De l’ombre à la lumière : comment l’édition de site a forgé mon parcours d’entrepreneur
Beaucoup me connaissent aujourd’hui sous le nom de DotMarket, cette plateforme qui met en relation acheteurs et vendeurs de sites web. Mais avant les tableaux de bord, les contrats et les négociations, il y a eu une autre vie, une vie d’éditeur de site. Une aventure qui a commencé presque par accident en 2012, dans le tumulte d’une expatriation aux Philippines, et qui a façonné chaque aspect de ma carrière. C’est une histoire de tâtonnements, de succès inattendus, de claques monumentales et de pivots stratégiques. Comment passe-t-on d’une simple page HTML oubliée sur un serveur à la co-création d’un acteur majeur de l’écosystème web francophone ? Ce n’est pas un chemin linéaire. C’est une épopée faite de doutes, de prises de risque et surtout, d’une résilience à toute épreuve. Dans cet article, je vais vous dévoiler les coulisses de ce parcours, les leçons que j’ai apprises dans la douleur et les stratégies qui m’ont permis non seulement de survivre, mais de prospérer dans le monde impitoyable de l’édition de site. Bien plus qu’un simple business en ligne, ce fut mon école d’entrepreneuriat, le laboratoire qui m’a tout appris sur le risque, la diversification et la vision à long terme. Préparez-vous à plonger dans l’histoire de ‘l’éditeur de site fou qui était Kevin Jourdan’.
Chapitre 1 : La genèse d’un éditeur de site, une découverte fortuite
Tout a commencé bien loin de l’image de l’entrepreneur stratège que l’on pourrait imaginer. En 2012, j’étais salarié aux Philippines. Mon rôle ? Responsable d’acquisition pour une entreprise de programmes minceur en ligne. Mon quotidien était d’analyser les performances des affiliés, de négocier des CPL (Coût Par Lead) et de chercher de nouvelles sources de trafic. J’étais de l’autre côté de la barrière, celui de l’annonceur. Et chaque jour, je voyais des affiliés encaisser des chèques bien plus conséquents que mon salaire. Une petite graine a commencé à germer dans mon esprit. Et si, moi aussi, je passais de l’autre côté ? L’idée était là, mais la mise en pratique était… pour le moins artisanale.
Le premier site : une page HTML et des spams PayPal
Mon premier pas dans l’édition de site n’a rien eu de glorieux. Influencé par un colocataire qui vivait déjà de ses sites, j’ai décidé de me lancer. Sans aucune connaissance technique, j’ai fait ce qui me semblait le plus simple.
‘Je reprends juste son code source, je le mets sur un blocknut. Je l’upload en source tu vois index.html sur un sur un serveur. Je connaissais pas WordPress, je savais pas que il fallait faire des trucs un petit peu plus propres.’
J’ai mis cette page en ligne sur un nom de domaine et… j’ai oublié. La vie a suivi son cours, mon travail de salarié était prenant. Pendant près d’un an, j’ai reçu des emails de PayPal m’indiquant que quelqu’un voulait m’envoyer de l’argent. Persuadé qu’il s’agissait de spam, je les supprimais systématiquement. Qui voudrait m’envoyer de l’argent comme ça ? La méfiance était totale. C’est seulement en 2013, par un jour de curiosité ou de lassitude, que j’ai finalement décidé de me connecter. Et là, le choc. Ce n’était pas du spam. Il y avait réellement 400 dollars qui attendaient d’être validés, correspondant à des petites commissions de 20, 30 ou 40 dollars accumulées mois après mois. C’était la page HTML ‘dégueulasse’ que j’avais mise en ligne un an plus tôt qui, sans aucune intervention de ma part, générait des ventes. Ce fut l’électrochoc. La preuve que c’était possible. Ce premier ‘succès’, bien que modeste et totalement accidentiel, a été le catalyseur qui m’a poussé à prendre l’édition de site au sérieux et à quitter mon emploi salarié début 2014 pour m’y consacrer à plein temps.
