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#81 : Growth Marketing : Comment optimiser une landing page en marketing digital

Épisode diffusé le 14 mars 2023 par Bannouze : Le podcast du marketing digital !

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Une landing page mal construite, c’est un budget pub qui part en fumée. Pas à moitié – complètement. Tu peux avoir les meilleures campagnes Facebook du monde, un ciblage chirurgical, un CPM négocié au centime près : si la page derrière est froide, rigide, construite sur un template que personne n’a touché depuis 2019, tu rates la conversion. Et dans ce cas, tu ne rates pas juste une vente – tu rates tout ce que tu as investi pour amener quelqu’un là.

C’est ce que Vincent Mailfert, fondateur de l’agence Symetrics et spécialiste du growth marketing e-commerce, est venu expliquer dans l’épisode 81 de Bannouze. Trois ans d’agence à lever des freins à la conversion pour des marques digitales, une centaine de points de contrôle sur chaque page analysée (oui, une centaine), et une vision assez tranchée sur ce qui fait qu’une landing page vend – ou pas.

Le truc, c’est que la plupart des marketeurs traitent la landing page comme un problème technique. Un sous-sujet. La vraie affaire, c’est les campagnes. La landing page, on verra après. Et c’est exactement là que ça coince.

Ce que personne ne dit vraiment sur la landing page

Littéralement, une landing page, c’est une page d’atterrissage. Traduction inutile, reconnaît Vincent lui-même. Ce qui compte, c’est la fonction : une page construite pour une campagne précise, un canal précis, une audience précise. Pas une page produit classique. Pas une homepage.

Vincent préfère parler de page de vente. Et cette distinction n’est pas cosmétique.

Ce sont des pages qui doivent raconter quelque chose qui va parler à une audience très particulière. Moi j’aime bien parler de page de vente en fait. Ce sont des pages qui doivent faire comprendre à une personne qui te connaissait pas 30 secondes avant qui tu es, pourquoi tu es intéressant et pourquoi ils devraient acheter ton produit ou ton service.

Trente secondes. C’est le temps que tu as. Pas trente minutes, pas trois – trente secondes avant que quelqu’un décide si ta landing page mérite son attention.

La structure qu’il décrit suit une logique narrative, pas une logique de catalogue. D’abord la hero section – l’image et le titre qui doivent simultanément dire ce que c’est et pourquoi c’est différent. Il donne l’exemple du savon rechargeable : en quelques mots, le produit est identifié, la différence est posée (éco-friendly), et le visiteur sait où il est. Ensuite viennent les raisons de s’y intéresser, le comment – comment l’intégrer dans son quotidien – et enfin la comparaison concurrents. Tableau deux colonnes, cinq lignes, et ta marque coche tout. Brutal, efficace, un peu agressif peut-être. Mais c’est précisément là où se joue la décision d’achat pour quelqu’un qui est arrivé bas dans la page.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu lire quand je couvrais mes premiers sujets e-commerce – c’est que la structure d’une landing page n’est pas une question de design. C’est une question de scénario. Tu racontes une histoire à quelqu’un qui ne te connaît pas et qui n’a pas forcément envie de t’écouter. Toute autre approche, c’est du bruit.

Éduquer avant de vendre : le conseil que tout le monde entend, que personne n’applique

Vincent donne deux conseils principaux. Le premier : éduquer. Pas vendre. Éduquer.

Faut pas chercher à vendre immédiatement, faut chercher à éduquer. La personne elle te connaissait pas 10 secondes avant. Donc il faut que tu l’éduques sur ton produit. Quand elle arrive sur ta landing page, la personne elle est très sceptique, elle te donne une chance. Tu as très peu de temps pour la convaincre. Si tu lui dis tout de suite achète mon produit, c’est moyen.

Dit comme ça, ça a l’air simple.

Mais regardons ce que ça implique concrètement : au lieu de commencer par le produit, tu commences par le problème. Tu creuses ce problème. Tu le décris avec suffisamment de précision pour que le visiteur se reconnaisse dedans – et à ce moment-là, quelque chose se passe. La personne ne se demande plus si elle a besoin de ta solution. Elle se demande pourquoi elle ne l’a pas encore.

Et là, Vincent glisse un mécanisme psychologique qui vaut la peine d’être noté. Plus tu es expert d’un problème, plus tu es perçu comme la meilleure solution à ce problème. Ce n’est pas du storytelling vague – c’est de la crédibilité par la précision. Si ta landing page décrit le problème de manière générique, tu as l’air d’un généraliste. Si tu le décris avec les mots exacts que le visiteur utilise dans sa tête pour penser ce problème, tu as l’air d’un spécialiste. C’est aussi binaire que ça. Pour aller plus loin sur les mécanismes psychologiques de la persuasion, l’épisode sur la psychologie du prospect de Marketing Mania aborde des angles complémentaires.

