e-réputation seo

Kevin Richard – De SEO BlackHat à SEObserver | E6

Épisode diffusé le 14 novembre 2022 par Les Makers | Podcast

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L’e-réputation seo peut rapporter 15 000 € en une nuit. Ce n’est pas une accroche de copywriter raté – c’est ce qui est arrivé à Kevin Richard, quelque part entre 2010 et 2012, quand une agence parisienne l’a appelé en urgence pour un client sous contrôle fiscal. Il fallait retrouver chaque trace publique de Monsieur Intel – articles de presse, photos, mentions d’événements – sur cinq ans. Précisément. Pour évaluer le risque face à l’administration fiscale.

Kevin a travaillé toute la nuit. Le lendemain matin, il avait son chèque.

Kevin Richard, c’est un nom qui circule dans la communauté SEO francophone depuis une quinzaine d’années. Créateur de SEObserver (anciennement SEO Serveur), ex-black hat assumé, conférencier, co-auteur de la formation SEO High Level avec Paul Sanchez – il appelle depuis San Diego au moment de l’enregistrement, avec 15 heures de décalage horaire. Le genre de parcours qu’on ne reconstruit pas facilement en trois bullet points symétriques.

Ce qui m’intéresse dans ce qu’il raconte, c’est pas le côté success story avec les bons chiffres bien placés. C’est la mécanique. Comment quelqu’un passe du SEO technique basique – refaire un site en Flash en HTML propre pour une boîte de maisons écologiques en 2007 – à des prestations à six chiffres en e-réputation, puis à un SaaS. Et surtout : ce que ça implique de construire une marque personnelle, puis de s’en détacher volontairement.

Parce que le truc que la plupart des gens ratent, c’est justement là.

Quand un site Flash devient un laboratoire SEO

2007. Kevin est en apprentissage dans le cadre de son master, dans une boîte qui vend des maisons écologiques. C’est avant la crise de 2008 – la période hype des éco-constructions. Le site de l’entreprise est en Flash. Kevin le refait proprement, selon les standards W3C de l’époque.

Et ça ranke.

Évidemment. Quand tu passes d’un site invisible aux crawlers à une architecture HTML propre, Google te récompense. Des prospects arrivent. Des vrais. Pas des gens qui tapent leur CB en ligne – des gens qui appellent pour des maisons à plusieurs centaines de milliers d’euros. L’entreprise est stupéfaite. Kevin, lui, commence à comprendre quelque chose.

« Ils m’ont dit vas-y, laisse tomber ce que tu faisais, fais en sorte qu’on remonte plus sur Google, c’est trop bien. Et du coup j’ai commencé à aller sur les forums, chercher un petit peu tout ça. »

Les forums, à l’époque, c’est Web Rank Info. C’est SEOphère. C’est là qu’il croise les premiers référenceurs francophones sérieux – les Paul, les Mathieu, The Black Melvin. Il prend des scripts, il les modifie, il les reposte. Il monte les échelons en apportant quelque chose à chaque étape. (C’est une logique que je retrouve souvent chez les gens qui durent dans ce milieu – pas ceux qui consomment, ceux qui contribuent.)

Il se met en micro-entreprise. Il garde la boîte comme client, puis commence à tester sur ses propres sites. Premier sur des gros mots-clés génériques. Ça attire des clients. Et là, la question qui va orienter toute la suite : qu’est-ce qui paye le mieux en SEO en 2010 ?

Réponse : l’e-réputation.

Pour comprendre les bases du SEO qui ont rendu tout ça possible, il faut remonter à cette époque où le référencement était encore une discipline artisanale, bricolée dans des forums.

L’e-réputation seo, ce marché où les clients payent sans négocier

La logique est brutale, et Kevin la formule sans détour : quand tu es riche et que quelque chose te pourrit la vie, tu payes cher pour que ça disparaisse.

L’e-réputation seo, dans sa version terrain, c’est ça. Une personne physique ou morale a des articles négatifs qui rankent sur son nom. Elle veut que ça disparaisse. Deux approches possibles : construire une présence positive autour de la personne pour noyer l’article dans la masse, ou shooter directement l’article négatif avec des techniques de content farming, de duplication, de manipulation de signaux.

« Quand tu es riche et que ça ça te pourrit la vie, tu vas être prêt à payer très cher. »

Dit comme ça, c’est presque clinique. Mais le contexte compte.