Chapitre 2 : La stratégie de la multitude, l’ère des sites de niche
Après cette première prise de conscience, mon approche a changé radicalement. Fini l’amateurisme, il était temps de structurer ma démarche. Cependant, à cette époque, entre 2013 et 2015, la notion de ‘site d’autorité’ était encore balbutiante, surtout dans le paysage francophone. La stratégie qui dominait alors était celle des ‘EMD’ (Exact Match Domains), des noms de domaine qui correspondaient exactement à une requête de recherche. Mon raisonnement était simple et logique : si une page m’a rapporté 30€ par mois, alors dix sites similaires pourraient m’en rapporter 300€. C’était une vision très mathématique, une tentative de réplication à grande échelle d’un succès initial.
Multiplier pour régner : l’âge d’or des EMD
Je me suis donc lancé dans une frénésie de création de mini-sites. L’idée était de capturer des intentions d’achat très précises avec des noms de domaine ultra-ciblés.
‘Je me dis ‘tiens, si ce petit site là, il a réussi à générer 30 balles par mois, peut-être que je peux en faire 10 qui vont générer 30 balles par mois aussi avec produit pas cher.fr, produits moins cher.fr, acheter produits.fr et cetera et cetera’. Donc j’en fais plein.’
Cette approche, bien que primitive vue d’aujourd’hui, fonctionnait. Certains sites prenaient, d’autres non, mais globalement, le revenu augmentait. C’était une stratégie de volume. Chaque petit site était un actif qui travaillait en silo. Le principal avantage était la rapidité de mise en place et la capacité à tester rapidement des niches et des produits sans investir massivement dans un seul projet. Cependant, cette dispersion avait ses limites. Gérer des dizaines de sites est complexe, l’énergie est diluée, et surtout, chaque site reste fragile, dépendant de quelques mots-clés seulement. J’apprenais à la dure que si cette stratégie était efficace pour démarrer et générer les premiers revenus, elle n’était pas viable sur le long terme. Le besoin de construire quelque chose de plus solide, de plus résilient, commençait à se faire sentir. Un événement extérieur allait d’ailleurs m’y contraindre de la manière la plus brutale qui soit.
Chapitre 3 : La consolidation forcée, quand la loi vous rattrape
Alors que mon petit empire de sites de niche grandissait, un grain de sable est venu enrayer la machine. Un grain de sable sous la forme d’une lettre d’huissier. Cette expérience a été un tournant majeur, m’obligeant à repenser toute ma stratégie, passant d’une approche de guérilla SEO à la construction d’une véritable forteresse. C’est souvent face à l’adversité que les meilleures décisions stratégiques émergent, et ce fut clairement le cas pour moi.
La menace légale et la naissance du site d’autorité
L’un de mes mini-sites les plus performants, un EMD qui contenait le nom d’une marque, cartonnait. C’était un petit bijou de rentabilité : 800 visites par mois pour 800 euros de revenus. Un ratio exceptionnel. Mais ce succès a attiré l’attention du laboratoire propriétaire de la marque. Un jour, je reçois une mise en demeure me sommant de leur céder le nom de domaine. Après avoir tenté de résister et consulté quelques contacts plus expérimentés, le verdict était sans appel : je n’avais aucune chance. J’ai dû céder le site.
‘J’en parle à quelques potes qui m’expliquent que faut pas jouer avec eux, que de toute façon, j’y gagnerais pas. Des potes qui avaient eu les le même type de problème. donc je leur cède le nom de domaine.’