La preuve sociale au-dessus de la ligne de flottaison – et pas ailleurs

Le deuxième conseil de Vincent : rassurer. Et là il devient très précis, presque technique.

La ligne de flottaison, c’est ce que le visiteur voit sans scroller. C’est la seule partie de ta landing page dont on peut garantir qu’elle sera lue. Et selon Vincent, c’est là – exactement là, pas plus bas – que doit apparaître ta preuve sociale.

Il faut que tout de suite dans les 10 premières secondes que je passe sur la page, il faut que je vois que les personnes aiment ton produit. Qu’il y a 100 avis clients de 5 étoiles, de 4,5 étoiles, ou bien un bandeau de logo qui défile.

C’est exactement le problème que j’observe sur la plupart des landing page que j’analyse : les avis clients sont en bas de page. Parfois tout en bas. Comme une formalité. Or, si quelqu’un ne scrolle pas – et la majorité ne scrolle pas – il part sans avoir vu que 847 personnes adorent ce produit.

Vincent distingue plusieurs types de preuves. Les avis clients classiques, oui. Mais aussi les logos presse pour les marques qui débutent, les citations clients isolées (une seule, la meilleure, avec le nom et le contexte), et les preuves dites scientifiques : un tiers qui certifie que le produit fonctionne dans 95% des cas, un avant/après documenté. L’idée centrale : la landing page doit lever toutes les objections à l’achat, une par une, dans un ordre précis.

C’est là où le copywriting rejoint la psychologie de vente – un terrain que Grégory Lagrange a bien développé dans son épisode sur le copywriting persuasif, si vous voulez creuser la dimension rédactionnelle.

Faut-il une landing page par source de trafic ? La vraie réponse

Idéalement, oui. Mais Vincent est honnête : tout le monde n’est pas capable de le faire.

L’argument est solide pourtant. Une audience qui tape un mot-clé précis sur Google n’a pas le même niveau d’intention d’achat qu’une audience qui découvre ton produit sur TikTok via 15 secondes de vidéo. Ces deux personnes arrivent sur ta landing page avec des états d’esprit radicalement différents – et leur servir le même discours, c’est rater au moins l’une d’entre elles.

Une audience très froide, tu dois être capable dans un laps de temps très court de créer cette narration qui va faire en sorte qu’elle s’intéresse à ton produit, qu’elle le comprenne. Parce que elle a vu 10 secondes de pub, 20 secondes de pub. Donc elle veut une expérience qui soit dans la continuité de ça.

Ce mot – continuité – est clé. Si ta pub TikTok parle d’un angle spécifique (disons, le problème de peau sensible) et que ta landing page commence par parler de composition naturelle, il y a une rupture. Le visiteur décroche. Pas parce que le produit est mauvais – parce que la promesse de la pub n’est pas immédiatement confirmée sur la page.

Vincent mentionne les outils de personnalisation dynamique, notamment pour les titres : si quelqu’un a tapé un mot-clé précis sur Google, ce mot peut apparaître automatiquement dans le titre de la landing page. Pas une révolution, mais un détail qui fait la différence quand l’intention de recherche est très spécifique. En termes de segmentation et de personnalisation automatisée, l’épisode sur le marketing automation aborde comment structurer ces scénarios à grande échelle.

La limite assumée ici : tous les e-commerçants n’ont pas la bande passante pour créer 5 versions d’une même landing page. Si c’est ton cas, Vincent suggère de commencer par les deux cas les plus différents – Google search vs. social media froid – et de garder un socle commun pour le reste. Mais bon, ça reste un compromis.

Combien de landing page pour un site e-commerce avec 200 références ?

La question est posée directement dans l’épisode, et la réponse de Vincent est pragmatique.

Si tu es un retailer avec des milliers de produits, non – pas de landing page pour chaque référence. Ce serait absurde. Par contre, si tu as des best-sellers – et presque tout le monde en a 5 à 10 – ces produits méritent une narration à part entière. Pour une marque DNVB avec trois produits phares qui incarnent toute la marque, c’est même non-négociable.

Le problème des pages produit standard, selon Vincent : elles sont froides, rigides, ancrées dans un template e-commerce qu’on peut à peine modifier. Elles font l’inventaire. Elles ne racontent pas. Et quand tu envoies du trafic payant dessus – du trafic que tu as acheté – tu gaspilles une partie de cet investissement sur une page qui n’est pas construite pour convertir un inconnu.

La landing page s’affranchit de ça. Tu peux y construire exactement la narration dont ton produit a besoin. Pas de contraintes de catalogue, pas de template imposé. C’est ça, la vraie liberté créative sur une page de vente – et les marques qui le comprennent créent un avantage compétitif réel sur celles qui traitent encore leurs meilleures références comme des lignes dans un CSV. Sur ce sujet des données produits et de leur impact sur les ventes, l’épisode avec Ludovic Barthélémy sur l’exploitation des données apporte un éclairage utile.

