon, on y reviendra.

Les erreurs qui coûtent cher avant même de publier

Deux options. Deux cases. Deux façons de bruler votre budget sans vous en rendre compte.

La première : le LinkedIn Audience Network. Coché par défaut. Ce réseau va diffuser vos pubs en dehors de LinkedIn, sur une galaxie de sites tiers – l’équivalent du Google Display Network, version B2B. Sauf que la qualité du trafic est souvent douteuse, et que vous n’avez aucune visibilité sur où vos créas atterrissent. Décochez-le. Systématiquement.

La deuxième erreur – celle qui m’agace le plus parce qu’elle est tellement paradoxale – c’est l’expansion d’audience. Vous passez une heure à construire un ciblage chirurgical : secteur, taille d’entreprise, intitulé de poste. Et puis LinkedIn vous propose gentiment d’élargir ce ciblage à sa guise.

« On va passer 1 heure à faire un super ciblage hyper bien pertinent et après on va dire à LinkedIn OK, bah en fait, ignore le ciblage que j’ai fait, bah vas-y bah monte tes pubs un petit peu à qui tu as envie. »

C’est exactement le problème.

Il y a une troisième dimension que Mony souligne et qui est souvent sous-estimée : le copywriting. Un bloc de 8 lignes sans saut de ligne sur desktop, ça donne 12 lignes sur mobile. Et 80 à 90 % des impressions LinkedIn se font sur mobile. Les gens ne vont pas lire. Ils vont scroller. Sans parler des vidéos qui démarrent par le logo tournant pendant 3 secondes, puis une généralité, puis enfin le vrai message au bout de 10 secondes. Trop tard – vous avez perdu la personne bien avant.

Sur la partie mesure et attribution des campagnes, les enjeux sont complexes même pour les pros. Ne vous surprenez pas si LinkedIn Ads B2B exige du temps pour calibrer les bonnes métriques.

LinkedIn Ads B2B : les benchmarks réels sur 12 comptes

Voilà ce qui rend cet épisode différent des autres contenus sur LinkedIn Ads. Mony Chhim donne ses propres chiffres – pas des moyennes de rapport d’industrie, des chiffres issus de 12 comptes qu’il gère.

Sur les métriques de base :

  • CPM entre 8 € et 25 €
  • Taux de clic entre 0,33 % et 1,1 %
  • Coût par clic entre 2,9 € et 4,5 €

Sur la vidéo – et c’est là que ça devient intéressant – LinkedIn définit une « vue » comme 3 secondes de visionnage. Ce que Mony appelle une métrique bidon. Ce qui l’intéresse vraiment, c’est le coût par vue à 50 % et à 100 % :

Vue à 50 % : entre 0,60 € et 1,80 €. Vue à 100 % : entre 1 € et 3,40 €. Et le view rate à 50 % – les gens qui ont regardé au moins la moitié – se situe entre 0,55 % et 1,3 %, ce qui est supérieur au CTR des publicités image classiques.

« Quelqu’un qui a vu une vidéo, c’est un impact émotionnel qui est beaucoup plus important, on a donné beaucoup plus d’informations. Clairement. »

Et LinkedIn favorise les annonceurs vidéo parce que les gens restent sur la plateforme – donc ils voient d’autres pubs, d’autres posts. Logique commerciale parfaite.

Sur les conversions, Mony distingue deux niveaux de friction. Faible friction – webinar, ebook, contenu téléchargeable : taux de conversion entre 7 % et 28 %, coût par acquisition entre 10 € et 60 €. Forte friction – demande de démo, événement physique : taux entre 1,5 % et 6 %, CPA entre 60 € et 250 €.

Et à l’échelle d’un compte complet en blended (toutes campagnes confondues), le coût par demande de démo se situe entre 170 € et 640 €. C’est un râteau, il le dit lui-même. Mais ses clients vendent des produits ou services entre 10 000 € et 1 million d’euros par an. Le calcul tient.

