De la rue à millionnaire : ce qu’on ne vous dit jamais sur le succès
On adore les belles histoires, celles qui brillent et qui inspirent. La mienne, on l’a souvent résumée par une étiquette un peu ‘putaclic’ : ‘de la rue à millionnaire’. C’est une formule qui claque, qui interpelle, et qui, je le reconnais, a le mérite d’être efficace sur les réseaux sociaux. Mais derrière ces quelques mots se cache une réalité bien plus complexe, bien plus douloureuse, et finalement, bien plus humaine. Derrière la chef d’entreprise qui pèse aujourd’hui plusieurs millions, il y a une femme qui a dû traverser des tempêtes dévastatrices, affronter ses démons les plus profonds et faire des choix qui lui ont fendu le cœur. Car la vérité, c’est que l’entrepreneuriat n’est pas une ascension linéaire vers la gloire. C’est un chemin de transformation personnelle, la plus intense que j’aie jamais connue.
Ce n’est pas une histoire de chiffres d’affaires, de stratégies marketing ou de lancements à six chiffres. C’est l’histoire d’une quête de liberté, née dans la douleur la plus vive. C’est le récit d’une femme qui a dû apprendre à danser avec l’insécurité, à trouver sa force dans le chaos et à lâcher la main de la ‘femme forte’ qui pensait devoir tout porter seule. C’est un parcours où chaque palier de succès a amené son lot de défis, de remises en question et de deuils nécessaires. L’étiquette est séduisante, mais la réalité est une succession de morts et de renaissances. C’est cette histoire, la vraie, que je veux vous raconter aujourd’hui. Loin des fantasmes, je vais vous ouvrir les portes des coulisses de Née pour Impacter, pour vous partager les leçons, les tempêtes et la liberté que j’ai trouvées en chemin.
‘J’ai connu quasiment toutes les blessures de vie qu’il existent, l’abandon, l’humiliation, la trahison, la dépendance affective jusqu’à mes 17 ans où j’ai connu la rue avec ma maman.’
Dans cet échange à cœur ouvert avec Mathilde Arnaud, une femme que j’affectionne profondément, nous allons explorer ce que signifie vraiment entreprendre avec son âme et ses cicatrices. Nous allons parler de ce moment où le succès vous dépasse et vous transforme en une chef d’entreprise que vous n’aviez jamais voulu être. Nous aborderons la peur de déléguer, cette peur du vide qui nous paralyse toutes. Et nous irons toucher à un sujet tabou : l’impact de notre réussite sur nos relations les plus intimes. Préparez-vous, car nous allons au-delà de la surface, là où la vraie transformation opère.
La mission née des blessures : quand votre histoire devient votre plus grande force
Au cœur de chaque entreprise qui a un véritable impact, il y a une histoire. Pas une histoire fabriquée pour le marketing, mais une histoire viscérale, une histoire qui a été vécue dans la chair. Pour moi, Née pour Impacter n’est pas né d’un business plan ou d’une étude de marché. C’est né d’une promesse que je me suis faite à 17 ans, dans le froid d’un restaurant du cœur. C’est là, en voyant une petite fille dans la même situation que moi, que tout a commencé. Une question m’a transpercé l’esprit : ‘Pourquoi on paye ? Pourquoi je paye aujourd’hui pour les violences, l’alcoolisme de mon père ?’ Cette injustice fondamentale a allumé une flamme en moi, une flamme qui ne s’est jamais éteinte.
Cette expérience a été le point de départ d’une quête de 15 ans pour me reconstruire. J’ai exploré toutes les voies possibles : thérapeutes, coachs, psychologues, et même chamans. Chaque rencontre, chaque thérapie était un pas de plus pour panser les blessures d’abandon, d’humiliation et de trahison qui avaient marqué mon enfance. Et un jour, la mission est devenue une évidence. Toutes ces femmes et ces hommes qui m’avaient aidée à devenir celle que j’étais, je devais à mon tour les aider. Je devais mettre mon expérience et mes compétences au service de ces professionnels de l’accompagnement pour qu’ils puissent à leur tour changer des vies.