Le coup fut dur, mais la leçon fut immense. Le problème, c’est que j’avais un autre domaine très similaire, jouant sur la sémantique (‘pas cher’ vs ‘moins cher’). Quelques mois plus tard, sans surprise, le même laboratoire est revenu toquer à ma porte pour le second domaine. Fort de ma première défaite, j’ai cette fois-ci agi différemment. J’ai accepté de leur céder le domaine, mais j’ai demandé un délai de 45 jours. Pendant ce laps de temps, j’ai méthodiquement déplacé tout le contenu du mini-site vers une nouvelle page sur mon site principal, plus généraliste, et j’ai mis en place une redirection 301. C’était un pari risqué. À l’époque, rien ne garantissait que le ‘jus’ SEO serait transmis et que ma nouvelle page conserverait les positions. Miraculeusement, ça a fonctionné. La nouvelle page a pris la place de l’ancien site et n’a pas bougé après que j’ai cédé le nom de domaine. Cette réussite a provoqué un déclic : si ça a marché une fois, pourquoi ne pas le faire pour tous mes autres mini-sites et anticiper les futurs problèmes ? J’ai alors regroupé tous mes actifs sous un seul et même toit, mon premier vrai site d’autorité. C’est ainsi que, sous la contrainte, j’ai abandonné la stratégie de la dispersion pour celle de la consolidation, construisant un actif beaucoup plus fort et défendable.
Chapitre 4 : L’erreur du ‘All-in’ et la claque de la Google Medic Update
Après avoir consolidé mes actifs sur un site d’autorité principal dans la thématique de la santé (pharma), la confiance était à son apogée. Le site grandissait, les revenus aussi. J’ai alors eu l’ambition de transformer ce site en un véritable média santé de référence. J’ai décidé de faire ‘all-in’, de réinvestir massivement tout ce que le site générait pour le faire passer à un niveau supérieur. Avec le recul, je réalise que j’ai commis une erreur stratégique classique : mettre tous mes œufs dans le même panier, dans l’une des niches les plus volatiles du web.
L’ambition démesurée face à la réalité de Google
Je croyais comprendre ce que Google attendait, notamment avec les prémices des critères E-A-T (Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness). J’ai donc mis les bouchées doubles.
‘J’avais fait des partenariats en fait avec des avec des professionnels de la santé, dont certains très connus qui avaient des belles audiences et je leur faisais rédiger du contenu pour mon site. Et je publiais, je publiais, je publiais, j’avais embauché quelqu’un pour pour faire rédac chef…’
Le site a atteint des sommets, avec 450 000 visites par mois à son apogée. Je l’avais même fait traduire en plusieurs langues pour conquérir de nouveaux marchés. Je pensais avoir construit une forteresse imprenable. Et puis, en août 2018, la Google Medic Update est arrivée. Une mise à jour algorithmique qui a spécifiquement ciblé les sites ‘YMYL’ (Your Money Your Life), comme la santé et la finance. L’impact a été cataclysmique. En l’espace de trois mois, le trafic s’est effondré, passant de 450 000 à 35 000 visites mensuelles. C’était une chute vertigineuse, une destruction de valeur quasi totale. Cette expérience a été incroyablement douloureuse, mais elle m’a enseigné la leçon la plus importante de ma carrière d’éditeur : la diversification n’est pas une option, c’est une condition de survie. Avoir 90% de ses revenus qui dépendent d’un seul site est une prise de risque que je ne referai plus jamais.
Chapitre 5 : Les piliers de la résilience, ma stratégie de diversification actuelle
L’effondrement de mon site pharma a été un mal pour un bien. Il m’a forcé à repenser fondamentalement ma vision du risque et à construire une stratégie beaucoup plus robuste. Aujourd’hui, mon approche repose sur plusieurs piliers de diversification, car j’ai appris que la menace peut venir de partout : de Google, d’un partenaire qui fait faillite, ou d’un concurrent agressif. Se protéger, c’est anticiper et ne jamais dépendre d’un seul élément.
Diversifier son portefeuille de sites : la règle des 2-3 projets
Plutôt que de m’éparpiller sur 50 sites ou de tout miser sur un seul, ma stratégie actuelle est de me concentrer sur 2 ou 3 sites majeurs, mais dans des thématiques complètement différentes.
‘Idéalement thématiques différentes. Ça permet de pas être… dépendant d’un partenaire et si ce partenaire il disparaît ou qu’il te la met à l’envers, compliqué.’
Par exemple, je suis actif dans la thématique canine et celle de la rencontre. Si une mise à jour de Google impacte une niche, l’autre n’est généralement pas affectée. Cela lisse le risque. L’objectif n’est pas d’avoir trois petits sites, mais trois projets solides avec un potentiel de revenus significatif chacun. Je préfère trois sites visant 10 000€ par mois plutôt que 15 sites à 2 000€. Cela permet de concentrer les efforts tout en se protégeant.
