De l’ombre à la lumière : le parcours d’un éditeur de site qui a transformé l’écosystème
Beaucoup rêvent de quitter leur emploi, de devenir leur propre patron et de construire une vie où la liberté géographique et financière n’est pas une utopie. Mais entre le rêve et la réalité, il y a un chemin semé d’embûches, de doutes et de leçons apprises à la dure. C’est ce chemin que Kevin Jourdan, aujourd’hui co-fondateur de la plateforme bien connue DotMarket, a emprunté. Avant d’être une figure de l’écosystème de l’achat/vente de sites web, il était ce que l’on pourrait appeler un ‘éditeur de site fou’, un pionnier qui a tout appris sur le terrain. Son histoire n’est pas celle d’un succès fulgurant et sans accroc. C’est le récit authentique d’une ascension construite sur des expérimentations, des échecs cuisants et des pivots stratégiques audacieux. Comment passe-t-on d’un simple fichier HTML oublié sur un serveur à la tête d’une entreprise qui façonne le marché ? Quelle est la véritable histoire derrière l’éditeur de site qui se cachait sous le pseudo DotMarket.eu sur Twitter ? Cet article retrace son épopée, depuis ses premiers pas en 2012, et décortique les enseignements précieux qu’il en a tirés. Vous allez découvrir non seulement les techniques qui fonctionnaient à l’époque, mais surtout les principes intemporels de résilience, de diversification et de vision qui permettent de bâtir un véritable empire digital durable.
Chapitre 1 : La genèse d’un éditeur de site, ou comment un e-mail de PayPal a tout changé
L’histoire de nombreux entrepreneurs du web commence souvent par un concours de circonstances, une étincelle inattendue qui allume un feu. Pour Kevin Jourdan, cette étincelle a pris la forme d’un simple e-mail, longtemps ignoré. En 2012, alors qu’il était salarié aux Philippines pour une entreprise spécialisée dans les programmes minceur, il était déjà au cœur de la machine, mais du mauvais côté de la barrière. Son rôle ? Gérer les canaux d’acquisition, et principalement l’affiliation. Il passait ses journées à analyser les performances des affiliés, à négocier des commissions et à voir des entrepreneurs indépendants empocher des sommes bien plus conséquentes que son propre salaire. Cette situation a fait germer une idée : et si, lui aussi, il passait de l’autre côté ? L’inspiration était là, renforcée par un colocataire qui vivait déjà de ses sites. Comme il le raconte lui-même : ‘ça aide, tu vois d’avoir un pote qui tous les jours quand toi tu pars au boulot est devant son ordi sur la petite terrasse et il dit : ‘Tiens, passe une bonne journée au taf mec, moi je vais écrire deux articles sur mon site et ça va tomber. ». Poussé par cette envie, il fait un premier pas timide, presque anecdotique. Il récupère le code source d’un site ‘one page’ d’un ami, le colle dans un bloc-notes et l’uploade sur un serveur sous un nom de domaine acheté pour l’occasion. Puis, pris par son travail, il oublie complètement ce projet embryonnaire.
La découverte accidentelle d’un revenu passif
Le temps passe, et pendant près d’un an, une routine étrange s’installe. Chaque mois, un e-mail de PayPal atterrit dans sa boîte de réception, lui notifiant que quelqu’un essaie de lui envoyer de l’argent. Persuadé qu’il s’agit de spam, il le supprime systématiquement. Qui donc voudrait lui envoyer de l’argent sans raison ? C’est le scepticisme naturel face à la promesse de l’argent ‘facile’ sur Internet. La persévérance de ces e-mails a finalement eu raison de sa méfiance. Un jour de 2013, il décide de se connecter. La surprise est totale. Il découvre que ces notifications étaient bien réelles et qu’une somme de près de 400 euros l’attendait, fruit de petites commissions de 20, 30 ou 40 dollars accumulées mois après mois. L’origine de cet argent ? Son fameux fichier `index.html` tout simple, qui générait silencieusement quelques ventes d’un produit pharmaceutique. Ce moment fut une véritable révélation, ce qu’il appelle un ’tilt’.