Transformer la douleur en puissance d’impact
On pense souvent que nos failles, nos traumatismes sont des faiblesses à cacher. Pour moi, c’est tout l’inverse. C’est devenu ma plus grande force. Je suis convaincue que nous sommes ‘élus’ pour accompagner les autres sur les chemins que nous avons nous-mêmes défrichés. Nos épreuves ne sont pas des punitions, mais des initiations. Elles nous donnent une profondeur et une capacité de compréhension que nulle formation ne pourra jamais nous offrir.
‘Je me suis pas pris humiliation, abandon, trahison, deuil traumatique, rue juste pour dire oh la pauvre. Non, je me suis pris ça parce qu’en fait c’est ma mission d’accompagner. Quand une cliente vient vers moi pour me dire Aurélie, je veux bosser sur […] les émotions, sur la dépendance. J’écris une page de vente […] en 2 secondes parce que je l’ai vécu dans ma chair.’
Cette connexion intime à la souffrance de mes clientes est le cœur de mon métier. Je ne vends pas des stratégies, je transmets une énergie de résilience. Je sais ce que c’est que de se sentir au fond du trou, de croire que rien n’est possible. Et c’est précisément parce que je connais ce chemin que je peux guider les autres à en sortir. Mes blessures sont devenues mon super-pouvoir. Elles me permettent de voir au-delà des mots, de sentir ce qui bloque et de catalyser la transformation de manière fulgurante.
Une mission contre les ‘non-choix’ financiers
La mission de Née pour Impacter est donc profondément ancrée dans cette histoire. L’argent, pour moi, n’a jamais été une fin en soi. C’est un moyen, un outil au service de la liberté. La liberté de choix. J’ai vu de trop près ce que le manque d’argent pouvait engendrer : rester dans une relation toxique, habiter dans un logement insalubre, renoncer à ses rêves. C’est ce que j’appelle les ‘non-choix’. Ma mission est simple : faire en sorte que plus aucune femme n’ait à subir ces non-choix par manque de liberté financière.
J’accompagne donc les coachs, thérapeutes et formatrices à construire des business prospères. Oui, je leur apprends à ‘faire de l’argent’. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Derrière chaque euro gagné, il y a une femme qui se réconcilie avec sa valeur, qui reprend son pouvoir, qui renaît de ses cendres et qui, à son tour, va impacter la vie de dizaines, de centaines d’autres personnes. C’est un cercle vertueux de guérison et d’empowerment. C’est ça, la véritable signification de Née pour Impacter.
De la douleur la plus profonde peut donc naître la mission la plus lumineuse. Mais ce chemin n’est pas un long fleuve tranquille. Une fois la mission claire, l’univers se charge de nous tester, de nous pousser dans nos retranchements pour s’assurer que nous sommes prêtes à incarner pleinement notre puissance. Et cela passe souvent par des périodes de chaos et d’inconfort total.
L’insécurité, mon meilleur carburant pour la croissance
Toute ma vie, j’ai couru après une chose : la sécurité. Financière, émotionnelle, amoureuse… C’est une quête logique quand on a connu la rue, l’abandon et la trahison. On se construit une forteresse en se disant : ‘Plus jamais ça’. On cherche à tout contrôler, à tout prévoir, pour s’assurer que le sol ne se dérobera plus jamais sous nos pieds. Pendant des années, j’ai cru que le but de l’entrepreneuriat était d’atteindre ce fameux plateau de sécurité, ce havre de paix où tout serait enfin stable et prévisible. Quelle erreur !
Il y a environ trois ans, j’ai eu une prise de conscience qui a tout changé. J’ai compris que cette sécurité que je cherchais désespérément était une illusion. Pire, c’était un piège. En regardant mon parcours avec honnêteté, j’ai réalisé que les moments où j’avais été la plus créative, la plus puissante, la plus résiliente, étaient précisément les moments où j’étais en insécurité totale. Quand on m’a bousculée, quand on a remis en question mes croyances, quand la vie m’a mise dos au mur. C’est dans l’inconfort que la magie opère. C’est là qu’on est obligé de puiser en soi des ressources qu’on ne soupçonnait même pas.
Le chaos : une invitation à se réinventer
Personne n’aime le chaos. Quand tout s’écroule autour de soi, que les certitudes volent en éclats, notre premier réflexe est de paniquer. J’ai connu quatre grandes ‘tempêtes’ entrepreneuriales en huit ans. Des moments où j’avais l’impression que tout ce que j’avais construit allait disparaître. Et pourtant, avec le recul, chacune de ces tempêtes a été un cadeau déguisé. C’est ce que j’appelle le chaos obligatoire.