Diversifier ses partenaires et ses relations
Le risque ne vient pas que de Google. En affiliation, votre principal partenaire peut fermer ses portes du jour au lendemain. Cela m’est arrivé dans la pharma.
‘Du jour au lendemain, une grosse pharma avec laquelle vous avez probablement bossé a fermé. Bah tu vois, c’était c’était la galère quoi.’
Ma stratégie est double. Premièrement, lorsque c’est possible, je répartis ma monétisation sur plusieurs programmes d’affiliation pour qu’aucun ne représente plus de 20-30% de mes revenus. Deuxièmement, et c’est crucial, j’entretiens d’excellentes relations avec plusieurs acteurs de mon écosystème, même ceux avec qui je ne travaille pas activement. Avoir un bon réseau, c’est s’assurer de pouvoir pivoter rapidement et négocier un nouvel accord si un partenaire venait à faire défaut. Une bonne relation avec un affiliate manager peut faire toute la différence en cas de coup dur.
Diversifier ses sources de monétisation
Enfin, au sein même d’un site, il est vital de multiplier les sources de revenus. L’affiliation est mon pilier, mais ce n’est pas le seul. Selon la thématique, j’intègre de la publicité (display ads), je construis une base email pour pouvoir la monétiser via des sponsors ou des produits propres, ou je vends des produits en direct. Plus vous avez de manières de gagner de l’argent avec votre audience, moins vous êtes vulnérable à la perte d’une seule d’entre elles. C’est cet ensemble de protections qui me permet aujourd’hui d’entreprendre avec plus de sérénité, en sachant que mon château de cartes ne s’effondrera pas au premier coup de vent.
Chapitre 6 : Le tremplin ultime, comment l’édition de site a financé DotMarket
L’édition de site m’a tout apporté. Au-delà de l’indépendance financière et géographique, elle a été le socle sur lequel j’ai pu construire la suite de ma carrière d’entrepreneur. Sans les revenus générés par mes sites d’affiliation, un projet comme DotMarket n’aurait tout simplement jamais pu voir le jour. C’est la démonstration la plus concrète que ce business model, souvent qualifié de ‘passif’, est en réalité un puissant levier de création de valeur et un accélérateur de projets.
Un matelas financier pour bâtir l’avenir
Quand nous avons lancé DotMarket, beaucoup de gens étaient sceptiques.
‘Le premier truc qu’on m’a dit c’est ‘tu en vivras jamais et c’est pas possible’. Et en fait, je comprends pourquoi les gens me disaient ça, c’est que le temps que tu puisse en vivre, il faut que tu aies des revenus à côté.’
La première année, tous les coûts de développement technique, les frais légaux, les salaires de l’équipe sortaient de ma poche. Mes sites d’affiliation tournaient en arrière-plan et payaient les factures. Cette sécurité financière a été déterminante. Elle m’a permis de construire le projet sereinement, sans la pression de devoir me verser un salaire immédiatement. J’ai pu me concentrer sur la construction d’un produit de qualité et sur le recrutement des bonnes personnes. C’est une chance immense que beaucoup d’entrepreneurs n’ont pas. L’édition de site m’a offert le luxe du temps, l’actif le plus précieux quand on lance une nouvelle entreprise.
Une crédibilité et une expertise inégalées
Au-delà de l’aspect financier, mon expérience d’éditeur de site est aujourd’hui la pierre angulaire de DotMarket. Quand je discute avec un client, qu’il soit acheteur ou vendeur, je ne suis pas juste un intermédiaire. Je suis quelqu’un qui a vécu les mêmes galères, qui comprend les mises à jour de Google, qui sait ce que c’est que de voir son trafic chuter ou exploser.
‘Quand je parle à un client qui veut vendre ou acheter un site et que je suis capable de partager mon expérience d’éditeur de site, ça fait aussi une différence. C’est notre différence avec DotMarket par rapport aux cabinets classiques, c’est qu’on est des éditeurs de site.’
