Introduction : De l’ombre du SEO à la lumière d’un SaaS, mon histoire inattendue
Parfois, les opportunités les plus folles arrivent sans prévenir. Je me souviens encore de cet appel, tard le soir, d’une agence de communication parisienne. Le ton était pressé, la demande surréaliste : ‘Ouais, allô Kevin, écoute, on a besoin d’un truc pour demain matin’. Leur client, un certain ‘monsieur Intel’, était en plein contrôle fiscal. Le Fisc épluchait sa vie, et ils avaient besoin de savoir, pour hier, tous les articles de presse, toutes les photos, toutes les mentions de sa présence en France sur les cinq dernières années. Une véritable mission impossible. L’objectif ? Évaluer le risque, décider s’il fallait négocier ou contester. Je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai tout épluché, tout compilé, tout analysé. Le lendemain matin, un rapport complet était sur leur bureau. Et sur mon compte en banque ? 15 000 €. À l’époque, cette somme représentait une part non négligeable d’une maison. Je me disais : ‘bon ben j’ai 5 % des maisons, c’est cool’.
Cette anecdote, c’est un peu le résumé de mes débuts : un mélange de hasard, de travail acharné et de missions à très gros enjeux. Beaucoup me connaissent aujourd’hui pour SEObserver, mon ‘business principal’, ou pour mes interventions dans la communauté SEO. Mais le chemin pour en arriver là n’a pas été une ligne droite. C’est une succession de ‘bidouilles’, de rencontres sur des forums obscurs, de contrats signés avec des types aux avatars ‘tout chelou’ sur Twitter, et de décisions stratégiques parfois contre-intuitives. Ce n’est pas l’histoire d’un plan parfaitement exécuté, mais plutôt celle d’une adaptation constante à un écosystème, le web, qui ne cesse de changer. Dans cet article, je vais vous raconter comment un site en Flash pour une boîte de maisons écologiques m’a fait basculer dans le SEO, comment je me suis retrouvé à ‘nettoyer’ la réputation de personnes influentes, et pourquoi, après avoir passé des années à construire ma marque personnelle, j’ai décidé de la mettre en retrait pour assurer l’avenir de mon entreprise. C’est un parcours fait de hauts et de bas, de doutes et de révélations, que j’ai envie de partager avec vous sans filtre.
Le déclic : comment un site en Flash m’a propulsé dans le grand bain du SEO
Tout a commencé de manière totalement fortuite, autour de 2007. J’étais en apprentissage dans le cadre de mon master, dans une entreprise qui vendait des maisons écologiques. C’était la grande mode juste avant la crise de 2008. Mon rôle n’avait rien à voir avec le web ; je travaillais sur des process qualité, de l’amélioration continue… des ‘trucs bien chiants’, pour être honnête. Parallèlement, je m’étais formé à la création de sites web, en suivant les standards de l’époque : le W3C, l’accessibilité, le code propre. L’entreprise avait un site internet complètement ‘claqué’, entièrement en Flash. Pour ceux qui s’en souviennent, c’était l’ennemi juré de Google. Un site invisible pour les moteurs de recherche. Voyant cette horreur, j’ai proposé de le refaire. J’ai dit : ‘attendez, moi je je vais le faire quoi’. Je l’ai donc reconstruit, en HTML propre, bien structuré, nickel.
Le résultat a été immédiat et spectaculaire. Du jour au lendemain, le site s’est indexé sur Google. Puis il a commencé à remonter sur des requêtes pertinentes. Et là, le miracle s’est produit : pour la première fois de leur histoire, des prospects ont commencé à les contacter via le site. ‘Oui, bonjour, je suis intéressé par vos produits…’ La direction est tombée des nues. Ils sont venus me voir en me demandant : ‘Kevin, tu as fait quoi ? C’est quoi ce truc de malade, il y a carrément des gens qui nous contactent et tout’. Je n’avais fait qu’appliquer les bonnes pratiques, mais pour eux, c’était de la magie. Ils m’ont immédiatement sorti de ma mission initiale pour me dire : ‘vas-y mets-toi à fond fais en sorte qu’on remonte plus et tout sur Google, c’est trop bien et tout machin’. C’est là que j’ai compris la puissance incroyable du SEO. Je n’optimisais pas un petit site e-commerce ; chaque contact généré pouvait se transformer en une vente de plusieurs centaines de milliers d’euros. J’ai été plongé directement dans le SEO à très, très gros enjeux.