‘Et donc là, ça fait tilt, tu vois et je réalise que réellement, il y a un truc qui m’envoie des tunes et en creusant, je réalise qu’en fait c’est le index.html tout dégueulasse que j’avais mis 1 an avant qui tous les mois fait quelques ventes.’
Ce n’était pas une fortune, mais c’était la preuve tangible que le concept fonctionnait. C’était la validation qu’il était possible de créer une source de revenus décorrélée du temps de travail direct. C’est à partir de cet instant que l’édition de site est passée du statut de curiosité à celui de véritable projet. Il a alors abandonné son fichier HTML archaïque, installé son premier WordPress et commencé à travailler sérieusement, marquant ainsi le vrai début de son aventure dans l’édition de site.
Chapitre 2 : De la quantité à la qualité, le pivot stratégique des micro-sites vers l’autorité
Fort de cette première réussite accidentelle, la première impulsion de Kevin n’a pas été de construire un empire, mais de reproduire méthodiquement ce qui venait de fonctionner. C’est une logique entrepreneuriale classique : quand on trouve une recette qui marche, on la duplique. Entre 2013 et 2015, il se lance dans une stratégie de multiplication. L’idée était simple : si un petit site mal conçu pouvait générer 30 euros par mois, alors dix sites similaires bien construits pourraient en générer 300, et ainsi de suite. Il s’est donc mis à créer une multitude de sites sur des noms de domaine très spécifiques, ce que l’on appelle des EMD (Exact Match Domains), du type ‘acheterproduitpascher.fr’. Cette approche, très populaire à l’époque, permettait de se positionner rapidement sur des mots-clés très ciblés. Certains fonctionnaient, d’autres non, mais l’ensemble commençait à générer des revenus de plus en plus significatifs. Cependant, cette stratégie de ‘guérilla SEO’ a montré ses limites face à une réalité incontournable du business en ligne : les risques juridiques. La thématique pharmaceutique, bien que lucrative, est un terrain miné où les grands laboratoires veillent au grain. Un jour, le couperet tombe : il reçoit une lettre d’huissier d’un laboratoire qui revendique la propriété d’un de ses noms de domaine les plus performants, car il contenait le nom de leur marque. Ce micro-site, qui générait 800€ pour seulement 800 visites par mois, était une véritable pépite. Face à la puissance de frappe du laboratoire, il n’a eu d’autre choix que de céder.
La contrainte comme moteur de l’innovation
Ce premier revers aurait pu être décourageant, mais il s’est transformé en une leçon cruciale. Le destin a voulu qu’il possède deux noms de domaine similaires pour le même produit : ‘produit-pas-cher’ et ‘produit-moins-cher’. Après avoir cédé le premier, il ne tarde pas à recevoir une nouvelle demande pour le second. Cette fois, au lieu de subir, il décide d’agir. Il accepte de céder le domaine, mais demande un délai de 45 jours. Pendant ce laps de temps, il met en place une stratégie audacieuse : il bascule tout le contenu du micro-site vers une nouvelle page sur son site principal, plus généraliste, et met en place une redirection 301. À l’époque, le succès d’une telle manœuvre était incertain. Le risque était que, une fois le nom de domaine initial abandonné, la nouvelle page perde toutes ses positions.
‘La page sur laquelle je bascule le contenu vient prendre exactement la position du nom de domaine […] et quand je leur file le nom de domaine, ma nouvelle page reste, elle drop pas.’
Le test est un succès retentissant. Non seulement il a sauvé son trafic et ses revenus, mais il a surtout découvert une méthode pour consolider ses actifs. Cette expérience a provoqué un changement de paradigme complet. Il a réalisé que sa flotte de petits sites était vulnérable. Si un laboratoire était venu frapper à sa porte, d’autres suivraient. Il a donc pris la décision radicale de regrouper tous ses micro-sites sous la bannière d’un seul et même nom de domaine principal, un site d’autorité. Ce mouvement n’était pas seulement défensif ; il s’inscrivait dans une tendance de fond venue des États-Unis, qui prônait déjà la création de grands sites thématiques plutôt que de micro-sites de niche. Cette épreuve l’a forcé à évoluer d’une stratégie de quantité, fragile et risquée, vers une stratégie de qualité, visant à construire un actif durable et plus résilient.