Kevin raconte le DM Twitter qui a tout déclenché. Un compte avec un avatar bizarre, un nom chelou. Il hésite à répondre. Finalement il répond, ils passent sur Skype. Kevin lâche son tarif pour couper court – 15 000 € de départ, 5 000 par mois ensuite. Le mec ne négocie pas. Il demande quand on commence.

« Je me suis dit comme ça au moins je vois direct si je perds mon temps. Mais je dis ça, je lui dis cette phrase. Il me dit : ouais ouais. Et tout de suite en fait, il enchaîne… »

Ce moment-là, je le comprends très bien. On se fait une idée d’un prospect en deux secondes sur le visuel du profil, et on rate des affaires comme ça. Kevin l’a appris : les bons clients arrivent parfois avec les pires PP.

Mais l’e-réputation seo a ses limites éthiques – et Kevin les a tracées clairement. Des affaires d’agression sexuelle ? Non. D’autres cas où le client a clairement tort ? Non. Et il le dit avec une formule qui vaut ce qu’elle vaut : « Limite je vais rajouter des backlinks. » (Humour noir de SEO. Ne pas prendre au premier degré. Enfin, j’espère.)

Le vrai risque dans ce métier, c’est l’exposition. Si un journaliste te surprend en train de manipuler des résultats Google pour un client en cavale fiscale, tu es grillé. Kevin insiste là-dessus : la ligne de conduite éthique n’est pas seulement morale, elle est stratégique. Se faire cramer sur une opération de nettoyage de SERP, c’est perdre l’intégralité de la confiance que tu as mis des années à construire.

La serp domination, ou comment l’e-réputation seo est née d’une obsession technique

Un mot clé revenait dans la communauté SEO de l’époque : SERP domination. L’idée, c’est simple – une fois que tu rankes avec un résultat, tu essaies d’en avoir deux. Puis trois. Tu squattes la page entière. Tu envoies tes sites parasites.

C’est de là que l’e-réputation seo est née naturellement dans la tête de Kevin. Quand tu penses en termes de domination totale de la SERP plutôt qu’en termes de positionnement unique, tu arrives mécaniquement à te demander : et si je pouvais faire disparaître ce lien-là ? Le remonter ? Le noyer ?

Il avait aussi développé des techniques de spam sur Google Suggest – via Amazon Mechanical Turk, en faisant taper des requêtes à des vrais humains pour influencer les suggestions automatiques. Il avait contourné les restrictions d’Amazon en déguisant l’opération en mission de quality rating. (Le niveau de créativité dans le black hat de l’époque était franchement remarquable. Moralement discutable, techniquement brillant.)

C’est aussi à cette période qu’il commence à construire son outil interne – un système de monitoring de SERP sur 5 000 à 10 000 mots-clés, avec historique du top 100. Un truc fait pour lui, pour repérer les sites qui pop et ceux qui disparaissent. Il avait notamment détecté des opérations de cloaking via redirections 301 – des sites qui rankaient puis disparaissaient brutalement parce qu’ils servaient un contenu différent à Google.

« J’avais dit à Rudy : il y a un site à toi qui est remonté sur assurance bateau. Il me dit comment tu sais, il était pas au courant. Je dis ouais, je me suis fait un outil. »

Voilà l’origine de SEObserver. Pas une vision produit. Un outil interne qui servait à lui, que ses potes trouvaient génial, et qu’il a fini par passer en SaaS.

Pour comprendre comment cette logique de stratégie SEO complète s’articule aujourd’hui, le chemin de Kevin est presque un cas d’école – à rebours de la plupart des formations qu’on voit circuler.

Blog et Twitter : le vrai capital de l’e-réputation seo d’un freelance

90 % de ses opportunités business. 90 % de son chiffre d’affaires. 90 % de sa notoriété.

Kevin attribue tout ça à deux outils : son blog et son compte Twitter. Pas à ses conférences. Pas à ses formations. Pas à ses partenariats avec d’autres SEOs. Blog et Twitter.

La distinction qu’il fait entre les deux est juste et souvent ignorée. Twitter, c’est une petite communauté, un contenu éphémère. Si tu arrêtes de publier, tu disparais. Le blog, lui, construit quelque chose qui dure. Un article bien positionné sur un sujet précis continue de ramener des contacts des années après sa publication.