Des forums aux premiers scripts : la naissance d’un bidouilleur
Propulsé dans ce nouvel univers, il fallait que j’apprenne, et vite. Mon premier réflexe a été de me tourner vers les communautés en ligne. J’ai commencé à fréquenter les forums de l’époque, comme WebRankInfo, et je me suis inscrit sur des annuaires, la technique de base du netlinking d’alors. Puis j’ai atterri sur un forum qui a changé la donne pour moi : SF (Script-Fusion). C’est là que j’ai rencontré virtuellement tout le gratin du SEO francophone : Paul Sanches (SEO Blackout), Mathieu (The Black Melvin) et tant d’autres. L’ambiance était incroyable, une culture du partage et de l’expérimentation. Les gens s’échangeaient des scripts, des astuces, des techniques. Je n’étais pas développeur de formation, mais j’ai toujours été un ‘bidouilleur’.
Ma stratégie a été simple : ne pas être un simple consommateur. Quand quelqu’un partageait un script, je le prenais, je le décortiquais, je le modifiais pour l’améliorer ou l’adapter à mes besoins, puis je le repostais pour la communauté. ‘Je les prenais, je les modifiais de mon côté parce que je m’étais formé du coup en c’était même pas du dev, c’était de la de la bidouille. Et je les modifiais, je les repostaient’. C’est comme ça que j’ai commencé à me faire un nom, à monter les échelons. J’essayais toujours d’apporter quelque chose en retour. C’est à cette période que j’ai commencé à explorer la génération de contenu automatisée, avant même que le ‘content spinning’ ne devienne populaire. J’imaginais des systèmes de tableaux pour générer des textes. Cette mentalité de test, de partage et d’amélioration continue, héritée des forums, est restée le socle de mon approche du SEO pendant des années.
Ce parcours m’a permis de quitter mon statut d’apprenti. Une fois le site de l’entreprise bien positionné, mon rôle se justifiait moins. Je me suis donc mis en micro-entreprise, je les ai gardés comme premier client, et j’ai commencé à appliquer tout ce que j’apprenais sur mes propres sites. J’ai réussi à positionner des sites en première position sur de gros mots-clés, ce qui m’a fait repérer et m’a apporté mes premiers clients en prestation de service. La machine était lancée.
L’ère de l’e-réputation : quand le SEO devient un jeu à haut risque et à gros budgets
Après avoir fait mes armes dans l’édition de site et la prestation SEO classique, j’ai rapidement identifié la niche qui, à l’époque, payait le mieux : l’e-réputation. On parle des années 2010-2011. Le principe est simple en apparence : une personne, physique ou morale, a des résultats négatifs qui apparaissent lorsqu’on tape son nom sur Google, et elle veut les faire disparaître. En réalité, c’est un domaine complexe, où la discrétion est reine et où les enjeux financiers et personnels sont colossaux. Quand votre réputation, et donc votre business ou votre vie, est entachée par quelques liens sur une page de résultats, vous êtes prêt à payer très cher pour régler le problème. C’est ce qui en fait un service à très haute valeur ajoutée.
Le danger, c’est que la moindre erreur peut être dévastatrice. ‘Quand tu te fais cramer, c’est très très compliqué parce que si tu te fais cramer en train de faire une opération, tu sais de de voilà de nettoyage de Serpe… ça peut piquer, ouais, ça peut être vraiment très contreproductif’. Si un journaliste découvre que vous manipulez les résultats de recherche, l’article qu’il écrira sera bien pire que le problème initial. C’est un jeu d’équilibriste permanent. Il y a deux grandes approches : soit on ‘noie’ les résultats négatifs en créant et en positionnant de nombreuses ressources positives (sites, profils sociaux, articles de blog), soit on tente de ‘shooter’ directement l’article négatif, en utilisant des techniques plus agressives pour le faire désindexer. Cette seconde option est plus risquée, car un bon SEO en face verra immédiatement qu’il se passe quelque chose d’anormal dans sa Search Console.