Cette connaissance intime du produit que nous vendons est notre plus grande force. Elle nous permet d’évaluer les sites avec justesse, de conseiller nos clients de manière pertinente et de construire une relation de confiance. L’édition de site n’a donc pas seulement été un financeur, elle est devenue l’ADN même de mon nouveau projet, lui conférant une légitimité et une expertise que l’argent ne peut pas acheter. C’est la boucle qui se boucle : le savoir-faire acquis sur le terrain est devenu le principal atout de l’entreprise qu’il a permis de créer.
Conclusion : L’édition de site, bien plus qu’un business, une école de vie
Mon parcours, de cette simple page HTML en 2012 à la barre de DotMarket aujourd’hui, illustre une vérité fondamentale : l’édition de site est l’une des meilleures écoles d’entrepreneuriat qui soit. Elle vous apprend la technique, le marketing, la négociation, mais surtout, elle vous enseigne la résilience. Chaque mise à jour de Google est un test, chaque partenariat est une leçon, chaque échec est une opportunité de se réinventer. J’ai appris à la dure que la diversification n’est pas une option, que mettre tous ses œufs dans le même panier est une folie et que les relations humaines sont aussi importantes que les algorithmes.
Ce business m’a offert la liberté, financé mes ambitions et donné une crédibilité inestimable. Il m’a forcé à me structurer, à passer d’une approche artisanale à une véritable stratégie d’entreprise. Si vous vous lancez aujourd’hui, retenez ceci : commencez petit, n’ayez pas peur de l’échec, apprenez de chaque erreur et surtout, construisez votre résilience en diversifiant. Diversifiez vos sites, vos thématiques, vos sources de revenus et vos partenaires. L’édition de site n’est pas un long fleuve tranquille, mais c’est une aventure qui, si vous la menez avec prudence et stratégie, peut vous emmener bien plus loin que vous ne l’imaginez. Pour moi, elle a été le point de départ de tout le reste.
Questions fréquentes (FAQ) sur l’édition de site
Vaut-il mieux créer un gros site d’autorité ou plusieurs petits sites de niche ?
La réponse dépend de votre niveau d’expérience et de vos objectifs. Au début, créer plusieurs petits sites de niche peut être une excellente stratégie pour apprendre rapidement, tester différents marchés et générer vos premiers revenus sans prendre de risques majeurs. Cependant, cette approche est difficile à maintenir sur le long terme. Ma propre expérience m’a montré qu’il est plus judicieux de consolider ses efforts sur 2 à 3 sites d’autorité dans des thématiques distinctes. Cela permet de construire des actifs plus solides, mieux protégés contre les aléas de Google et ayant une plus grande valeur à la revente, tout en diversifiant suffisamment les risques.
‘Je dirais que ma stratégie aujourd’hui, c’est d’avoir deux trois sites mais par contre, je veux que ces sites ils soient vraiment solides. J’en ai pas 15, j’en ai pas un non plus, mais les trois, je vais vraiment investir pour que ça soit des références dans leur thématique.’
Comment se remettre d’une pénalité Google comme la Medic Update ?
Subir une pénalité majeure comme la Medic Update est une épreuve terrible, car elle peut anéantir des années de travail. La première chose à faire est d’analyser froidement la situation pour comprendre les raisons de la chute. Dans le cas de la Medic, il s’agissait d’un manque de crédibilité et d’autorité aux yeux de Google sur des sujets sensibles (santé, finance). La reconstruction passe par un investissement massif dans les signaux E-E-A-T (Expérience, Expertise, Autorité, Confiance), comme faire appel à de vrais experts reconnus. Cependant, la leçon la plus importante est préventive : ne jamais avoir 90% de ses revenus dépendant d’un seul site. La meilleure façon de se ‘remettre’ est d’avoir d’autres actifs qui continuent de performer pour assurer la stabilité financière pendant que vous tentez de redresser la barre.
‘Le fait d’avoir 90 % de mes revenus venant d’un site, le jour où il s’est effondré, ça a piqué et bah tu vois, il m’a fallu quelques mois pour rebondir et retrouver un nouveau business à développer quoi.’