Le ciblage par liste de comptes : du snipe, pas du tir à la mitrailleuse

Sur Meta, on joue la masse. Des millions d’utilisateurs, des algorithmes qui optimisent seuls, des audiences larges qu’on affine progressivement. LinkedIn Ads B2B fonctionne à l’opposé.

Mony travaille sur des audiences froides – hors retargeting – de 10 000 à 80 000 profils en France. Plus c’est petit, plus le clic coûte cher. Mais l’alternative – montrer des pubs à n’importe qui – coûte encore plus cher en gaspillage.

La surcouche qu’il applique quasiment systématiquement maintenant, c’est le ciblage par liste de comptes. Le principe :

Demander au client sa liste de 1 000 à 5 000 entreprises cibles, qualifiées avec les sales. Uploader cette liste sur LinkedIn. Ne diffuser qu’à ces comptes-là. Et à l’intérieur de ces comptes, croiser avec un ciblage par intitulé de poste – Marketing Manager, CMO, Directeur Commercial.

Pourquoi ne pas juste utiliser les critères sectoriels de LinkedIn ? Parce qu’il y a des problèmes d’attribution et de classement qui font que les pubs finissent quand même sur des entreprises hors cible. La liste de comptes, c’est la seule façon d’être vraiment certain.

Ce que ça rappelle, c’est la logique ABM – Account-Based Marketing. Identifier les comptes à haute valeur, les adresser de façon personnalisée. LinkedIn est l’outil idéal pour ça, à condition de pas le traiter comme un réseau de masse. Sur ce point, faire de la pub sans data bien structurée reste un handicap réel.

La voix du client – enfin, ce qu’on aurait voulu qu’on nous dise dès le début

Avant même de parler formats, ciblage ou budgets, Mony pose un prérequis que beaucoup de gens esquivent. La voix du client.

Ce terme recouvre quelque chose de précis : savoir quelles phrases votre cible utilise pour décrire son problème. Pas votre jargon produit. Pas vos messages marketing polis. Les mots exacts que votre prospect taperait sur Google à 23h quand son projet part en vrille.

« Les gens se lancent dans l’intégration publicitaire sans avoir vraiment la voix du client. Sans savoir matcher les contenus qu’on montre, sans avoir matché le marketing produit avec la voix du client. Ce qui fait que du coup bah on montre des choses, les gens ils s’en fichent. »

Voilà. C’est aussi simple et aussi brutal que ça.

Et derrière cette voix du client, il y a la question du contenu post-clic. Mony est très clair sur la répartition : la pub elle-même, avec toutes ses optimisations, représente peut-être 30 % du résultat. Les 70 % restants, c’est ce qui se passe après le clic – la page produit, l’article de blog, le contenu téléchargeable. Si ce contenu ne répond pas directement à un pain point, rien ne sauvera la campagne.

Il a des clients dont les campagnes LinkedIn Ads B2B convertissent facilement – pas parce que leurs audiences sont parfaites ou leurs enchères optimisées, mais parce que leur contenu est tellement précis, tellement expert, que les visiteurs infèrent immédiatement la qualité du produit. Le thought leadership qui convertit, c’est ça. Pas les cinq leçons apprises de la mort de grand-mère appliquées au marketing B2B.

Les stratégies d’enchères et d’optimisation restent un sujet à part entière – d’ailleurs les parallèles avec Google Ads sont frappants sur certains aspects de pilotage.

LinkedIn va-t-il devenir TikTok ? La question qui fâche

La montée de la vidéo sur LinkedIn est réelle. Des suggestions vidéo apparaissent dans le feed, le format prend de la place. Laurent pose la question directement : est-ce qu’on va vers un TikTok professionnel ?

La réponse de Mony est tranchée. Non. Et il espère que non.

Ses vidéos à lui durent entre 5 et 10 minutes. Pas 20 secondes. Pas des hooks frénétiques pour capter l’attention d’un algorithme. Son objectif, c’est de devenir top of mind auprès d’une cible précise – des gens qui ont besoin d’aller en profondeur sur leurs sujets.