Derrière l’anonymat : les leçons business des profils ‘éclatés’
Ce qui m’a le plus marqué dans cette période, ce sont les clients. Ils n’arrivaient jamais par des canaux traditionnels. Je me souviens d’un type qui m’a contacté en message privé sur Twitter. ‘Le gars, il avait un un avatar tout chelou, un nom tout bizarre et tout’. Mon premier réflexe a été la méfiance, j’ai failli ne pas répondre. Il a insisté pour qu’on s’appelle sur Skype. Pour le tester et ne pas perdre mon temps, je lui ai balancé un tarif exorbitant d’entrée de jeu : ‘écoute ouais ouais, ça ça marche mais c’est c’est à partir de c’est une presta, c’est à partir de de 15000 € et ensuite c’est 5000 par mois’. J’ai à peine fini ma phrase qu’il a enchaîné, sans sourciller : ‘Ouais ouais. Et tout de suite en fait, il enchaîne, il dit : et sinon tu peux faire ça comment ? Tu peux commencer quand ?’. J’ai cru qu’il n’avait pas entendu, j’ai répété. Il s’en fichait royalement, il voulait juste commencer.
Cette expérience, et d’autres similaires, m’a appris une leçon fondamentale : ne jamais juger un prospect à son apparence numérique. J’ai collaboré avec des SEO brillants qui utilisaient des pseudos et des photos de profil ‘éclatées’. Il faut mettre son orgueil de côté. Les personnes les plus fortunées et les plus sérieuses sont souvent celles qui cherchent le plus la discrétion. Elles ne vont pas vous contacter avec un profil LinkedIn tiré à quatre épingles. C’est un monde où la confiance et la compétence priment sur tout le reste. C’est aussi un domaine qui impose une ligne éthique claire. J’ai toujours refusé les dossiers que je jugeais moralement indéfendables. On m’a contacté pour des affaires d’agression sexuelle. ‘Ça j’avais dit non. Désolé les mecs, c’est je vous vous débrouillez. Limite je vais rajouter des backling, tu vois’. Savoir dire non est aussi important que de savoir mener une mission à bien.
La genèse de SEObserver : comment mon outil personnel est devenu mon business principal
Pendant toutes ces années de prestation, d’édition de site et d’e-réputation, j’ai toujours gardé une activité de ‘laboratoire’. J’avais besoin de mes propres sites pour tester les dernières techniques de spam, de backlinking, et comprendre en profondeur les rouages de l’algorithme de Google. Pour piloter ces expériences, j’avais besoin de données. Beaucoup de données. Je voulais monitorer l’évolution de milliers de mots-clés, voir qui montait, qui descendait, qui apparaissait soudainement dans les SERPs (les pages de résultats de recherche). À l’époque, il n’y avait pas d’outil qui faisait exactement ce que je voulais, de la manière dont je le voulais. Alors, comme tout bon ‘bidouilleur’, j’ai commencé à me fabriquer ma propre solution. ‘En fait, je me suis fait l’outil pour moi’.
Cet outil personnel m’a donné un avantage concurrentiel énorme. Je me souviens avoir appelé mon ami Rudy Som en lui disant : ‘tiens, il y a un site à toi qui est remonté sur assurance bateau’. Il n’était même pas au courant. ‘Comment tu sais et tout, il était pas au courant, il me dit Ah putain mais comment tu l’as vu et tout’. Mon outil me permettait de voir des mouvements que personne d’autre ne détectait. C’était particulièrement puissant à l’époque du cloaking, une technique qui consiste à montrer une version d’une page à Google et une autre aux utilisateurs. Grâce à mon historique du top 100, je pouvais repérer un site qui se positionnait brièvement avant de disparaître derrière une redirection. C’était une mine d’or d’informations. Petit à petit, j’ai enrichi l’outil, je voulais y ajouter des données de backlinks, plus de métriques… et puis mes amis SEO ont commencé à le voir. Leur réaction a été unanime : ‘trop bien, c’est c’est trop terrible et tout’. C’est là que l’idée a germé : et si je transformais ce projet personnel en un véritable produit, un SaaS (Software as a Service) que je pourrais vendre ? C’est comme ça qu’est né SEObserver.
Le mur de la réalité : négocier avec Majestic et le syndrome de l’imposteur
Avoir une bonne idée et un prototype fonctionnel est une chose. Le transformer en un business viable en est une autre. L’un des premiers obstacles majeurs a été l’intégration des données de backlinks. Pour proposer une analyse complète, je devais m’appuyer sur un fournisseur externe, et le leader à l’époque était Majestic. Le problème, c’est que pour avoir le droit de revendre leurs données via une API, ‘il faut payer, il faut passer à la caisse’. Et le budget était conséquent. J’ai donc dû rencontrer le dirigeant de l’époque, Dixon Jones, pour négocier un contrat. C’est là que j’ai pris une grande leçon d’humilité.