Quels sont les plus grands risques en édition de site et comment s’en protéger ?
Les risques sont multiples. Le plus connu est la dépendance à Google et à ses mises à jour algorithmiques qui peuvent détruire votre trafic du jour au lendemain. Il y a aussi les risques légaux, comme l’utilisation d’un nom de marque dans un nom de domaine, qui peut mener à des poursuites. Enfin, il y a le risque lié aux partenaires : un programme d’affiliation majeur qui ferme ou qui change ses conditions peut anéantir votre monétisation. La protection ultime contre tous ces risques est la diversification : diversifier les sources de trafic (SEO, réseaux sociaux, email), les sites (plusieurs projets dans des niches différentes), les sources de monétisation (affiliation, pub, produits propres) et les partenaires d’affiliation.
‘Tu peux te faire dégommer par Google, ça c’est une chose… mais tu peux aussi perdre le partenariat affilié si celui-ci disparaît. Et ça c’est plus problématique parce que si tu as 10 sites dans la même thématique et que tu as personne qui est capable de revenir monétiser au même niveau, bah tu auras aussi des ennuis.’
Quel est l’avantage d’avoir été affiliate manager avant de devenir éditeur de site ?
C’est un avantage considérable. Avoir été de l’autre côté de la barrière, chez l’annonceur, permet de comprendre parfaitement les attentes et les contraintes des programmes d’affiliation. On sait comment les performances sont analysées, ce qui est considéré comme du trafic de qualité, et comment négocier les commissions. Cela aide à construire des relations de confiance et de respect mutuel avec les affiliate managers. En tant qu’affilié, je sais comment traiter mes partenaires de la manière dont j’aimais que mes propres affiliés me traitent, ce qui mène à des partenariats plus sains et plus durables. C’est une double perspective qui est un véritable atout stratégique.
‘Ayant été affiliate manager chez l’annonceur, je pense que ça m’a donné un petit… je savais comment mes affiliés aimaient être traités et du coup en tant qu’affilié bah je vais vers des gens qui me traitent de la même manière que j’aimais traiter mes affiliés quoi.’
Comment l’édition de site peut-elle financer d’autres projets entrepreneuriaux ?
L’édition de site, une fois qu’un ou plusieurs sites atteignent une certaine maturité, peut générer des revenus récurrents relativement stables avec un temps de gestion limité. Ce flux de trésorerie constant est un levier extraordinaire pour lancer d’autres projets. Il offre une sécurité financière qui permet de prendre des risques calculés, d’investir dans le développement d’un nouveau produit ou service, et de payer les premières charges sans la pression de devoir être rentable dès le premier mois. Dans mon cas, les revenus de mes sites d’affiliation ont payé la totalité des frais de lancement de DotMarket, me donnant le temps de construire une entreprise solide sans avoir à lever des fonds ou à m’endetter.
‘Si j’ai pas mes sites qui tournent à côté, la première année où tout sort de ma poche pour monter la tech, la partie légale et payer mon équipe, bah je le fais pas, tu vois.’
Faut-il se spécialiser dans une seule thématique ou se diversifier ?
Se spécialiser dans une seule thématique permet de devenir un expert reconnu et de créer des synergies entre plusieurs sites (par exemple en faisant des liens entre eux). Cependant, cela crée une énorme dépendance. Si la thématique est touchée par une mise à jour Google, ou si le principal programme d’affiliation du secteur disparaît, tout votre business est en danger. L’idéal est de se diversifier dans des thématiques qui n’ont aucun lien entre elles. Par exemple, être présent dans la niche animale et dans celle du dating. De cette façon, les risques sont décorrélés. Un problème dans un secteur n’affectera pas l’autre, ce qui assure une bien plus grande stabilité à votre portefeuille global de sites.
‘Idéalement, tu as deux trois sites mais pas forcément dans la même thématique parce que sinon tu es quand même dépendant d’un partenaire et si ce partenaire il disparaît ou qu’il te la met à l’envers, compliqué.’