Chapitre 3 : L’épreuve du feu, la confrontation avec la mise à jour Google Medic
Après avoir consolidé ses actifs en un site d’autorité, Kevin Jourdan a mis les bouchées doubles. Il a décidé de faire un ‘all-in’ sur ce projet, avec l’ambition de le transformer en un véritable média de référence dans le domaine de la santé. Il a réinvesti une part massive des revenus générés pour produire du contenu de très haute qualité. Conscient des exigences de Google en matière de crédibilité, surtout dans une thématique ‘Your Money or Your Life’ (YMYL), il a noué des partenariats avec des professionnels de santé reconnus, certains ayant déjà de fortes audiences, pour qu’ils rédigent des articles pour son site. Une rédactrice en chef a même été embauchée pour orchestrer cette production de contenu premium. La stratégie était ambitieuse et visionnaire : anticiper les critères de qualité de Google (ce que l’on appellera plus tard E-A-T : Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness). Le site a connu une croissance explosive, atteignant un pic de 450 000 visites par mois. Il a même été traduit en plusieurs langues (espagnol, portugais, allemand, etc.) pour conquérir de nouveaux marchés. Tout semblait indiquer que cette stratégie était la bonne. Mais en SEO, rien n’est jamais acquis. En août 2018, une mise à jour majeure de l’algorithme de Google, surnommée ‘Medic Update’, a frappé l’écosystème. Comme son nom l’indique, elle a particulièrement affecté les sites liés à la santé, au bien-être et à la finance. Le site de Kevin, malgré tous ses efforts pour produire un contenu qualitatif et expert, a été touché de plein fouet. La chute a été brutale et rapide.
La chute et la leçon de la diversification
L’impact de la mise à jour a été dévastateur. Le trafic a commencé par s’effondrer sur les versions internationales du site, avant que la version française ne soit touchée à son tour. En l’espace de trois mois seulement, le site est passé d’un pic de 450 000 visites mensuelles à un maigre 35 000. C’est le cauchemar de tout éditeur de site : voir des années de travail anéanties en quelques semaines par une décision algorithmique.
‘En l’espace de 3 mois, il est passé de 450 000 visites par mois à 35 000, tu vois.’
Cette expérience douloureuse a été la source d’une autre leçon fondamentale, peut-être la plus importante de toutes : le danger de la concentration. Même en ayant un site d’autorité, le fait de dépendre à 90% d’un seul projet est un risque immense. Cet événement a gravé dans son ADN d’entrepreneur la nécessité absolue de la diversification. Aujourd’hui, sa stratégie a évolué. Il ne préconise ni d’avoir 50 sites, ce qui mène à l’éparpillement, ni d’en avoir un seul, ce qui est trop risqué. L’équilibre se situe selon lui dans la gestion de 2 à 4 sites solides, mais dans des thématiques différentes. L’objectif n’est pas d’avoir plusieurs petites sources de revenus, mais plusieurs gros piliers capables de générer chacun des revenus substantiels. La diversification thématique permet de se prémunir contre les mises à jour algorithmiques qui ciblent souvent un secteur spécifique. C’est une assurance contre l’imprévisibilité de Google et une clé pour construire un business en ligne véritablement pérenne.
Chapitre 4 : Au-delà du trafic, les piliers invisibles de la réussite en ligne
L’édition de site est souvent perçue comme un jeu technique où le trafic et les positions sur Google sont les seules métriques qui comptent. Pourtant, la survie et la prospérité dans ce domaine reposent sur des fondations bien plus profondes. La chute post-Medic Update a appris à Kevin Jourdan que la diversification ne concernait pas seulement les sources de trafic ou les thématiques, mais aussi les sources de revenus et, plus important encore, les relations humaines.
Diversifier les partenaires pour ne jamais être pris en otage
Un risque souvent sous-estimé par les affiliés est la dépendance à un seul programme ou à une seule plateforme d’affiliation. On peut avoir le meilleur site du monde, si le partenaire qui le monétise disparaît ou change ses conditions du jour au lendemain, tout le business s’écroule. Kevin a vécu cette situation de près. À l’époque où il était dans la pharma, une plateforme majeure avec laquelle il travaillait a fermé subitement. Du jour au lendemain, ses revenus se sont taris, non pas à cause de Google, mais d’une décision commerciale d’un tiers. C’est là que l’importance du réseau entre en jeu. En panique, il a contacté une autre plateforme, Health Trader, qui n’avait pas encore officiellement lancé son programme en France. Grâce à sa réputation et à son approche proactive, il a réussi à les convaincre de l’intégrer en avant-première.