Dans ma tête, j’étais confiant. J’avais toujours eu de bonnes notes en anglais à l’école, je pensais gérer la conversation sans problème. ‘Dans ma tête, je me suis dit ça c’est bon, je gère en anglais. Et en fait non’. La réalité a été brutale. Se retrouver face à un anglophone natif pour parler chiffres, contrats, clauses techniques… ce n’est pas du tout la même chose qu’une conversation de tous les jours. ‘C’est là que tu te rends compte que ton niveau il est éclaté’. J’ai dû batailler, mais j’ai fini par y arriver. Cet épisode m’a montré que pour passer de technicien à entrepreneur, il fallait acquérir tout un tas de compétences qui n’avaient rien à voir avec le code ou le SEO : la négociation, le commercial, la gestion de projet à grande échelle. C’était une étape difficile mais indispensable pour que SEObserver puisse voir le jour.
Personal branding : mon arme à double tranchant
Si je devais identifier le moteur principal de mon succès, avant même la création de SEObserver, je répondrais sans hésiter : mon blog et mon compte Twitter. C’est une affirmation que je pèse : ‘Ces deux trucs là à eux seuls, ils m’ont apporté 90 % de mes de mes opportunités business de mon chiffre d’affaires de ma notoriété de absolument tout’. Tout est parti de là. Pas de publicité payante, pas de prospection agressive. Juste le partage de mon expertise et de mes expériences. Le blog me permettait de toucher des gens qui ne faisaient pas partie de la ‘petite communauté’ SEO de Twitter. Des clients potentiels, des partenaires, des gens qui tapaient des requêtes sur Google et tombaient sur mes articles. Je ne sais même pas ce qu’ils cherchaient, mais beaucoup sont devenus des amis ou des collaborateurs par la suite.
Ma stratégie de contenu a toujours été à l’opposé du ‘SEO de base’. Je n’ai jamais cherché à rédiger des articles de 500 mots pour me positionner sur un mot-clé précis. Je me suis concentré sur des articles de fond, des analyses poussées, des partages de techniques qui apportaient une réelle valeur. Je me souviens d’un article que j’avais publié sur le blog de Moz, expliquant comment forcer des paramètres de géolocalisation dans les URL de Google pour obtenir des résultats de recherche ultra-précis. C’est une micro-niche, mais cet article a eu un impact énorme. Mon astuce a été reprise par presque tous les outils SEO du marché, et il m’a apporté une crédibilité internationale. Un bon blog, avec du contenu de qualité, vous donne une ‘forme d’aura’. C’est une carte de visite exceptionnelle qui prouve votre expertise avant même que vous n’ouvriez la bouche.
Le piège de la célébrité : pourquoi j’ai dû ‘tuer’ la marque Kevin Richard
Pendant des années, j’ai donc consciemment construit ma marque personnelle. J’ai donné des conférences, participé à des événements, j’étais très actif sur les réseaux. SEObserver était intrinsèquement lié à moi. ‘Au début serveur c’était l’outil de Kevin’. Cette stratégie a été extrêmement efficace pour le lancement et la croissance initiale. Le personal branding est un formidable coup de boost. Mais avec le temps, j’ai réalisé que c’était aussi un piège. Une entreprise qui dépend intégralement de l’image de son fondateur n’est pas un actif sain. Elle est fragile et, surtout, elle est invendable. Si un jour je voulais lever des fonds, vendre la société ou simplement prendre du recul, c’était impossible. Les deux entités, Kevin Richard et SEObserver, étaient indissociables.
J’ai donc pris une décision stratégique radicale : faire le chemin inverse. ‘J’ai progressivement je me suis enlevé, je me suis mis en retrait pour justement faire le chemin inverse’. J’ai commencé à moins communiquer en mon nom propre, à faire en sorte que la marque SEObserver vive par elle-même, avec son équipe, ses propres valeurs. C’est un processus long et qui demande de mettre son ego de côté, mais il est fondamental. Il faut comprendre la différence entre être un freelance réputé et construire une entreprise qui a une valeur propre. Le personal branding est le meilleur échafaudage possible pour construire sa maison, mais à un moment donné, il faut retirer l’échafaudage pour que la maison tienne toute seule. C’est la condition sine qua non pour qu’elle puisse un jour être vendue et continuer à prospérer sans vous.