Deux ressources que Vincent utilise vraiment – et que je n’avais pas dans mes bookmarks

Deux sites à garder sous la main, cités directement dans l’épisode.

Le premier : getscrapbook.com. Un catalogue de landing page – principalement américaines – qui combine narration et design. Vincent y va piocher des idées. Ce qui m’a frappé dans cette recommandation, c’est l’honnêteté du mot « piocher » – pas « s’inspirer vaguement », pas « benchmarker » – piocher. Des idées concrètes, applicables.

Le second : greatlandingpagecopy.com. Celui-là est plus pointu. Il ne montre que les titres – des captures d’écran des headlines des meilleures landing page, annotées et analysées. Vincent dit avoir passé une journée entière dessus à décortiquer les techniques d’écriture qui font qu’un titre de 6 ou 7 mots est soit banal, soit mémorable.

Six ou sept mots. C’est tout ce qu’il faut pour que quelqu’un reste ou parte. Ce rapport entre effort rédactionnel et impact sur la conversion, c’est quelque chose que l’approche du marketing scientifique documente avec des chiffres – si tu veux sortir de l’intuition et rentrer dans la mesure.

Ce que je retiens de tout ça – et ce n’est pas ce que j’attendais en écoutant cet épisode – c’est que l’optimisation d’une landing page n’est pas une affaire de conversion rate optimization au sens où la plupart des gens l’entendent. Ce n’est pas du A/B testing de boutons. C’est du travail narratif, presque littéraire, qui demande de vraiment comprendre ce que ressent quelqu’un qui arrive sur ta page sans te connaître, sceptique par défaut, prêt à partir à la première friction. La technique vient après. La narration, c’est la base. Et la plupart des équipes marketing font ça dans l’autre sens.

Questions fréquentes

C'est quoi une landing page et pourquoi c'est différent d'une page produit ? +
Une landing page est une page construite spécifiquement pour une campagne publicitaire ou un canal d'acquisition précis. À la différence d'une page produit standard - souvent rigide, ancrée dans un template e-commerce - une landing page raconte une histoire adaptée à une audience qui ne connaît pas encore la marque. Elle éduque avant de vendre, lève les objections une par une, et n'est pas contrainte par la structure du catalogue. C'est la différence entre une fiche technique et une page de vente.
Comment optimiser une landing page rapidement sans tout refaire ? +
Le premier réflexe selon Vincent Mailfert : vérifier ce qui apparaît au-dessus de la ligne de flottaison, c'est-à-dire sans scroller. Si la preuve sociale - avis clients, étoiles, logos - n'est pas visible immédiatement, c'est le premier point à corriger. Ensuite, retravailler le titre de la hero section pour qu'il dise en quelques mots ce qu'est le produit ET pourquoi il est différent. Ces deux points seuls peuvent changer significativement le taux de conversion.
Faut-il créer une landing page par source de trafic (Google, Facebook, TikTok) ? +
Idéalement oui, car l'intention d'achat varie énormément selon la source. Quelqu'un qui tape un mot-clé précis sur Google est beaucoup plus proche de l'achat qu'un utilisateur TikTok qui vient de voir 15 secondes de vidéo. Si vous ne pouvez pas multiplier les versions, commencez par différencier au minimum les audiences search (chaudes) des audiences social media (froides). La continuité entre la créa publicitaire et la landing page est essentielle : si votre pub parle d'un angle précis, la page doit confirmer cet angle immédiatement.
Quels sont les éléments indispensables d'une landing page qui convertit ? +
La structure que décrit Vincent Mailfert : une hero section avec titre et image qui positionnent clairement le produit, les raisons de s'y intéresser, le mode d'utilisation, une comparaison concurrents, et tout au long de la page une alternance entre éducation et réassurance. La preuve sociale - avis, témoignages, résultats chiffrés - doit apparaître dès le haut de page, pas uniquement en bas.
Combien de landing page faut-il créer pour un site e-commerce ? +
Pas une par produit. En revanche, pour vos 5 à 10 best-sellers, une landing page dédiée est fortement recommandée - surtout si vous faites de l'acquisition payante dessus. Pour une marque DNVB avec 3 produits phares, c'est presque incontournable. L'enjeu : ne pas gaspiller du trafic acheté sur une page froide qui ne raconte rien.
Quels outils et ressources pour améliorer le copywriting de ses landing page ? +
Deux ressources citées par Vincent Mailfert : getscrapbook.com pour des exemples de landing page (majoritairement américaines) qui combinent bien narration et design, et greatlandingpagecopy.com pour analyser uniquement les titres des meilleures pages du marché. Ce deuxième site est particulièrement utile pour comprendre ce qui fait qu'un titre de 6-7 mots retient l'attention ou pas.

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