’48 heures après, j’avais tous mes liens changés et j’avais basculé sur Tide et le site était reparti à la hausse.’
Cette expérience montre que la résilience d’un business en ligne tient autant à la solidité de son SEO qu’à la qualité de son carnet d’adresses. La stratégie moderne consiste donc à avoir plusieurs sites dans des thématiques distinctes, mais aussi de s’assurer que pour chaque site, la dépendance à un seul partenaire affilié soit limitée. Idéalement, aucun partenaire ne devrait représenter plus de 20-25% des revenus totaux d’affiliation.
L’affiliation est un partenariat, pas une transaction
Un autre pilier fondamental est la nature de la relation avec les partenaires. L’erreur commune est de voir les plateformes d’affiliation comme de simples distributeurs de liens et de commissions. Kevin, ayant été lui-même ‘affiliate manager’ chez l’annonceur, a une perspective unique sur le sujet. Il sait que derrière chaque programme, il y a des êtres humains dont le travail est de gérer les affiliés. Traiter ces interlocuteurs avec respect, professionnalisme et transparence n’est pas juste une question de politesse, c’est un investissement stratégique. Un affiliate manager qui apprécie de travailler avec vous sera plus enclin à vous aider en cas de problème, à négocier de meilleures commissions ou à vous donner accès à des offres exclusives.
‘Ayant été affiliate manager chez l’annonceur, je pense que ça m’a donné un petit, tu vois, je savais comment mes affiliés aimaient être traités et du coup en tant qu’affilié bah je vais vers des gens qui me traitent de la même manière que j’aimais traiter mes affiliés.’
Cette double casquette lui a permis de comprendre que les meilleurs partenariats sont ceux où le respect et la compréhension des enjeux de chacun sont mutuels. Un affilié n’est pas juste un apporteur de trafic, il est le commercial de l’annonceur. Et un annonceur n’est pas juste un payeur, il est le fournisseur qui permet à l’affilié de vivre. Cette vision humaniste et partenariale de l’affiliation est un avantage concurrentiel majeur sur le long terme.
Chapitre 5 : L’ultime pivot, comment l’édition de site a financé la naissance de DotMarket
Le parcours de Kevin Jourdan illustre parfaitement comment l’édition de site peut être bien plus qu’une fin en soi. Pour lui, ce fut un formidable accélérateur, une école de l’entrepreneuriat et, surtout, le socle financier qui a rendu possible la création de son projet le plus ambitieux : DotMarket. Lorsqu’il a eu l’idée de lancer une plateforme spécialisée dans l’achat et la vente de sites web, il a fait face à un scepticisme général. Beaucoup lui disaient qu’il ne pourrait jamais en vivre, que le marché était trop petit ou trop complexe. Et ils n’avaient pas entièrement tort. Le lancement d’une telle entreprise demande un investissement initial conséquent en technologie, en frais juridiques et en salaires, bien avant de générer le premier euro de profit. C’est là que ses années d’édition de site ont joué un rôle déterminant. Contrairement à d’autres qui ont tenté de se lancer dans ce domaine sans filet de sécurité, Kevin disposait d’un avantage de taille : des revenus stables et conséquents issus de ses sites d’affiliation. Cet argent lui a offert le luxe le plus précieux pour un entrepreneur : le temps.
‘Moi j’ai eu la chance d’avoir des bons sites affiliés qui me payent grassement chaque mois et ça m’a permis, tu vois de monter d’autres market sans avoir à me dire putain, il faut absolument que je me paye à la fin du mois.’
Il n’avait pas la pression de devoir rentabiliser son projet immédiatement pour payer ses factures. Il pouvait se concentrer sur la construction d’un produit solide, recruter une équipe et bâtir une marque sur le long terme. Ses sites d’affiliation agissaient comme son propre fonds d’amorçage, finançant le développement de sa future entreprise. C’est une leçon puissante pour quiconque souhaite se lancer : un business rentable, même modeste, peut être le tremplin vers un projet d’une tout autre envergure.