Ce qui rejoint une tension plus large dans le LinkedIn Ads B2B : la course aux impressions versus la construction d’autorité. Sur les métriques, Mony utilise un seuil de 3 % de taux d’engagement sur ses posts organiques pour décider de les sponsoriser – 3 personnes qui likent ou commentent pour 100 impressions. En dessous de ça, même avec le meilleur ciblage du monde, le post n’a pas assez prouvé sa valeur organique pour mériter du budget.

Il y a une limite à assumer ici : tous ces benchmarks viennent de comptes high-ticket, des offres à 10 000 € minimum par an. Si vous vendez un SaaS à 49 € par mois avec un cycle de vente de deux semaines, les ratios changent complètement. LinkedIn Ads B2B n’est pas universel – c’est un levier calibré pour des cycles de vente longs, des décisions complexes, des interlocuteurs multiples. Pour comprendre comment les budgets pub se répartissent entre plateformes, la question du budget digital global mérite d’être posée en amont.

Mony Chhim est sur LinkedIn sous le pseudo Monitim, et son podcast Marketing B2B est disponible sur Apple Podcasts. Si vous gérez des campagnes LinkedIn Ads B2B et que vous n’avez jamais fait un audit de compte avec quelqu’un d’extérieur, c’est probablement la prochaine chose à faire.

Questions fréquentes

Quel budget minimum pour lancer des LinkedIn Ads B2B ? +
LinkedIn impose un minimum de 10 € par jour par campagne. Mais en dessous de 1 500 à 2 000 € par mois, les données accumulées sont insuffisantes pour optimiser sérieusement. Pour les offres high-ticket avec un coût par demande de démo entre 170 € et 640 €, il faut anticiper un budget de test conséquent avant d'atteindre la rentabilité.
Qu'est-ce que le Thought Leader Ad sur LinkedIn ? +
C'est un format qui permet de sponsoriser le post d'une vraie personne - un employé de l'entreprise ou même un partenaire externe. Au lieu du logo froid d'une marque, l'audience voit un visage, une voix, une opinion. Pour les petites structures sans beaucoup de brand content, c'est souvent le format le plus efficace pour commencer en LinkedIn Ads B2B.
Comment mesurer l'efficacité d'une campagne LinkedIn Ads B2B ? +
Les métriques clés selon Mony Chhim : CPM entre 8 € et 25 €, taux de clic entre 0,33 % et 1,1 %, coût par clic entre 2,9 € et 4,5 €. Sur la vidéo, oubliez le coût par vue à 3 secondes - regardez le view rate à 50 % (entre 0,55 % et 1,3 %) et à 100 %. Pour les conversions à faible friction, visez entre 7 % et 28 % de taux de conversion.
Pourquoi décocher le LinkedIn Audience Network ? +
Cette option, cochée par défaut, diffuse vos publicités sur des sites tiers hors LinkedIn - un peu comme le Google Display Network. La qualité du trafic est souvent mauvaise et vous n'avez pas de visibilité sur les placements. La désactiver systématiquement est une des premières actions à faire avant de lancer toute campagne LinkedIn Ads B2B.
LinkedIn Ads B2B est-il adapté aux petites entreprises ? +
Ça dépend de ce que vous vendez, pas de votre taille. Si votre offre est à forte valeur ajoutée - 10 000 € et plus par an - et que vous ciblez des décideurs dans des entreprises précises, LinkedIn est le bon réseau. Si vous vendez un produit à 15 €, les coûts d'acquisition ne seront jamais rentables. C'est un levier calibré pour les cycles de vente longs et les décisions complexes.
Qu'est-ce que le ciblage par liste de comptes sur LinkedIn ? +
Vous uploadez directement une liste d'entreprises cibles sur LinkedIn - entre 1 000 et 5 000 comptes qualifiés avec vos équipes commerciales. LinkedIn ne diffuse vos pubs qu'à ces entreprises. Vous croisez ensuite avec des critères de poste pour atteindre les bons interlocuteurs. C'est plus précis que les critères sectoriels natifs de LinkedIn, qui génèrent souvent des erreurs d'attribution.

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