Conclusion : Les leçons d’un parcours SEO non-conventionnel
En regardant en arrière, mon parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille ou d’un business plan millimétré. Il est fait de hasards saisis au vol, comme cette refonte de site en Flash qui a tout déclenché. Il est fait d’opportunités identifiées dans les niches les plus lucratives et les plus risquées, comme l’e-réputation. Il est né de la nécessité, en créant un outil pour répondre à mes propres frustrations avant même d’imaginer en faire un business. Il a été propulsé par le partage et la construction d’une marque personnelle forte, pour ensuite exiger que je m’efface stratégiquement pour laisser le produit grandir par lui-même.
S’il y a quelques leçons à retenir de cette aventure, ce sont celles-ci. Premièrement, la curiosité est votre meilleur atout. ‘Bidouillez’, testez, sortez des sentiers battus. Deuxièmement, n’ayez pas peur des projets à gros enjeux ; c’est là que l’apprentissage est le plus rapide et la valeur créée, la plus grande. Troisièmement, partagez ce que vous savez. Un blog, un compte Twitter, une présence dans une communauté peuvent vous apporter bien plus que n’importe quelle campagne publicitaire. Enfin, ayez une vision à long terme. Sachez faire la différence entre votre personne et votre entreprise. Le but ultime n’est pas d’être indispensable, mais de créer quelque chose qui peut vous survivre. Mon conseil final serait donc de rester ouvert. Aux missions étranges, aux profils ‘chelous’, aux projets annexes qui ne payent pas de mine. Car bien souvent, c’est précisément dans ces zones d’inconfort et d’inattendu que se cachent les plus belles trajectoires.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quel a été le véritable point de départ de votre carrière dans le SEO ?
Mon entrée dans le SEO a été un pur accident. J’effectuais un stage dans une entreprise de maisons écologiques sur des missions de qualité, sans aucun rapport avec le web. Leur site était en Flash, totalement invisible pour Google. Ayant des compétences en création de sites, j’ai proposé de le refaire bénévolement sur mon temps libre. Une fois le nouveau site en ligne, propre et bien structuré, il s’est immédiatement indexé et a commencé à générer des prospects qualifiés, ce qui était une première pour eux. La direction a été si impressionnée par l’impact business direct qu’elle m’a demandé d’arrêter mes missions initiales pour me consacrer à 100% au référencement. C’est ce succès inattendu qui m’a fait prendre conscience de la puissance du SEO sur des produits à forte valeur.
‘En fait, il s’est indexé. Évidemment de quand tu passes de flash à à un site tout propre, bah il s’est indexé, il a commencé à remonter. Et en fait, il y a eu des carrément tu sais pour la première fois, il y a eu des prospects qui sont arrivés sur ce site… dit Kevin, tu as fait quoi ? C’est quoi ce truc de malade, il y a carrément des gens qui nous contactent et tout.’
En quoi consiste exactement le métier de l’e-réputation et pourquoi est-ce si lucratif ?
L’e-réputation consiste à gérer l’image d’une personne ou d’une entreprise sur les moteurs de recherche. Concrètement, un client vient vous voir parce qu’un ou plusieurs articles négatifs (presse, avis, etc.) apparaissent en bonne position sur Google quand on tape son nom. Le but est de faire disparaître ces résultats ou de les reléguer le plus loin possible. C’est un domaine extrêmement lucratif car les enjeux sont immenses. Pour une personne fortunée ou une grande entreprise, une mauvaise réputation peut coûter des millions en opportunités manquées ou en perte de confiance. Ces clients sont donc prêts à allouer des budgets très importants pour ‘nettoyer’ leur image. Le travail est un mélange de SEO, de création de contenu et de stratégie, avec un niveau de discrétion et de gestion du risque très élevé.
‘La e-réputation en gros c’est quelqu’un qui a des articles négatifs qui parlent de lui sur Google et ce mec là veut que ça disparaisse… c’est pas mal parce que généralement c’est des personnes qui te contactent qui ont un gros budget. Tu es quand tu es riche et que ça ça ça te pourrit la vie tu vas être prêt à payer très cher.’
Comment avez-vous eu l’idée de créer l’outil SEObserver ?