De la pratique à l’expertise : la synergie parfaite
Au-delà du financement, l’expérience de Kevin en tant qu’éditeur de site a conféré à DotMarket sa proposition de valeur unique. La plateforme n’est pas simplement une place de marché gérée par des courtiers classiques. Elle est animée par des praticiens, des gens qui connaissent intimement les rouages de la création, de la monétisation et de la valorisation d’un site internet. Cette expertise de terrain change tout. Lorsqu’un client, acheteur ou vendeur, discute avec l’équipe, il ne parle pas à un simple intermédiaire, mais à quelqu’un qui a vécu les mêmes défis, qui comprend les mises à jour de Google, les subtilités d’un partenariat d’affiliation ou les indicateurs de performance clés d’un site. Cette crédibilité est un atout inestimable.
‘Quand je parle à un client qui veut vendre ou acheter un site et que je suis capable de partager mon expérience d’éditeur de site, ça fait aussi une différence, c’est notre différence avec d’autres market par rapport au cabinet classique, c’est qu’on est des éditeurs de sites.’
En conclusion, le parcours de Kevin Jourdan montre que l’édition de site, loin d’être un simple moyen de générer des revenus passifs, est une voie royale vers l’entrepreneuriat. Elle enseigne la technique (SEO), la finance (gestion des flux de trésorerie), le marketing (conversion), la stratégie (diversification) et la gestion des risques. C’est un voyage qui a tout apporté à Kevin, de l’indépendance financière à la liberté géographique, en passant par la rencontre de personnes clés et la capacité de lancer de nouveaux projets. Son histoire est une source d’inspiration, rappelant que derrière chaque grand projet se cache souvent une succession de petits pas, de leçons apprises et de pivots courageux.
Foire aux questions (FAQ) sur l’édition de site
1. Par quoi commencer quand on se lance dans l’édition de site ?
Pour débuter, il n’est pas nécessaire de viser un projet complexe. L’expérience de Kevin Jourdan montre qu’il est possible de commencer très simplement, même avec une seule page, pour tester un concept et une source de monétisation. L’important est de valider que l’on peut générer ses premiers euros. Cette première preuve de concept est un moteur psychologique puissant qui pousse à apprendre et à se professionnaliser par la suite, par exemple en passant sur une plateforme comme WordPress et en développant une stratégie de contenu plus sérieuse. L’essentiel est de passer à l’action, même modestement.
‘Je reprends juste son code source, je le mets sur un blocnote. Je l’upload […] sur un serveur. […] Et c’est en 2013 en fait, donc quasiment un an après que […] je vois qu’il y a réellement quelqu’un qui essaie de m’envoyer à l’époque 400 balles. Et en fait ces 400 balles, ça correspondait à une moyenne de 20, 30, 40 dollars par mois.’
2. Vaut-il mieux créer un gros site d’autorité ou plusieurs petits sites de niche ?
La réponse dépend de votre stade de développement et de votre tolérance au risque. La stratégie de multiplier les petits sites de niche peut être efficace pour démarrer et tester plusieurs marchés rapidement. Cependant, elle présente des risques juridiques (si vous utilisez des marques dans vos noms de domaine) et de gestion. La consolidation vers un site d’autorité est une stratégie plus mature. Elle permet de construire un actif plus fort, une marque reconnaissable et un projet plus résilient sur le long terme. L’idéal, selon Kevin, est d’avoir 2 à 4 sites d’autorité solides dans des thématiques différentes pour allier puissance et diversification.
‘Je prends la décision de faire la même chose avec tous les mini sites que j’avais parce que j’anticipe, tu vois que s’il y a un laboratoire qui est venu toquer deux fois à ma porte, ça risque de faire la même chose avec tous les autres. Donc je regroupe tout sous le nom de domaine principal.’