Il donne l’exemple d’un article qu’il a publié sur Moz – comment forcer des paramètres de géolocalisation dans des URLs Google pour obtenir des SERPs parfaitement géolocalisées. Une micro-niche. Mais cet article lui a ramené des contacts directs, et son astuce a été reprise par pratiquement tous les outils SEO du marché.

Ce que Kevin dit là – et c’est là que ça devient intéressant pour l’e-réputation seo d’un prestataire – c’est que la crédibilité se construit par l’article de fond. Pas par le thread Twitter de 12 tweets avec des émojis de fusée. Par le truc qui reste.

Il mentionne un développeur – Medi – dont il lit tous les articles sans s’y attendre. Des articles tech rédigés avec une maîtrise du copywriting qui te happe dès les premières lignes. Kevin ne sait même pas si ça ramène du business à ce type. Mais il dit : c’est une bonne stratégie. Et venant de quelqu’un qui a construit son propre business sur cette logique, ça pèse.

Il va même plus loin. Il raconte une conversation en BlaBlaCar avec une étudiante paysagiste à Genève qui voulait être embauchée. Son conseil : publie des articles sur ta spécialité, sur des sujets très précis, et présente ça en entretien. Pas pour le SEO – pour l’aura. Pour arriver en face d’un employeur avec quelque chose qui prouve que tu penses, pas juste que tu as un diplôme.

C’est le même conseil qui vaut pour l’e-réputation seo d’un freelance en référencement : ton blog est ta meilleure carte de visite, à condition qu’il ne soit pas du 300 mots sur mot-clé générique.

On retrouve d’ailleurs cette même logique dans ce que raconte Antoine Magnan sur l’édition de site comme levier de revenus – construire des actifs qui travaillent pour toi sans que tu sois obligé de les alimenter chaque semaine.

Le moment où Kevin s’est effacé derrière son SaaS

Il y a un paradoxe dans le parcours de Kevin Richard que j’aurais raté si j’avais juste lu le résumé LinkedIn.

Il a passé des années à construire sa marque personnelle – blog, Twitter, conférences au Campus, événements SEO en France et à l’étranger, groupes Skype, participation active dans la communauté. Il a fait du personal branding avant que le terme soit à la mode en France. Et au moment où SEO Serveur est devenu SEObserver, il a fait exactement l’inverse. Il s’est effacé volontairement.

La raison est pragmatique, pas existentielle. Quand un SaaS est trop lié à l’image de son fondateur, tu ne peux pas le revendre. Tu ne peux pas lever des fonds sérieusement. Tu ne peux pas en passer les rênes. L’outil et la personne deviennent indissociables – et c’est une impasse commerciale.

« Au début SEO Serveur, c’était l’outil de Kevin. Et ensuite petit à petit… je me suis enlevé, je me suis mis en retrait pour justement faire le chemin inverse. »

C’est exactement le problème que Mister Beast a failli avoir lors de sa tentative de rachat. Quand ton nom EST le produit, vendre le produit revient à vendre ton identité. Kevin l’a vu venir et a corrigé le tir. (Ça demande une lucidité sur soi-même que la plupart des créateurs de contenu n’ont pas – ou n’ont pas envie d’avoir.)

La leçon qu’il en tire est précise : le personal branding est un excellent outil de lancement. Tu construis une audience, tu valides un marché, tu génères des premières ventes sur ta crédibilité personnelle. Mais si tu veux construire quelque chose qui existe sans toi – qui peut se vendre, qui peut grandir avec une équipe – il faut réussir à décoller ton nom du produit avant que les deux soient soudés à jamais.

Et pour l’e-réputation seo d’une marque, c’est exactement ce mécanisme qui joue. La réputation d’une entreprise doit être portée par l’entreprise, pas par son fondateur. Sinon, quand le fondateur part – ou fait une connerie – l’entreprise part avec.

Ce que Kevin a compris sur la présence web d’une marque en dehors du digital pur rejoint d’ailleurs cette même logique : construire des actifs qui survivent à leur créateur.

Ce que l’e-réputation seo m’a appris sur la valeur perçue

Je vais dire un truc que certains vont trouver cynique.