SEObserver n’a jamais été conçu comme un produit commercial au départ. C’était mon outil personnel, mon ‘laboratoire’ secret. Pour mes propres projets d’édition de sites et pour analyser la concurrence, j’avais besoin de suivre des milliers de mots-clés et de détecter les moindres mouvements dans les résultats de Google. Aucun outil sur le marché ne répondait précisément à mes besoins, notamment pour repérer des techniques avancées comme le cloaking. J’ai donc développé ma propre solution pour mes besoins internes. Elle me donnait un avantage considérable. L’idée de le commercialiser est venue plus tard, lorsque je l’ai montré à des amis SEO qui ont été bluffés par ses capacités et m’ont dit que je devais absolument le vendre.
‘Je m’étais fait ça pour moi en fait. Et après je me suis dit ah comment est-ce que je pourrais faire? il faudrait rajouter des backling, il faudrait rajouter ça et En fait, je me suis fait l’outil pour moi. Et après… les mes potes à qui je montrais, ils me disait ‘trop bien, c’est c’est trop terrible et tout’. Et du coup je me suis dit bah tiens, je vais le mettre en je vais le passer en SAS et je vais le je vais le vendre.’
Quels ont été les plus grands générateurs d’opportunités pour votre business ?
Sans aucune hésitation, les deux piliers qui ont soutenu et généré la quasi-totalité de mes opportunités commerciales sont mon blog personnel et mon compte Twitter. Ces deux canaux, à eux seuls, représentent environ 90% de mon chiffre d’affaires, de ma notoriété et des collaborations que j’ai pu nouer au fil des ans. Le blog m’a permis de toucher une audience large, au-delà du cercle SEO, en rédigeant des articles de fond qui démontraient mon expertise. Twitter a été crucial pour construire une communauté, échanger avec mes pairs et être visible dans l’écosystème. C’est la preuve qu’une stratégie de contenu authentique et à forte valeur ajoutée est bien plus puissante sur le long terme que n’importe quelle autre forme de marketing.
‘Ce qui m’a apporté le plus de business ça a été mon blog mon compte Twitter. Ces deux trucs là à eux seuls, ils m’ont apporté 90 % de mes de mes opportunités business de mon chiffre d’affaires de ma notoriété de absolument tout est basé sur ces deux choses, le blog et le compte Twitter.’
Pourquoi est-il crucial de séparer son personal branding de son entreprise à long terme ?
Le personal branding est un accélérateur formidable au début : il permet de lancer un produit et de lui donner une crédibilité immédiate grâce à la confiance que les gens vous accordent. Cependant, si l’entreprise reste trop liée à son fondateur, elle devient un actif invendable et fragile. Si tout repose sur vous, vous ne pouvez pas lever de fonds, la vendre ou même prendre des vacances sans que l’activité en pâtisse. La valeur de l’entreprise est alors confondue avec votre valeur personnelle. La démarche stratégique consiste donc à utiliser son image pour lancer le projet, puis à s’effacer progressivement pour que la marque de l’entreprise devienne plus forte que la vôtre. C’est ce qui permet de transformer un ‘one-man-show’ en une véritable entité autonome et valorisable.
‘Quand tu crées une boîte une boîte, un outil, un truc comme ça et que le machin il dépend intégralement de ton image à toi, tu peux pas le revendre… il va être tellement lié à toi que les deux sont indissociable et que du coup si un jour… ça va être forcément plus difficile de lever des fonds, ça va être plus difficile de le vendre.’
Quelle leçon importante avez-vous apprise en traitant avec des clients inattendus ?
La plus grande leçon est de ne jamais juger un prospect sur les apparences, surtout dans le monde digital. J’ai reçu des demandes de la part de profils Twitter avec des pseudonymes étranges et des photos de profil qui n’inspiraient aucune confiance. Mon premier réflexe était souvent le scepticisme. Pourtant, ces contacts se sont souvent révélés être des clients extrêmement sérieux avec des budgets très importants. J’ai appris à mettre mon orgueil et mes préjugés de côté. Dans des métiers comme l’e-réputation, les personnes les plus influentes et fortunées recherchent la discrétion avant tout. Leur présence en ligne ‘éclatée’ est souvent une façade volontaire. Il faut donc traiter chaque demande avec sérieux et professionnalisme, car on ne sait jamais où se cache la prochaine grande opportunité.
‘Souvent je me suis eu des cas comme ça où tu as tu as des gens tu sais qui qui viennent te parler. Tu te dis oh là là, tu sais Pep… tu te dis c’est qui rigolo et en fait non non, le mec c’est pas du tout un rigolo du tout et il faut il faut être faut pas être orgueilleux.’