3. Comment se protéger des mises à jour de Google comme la Medic Update ?
Se protéger à 100% est impossible, mais on peut grandement limiter les risques. La première protection est la diversification thématique : ne mettez pas tous vos efforts dans un seul secteur, surtout s’il est sensible comme la santé (YMYL). La deuxième est la diversification des sources de trafic : ne dépendez pas uniquement du SEO Google. Explorez les réseaux sociaux, les newsletters, etc. Enfin, concentrez-vous sur la qualité intrinsèque de votre site en suivant les directives de Google (E-A-T : Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness), même si, comme le montre l’expérience de Kevin, cela ne garantit pas une immunité totale.
‘J’ai un peu mis tous mes œufs dans le même panier […] quand Google Medic est arrivé, ça a d’abord dégommé toutes les sublege et ensuite seulement ça a dégommé la France. Mais en l’espace de 3 mois, il est passé de 450 000 visites par mois à 35 000, tu vois.’
4. Quel est le plus grand risque en affiliation marketing ?
Au-delà de la perte de trafic Google, le plus grand risque est la dépendance à un seul partenaire ou une seule plateforme d’affiliation. Si ce partenaire ferme, change ses conditions, ou décide de mettre fin à votre collaboration, vos revenus peuvent chuter à zéro du jour au lendemain. La solution est double : diversifier ses partenaires au sein d’un même site pour qu’aucun ne représente une part trop importante de vos revenus, et entretenir un excellent réseau avec tous les acteurs de votre thématique pour pouvoir pivoter rapidement en cas de problème.
‘Tu peux te faire dégommer par Google, ça c’est une chose […] mais tu peux aussi perdre le partenariat affilié si celui-ci disparaît. Et ça c’est plus problématique parce que si tu as 10 sites dans la même thématique et que tu as personne qui est capable de revenir monétiser au même niveau, bah tu auras aussi des ennuis.’
5. Comment l’édition de site peut-elle aider à lancer une autre entreprise ?
L’édition de site est un formidable levier entrepreneurial. Premièrement, elle génère des flux de trésorerie (cash-flow) qui peuvent être utilisés pour financer le développement d’un nouveau projet sans avoir besoin de lever des fonds. Cela offre une indépendance et un temps précieux. Deuxièmement, l’expérience acquise en tant qu’éditeur de site (SEO, marketing de contenu, monétisation, analyse de données) constitue un socle de compétences directement applicable à de nombreux autres types de business en ligne, offrant un avantage concurrentiel significatif.
‘Dot Market a été lancé et financé via l’édition de site. Si j’ai pas mes sites qui tournent à côté, la première année où tout sort de ma poche pour monter la tech, la partie légale et payer mon équipe, bah je le fais pas, tu vois.’
6. L’édition de site est-elle une source de revenus vraiment passive ?
Le terme ‘revenu passif’ est souvent un fantasme. Si l’édition de site offre une flexibilité incroyable et des revenus décorrélés du temps de travail quotidien, elle n’est pas totalement passive. Un site nécessite une maintenance, une mise à jour des contenus, une surveillance des positions et des partenariats. Cependant, elle permet de ‘grouper’ le travail. On peut travailler intensivement pendant quelques jours puis laisser le site tourner pendant plusieurs semaines ou mois avec une surveillance minimale, ce qui offre une liberté que peu d’autres activités permettent.
‘L’édition de site t’offre cette liberté de pas avoir à bosser tous les jours sur le site et de pouvoir grouper les moments où tu fais pas mal d’actions et après être tranquille pendant quelques semaines voir quelques mois.’
7. Quelle est l’importance des relations avec les partenaires d’affiliation ?
C’est un aspect crucial et souvent négligé. Considérer son affiliate manager comme un véritable partenaire plutôt qu’un simple fournisseur de liens peut tout changer. Une bonne relation, basée sur le respect et la confiance mutuels, peut mener à de meilleures commissions, à un support plus rapide en cas de problème technique (tracking, etc.), et à des opportunités exclusives. Avoir été soi-même de l’autre côté de la barrière, chez l’annonceur, aide à comprendre leurs besoins et à construire des partenariats gagnant-gagnant durables.
‘Tu as raison, il y a quelqu’un derrière et plus tu traites bien les affiliate managers et mieux ils bosseront avec toi. […] Pour moi les meilleurs partenariats, c’est avec des gens qui ont pigé ça des deux côtés.’