L’e-réputation seo est peut-être le seul segment du SEO où la valeur perçue est directement proportionnelle à la douleur du client – pas à la complexité technique de la prestation. Kevin facturait 15 000 € une nuit de travail intense parce que le client avait le fisc dans le dos. Pas parce que la recherche d’articles sur cinq ans était techniquement impossible à faire seul.

C’est inconfortable à dire. Mais c’est honnête.

Et ça soulève une question sur le pricing en général dans le SEO : est-ce qu’on facture le temps passé, ou la valeur créée ? Kevin a très clairement opté pour la deuxième option dès le début – et ça explique pourquoi il pouvait annoncer 15 000 € comme tarif de départ sur Skype, sans gêne, pour tester si le prospect était sérieux.

La vraie limite de l’e-réputation seo, et Kevin ne l’esquive pas, c’est l’éthique. Pas uniquement parce que c’est bien d’être éthique – mais parce que se faire cramer sur une opération de nettoyage peut détruire en 48 heures une réputation construite en dix ans. Ce qui est ironique, pour quelqu’un dont le métier est justement de gérer des réputations.

Il reste une question que je n’ai pas trouvé de réponse dans la transcription : dans un univers où les LLM et la Search Generative Experience commencent à réécrire les résultats Google à la volée, est-ce que l’e-réputation seo telle que Kevin la décrit en 2010-2015 existe encore vraiment ? Ou est-ce qu’on est en train de basculer vers quelque chose de complètement différent ?

C’est une autre conversation. Mais elle mérite d’être posée.

Questions fréquentes

C'est quoi l'e-réputation seo exactement ? +
L'e-réputation seo désigne l'ensemble des techniques de référencement naturel utilisées pour gérer ce qui apparaît dans Google sur le nom d'une personne ou d'une entreprise. Ça peut vouloir dire faire remonter des contenus positifs, noyer des articles négatifs dans les résultats, ou tenter de les faire baisser directement via des techniques de manipulation de SERP. C'est un domaine avec des enjeux financiers énormes - les clients qui y ont recours sont souvent prêts à payer très cher pour que certains résultats disparaissent.
Combien coûte une prestation d'e-réputation seo ? +
Les tarifs varient énormément selon la complexité du cas et le profil du prestataire. Kevin Richard facturait 15 000 € de départ plus 5 000 € par mois en 2010-2012. Aujourd'hui, les grandes agences spécialisées proposent des forfaits à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour des personnalités publiques ou des dirigeants d'entreprise.
L'e-réputation seo est-elle légale ? +
Ça dépend des techniques utilisées. Construire une présence positive autour d'une personne, publier du contenu de qualité, travailler le maillage - tout ça est parfaitement légal. Manipuler des signaux, dupliquer du contenu pour faire chuter un article concurrent, ou utiliser des techniques de cloaking - c'est une autre histoire, à la fois vis-à-vis de Google et potentiellement vis-à-vis du droit. La ligne éthique est importante, et les prestataires sérieux la tracent clairement.
Comment Kevin Richard a créé SEObserver ? +
SEObserver (anciennement SEO Serveur) est né d'un outil interne que Kevin avait développé pour lui-même - un système de monitoring de SERP sur des milliers de mots-clés, avec un historique du top 100. Quand ses contacts SEO ont commencé à lui dire que c'était génial, il a décidé de le passer en SaaS. Il l'a ensuite progressivement découplé de son image personnelle pour pouvoir en faire une vraie entreprise indépendante de son fondateur.
Pourquoi un blog est-il plus utile que Twitter pour l'e-réputation seo d'un prestataire ? +
Kevin Richard estime que son blog et son compte Twitter ont généré 90 % de ses opportunités business. Mais la différence entre les deux est structurelle : Twitter produit du contenu éphémère qui disparaît si tu arrêtes de publier, alors qu'un article de blog bien positionné continue de ramener des contacts des années après sa publication. Pour l'e-réputation seo d'un freelance ou d'un consultant, le blog construit un actif durable là où Twitter crée de la visibilité temporaire.
Comment démarrer dans l'e-réputation seo sans réseau ? +
Kevin a commencé par écrire des articles sur son blog autour du sujet, sans même cibler directement des clients. C'est un article sur le spam de Google Suggest - rédigé dans un angle technique - qui lui a ramené ses premiers contacts en e-réputation. La leçon : publie sur ta spécialité, avec de la vraie expertise, et les clients qui ont un problème précis te trouvent naturellement via Google.

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