‘Le chaos est obligatoire. À un moment donné quand vous restez trop longtemps à un palier de confort […] on vient vous faire une explosion de tempête en pleine face pour vous dire : meuf c’est maintenant qu’il faut que tu joues. […] Et là on vous challenge.’
Quand on atteint un certain niveau de confort, on a tendance à s’endormir sur nos lauriers. On reste dans ce qui est connu, ce qui fonctionne. Mais si notre mission est plus grande que notre zone de confort, l’univers, Dieu, les guides – appelez-le comme vous voulez – se charge de nous secouer. C’est une ‘remontée d’égout’, ce truc désagréable qui vient nous rappeler qu’on n’est pas là pour se la couler douce. C’est une invitation, souvent brutale, à passer au niveau supérieur, à réaligner notre business, nos offres, notre message. Le chaos n’est pas là pour nous détruire, il est là pour nous renouveler.
L’arbre solide face à la tempête
Embrasser l’insécurité ne signifie pas chercher le danger ou vivre dans une précarité constante. Il ne s’agit pas de se faire du mal. Il s’agit de changer de perspective. L’objectif n’est plus d’éviter les tempêtes, mais de construire des racines si profondes qu’on peut y résister. C’est l’image de l’arbre que j’aime tant transmettre. Un arbre solidement ancré. Le vent peut souffler, la tempête peut faire rage, quelques branches peuvent casser, mais le tronc reste debout, les racines tiennent bon.
Notre travail en tant qu’entrepreneure n’est pas de contrôler la météo, mais de renforcer notre ancrage. C’est d’apprendre à naviguer dans l’inconfort, à trouver notre calme intérieur au milieu du tumulte extérieur. C’est cultiver le courage. Pas l’absence de peur, mais la capacité d’agir malgré la peur. Quand le chaos frappe, on s’autorise à pleurer, à être vulnérable, puis on se relève. On se reconnecte à notre mission, à notre ‘pourquoi’, et on avance. Parce que c’est dans ces moments-là que notre leadership est véritablement testé. C’est là qu’on montre de quoi on est vraiment capable.
Cette philosophie de l’insécurité comme moteur a profondément influencé la manière dont mon business a grandi. Une croissance qui, ironiquement, m’a poussée dans des retranchements que je n’avais jamais imaginés, me forçant à endosser un costume que je n’avais jamais désiré : celui de chef d’entreprise.
Le passage non désiré : de coach passionnée à chef d’entreprise malgré moi
Je vais vous faire une confidence, une de celles qu’on entend rarement dans le monde du business où tout le monde semble rêver de bâtir un empire : je n’aime pas être chef d’entreprise. Ça n’a jamais été mon souhait. Mon rêve, ma passion, c’était d’accompagner, de coacher, d’être dans l’humain, de voir l’étincelle dans les yeux d’une cliente qui vient de débloquer quelque chose. Mon but était d’aider les entrepreneures à développer leur business pour qu’elles puissent vivre une ‘vie jouissive’, sans se cramer. Et puis, un jour, je me suis réveillée et le succès m’avait transformée. Sans que je m’en rende compte, j’étais devenue chef d’entreprise.
Cette transition n’a pas été un choix délibéré, mais une conséquence. Une conséquence du succès qui a dépassé toutes mes attentes. Quand vous faites un lancement et que vous générez près de 200 000€ en quatre jours, la première réaction est une joie immense. La seconde, c’est une panique sourde. Comment vais-je gérer autant de clientes, de contrats, de factures, de questions ? C’est à ce moment précis que j’ai compris que mon ‘petit’ business d’accompagnement était devenu une véritable entreprise. Et que je n’y étais absolument pas préparée.
Le succès qui dépasse : quand la croissance devient un fardeau
Le premier palier significatif, celui des 300 000€, a été un véritable électrochoc. Je me suis sentie complètement débordée, étouffée. J’étais devenue ce que j’appelle un ‘pompier de son business’, courant d’un incendie à un autre, sans aucune vision à long terme. Pour une personne comme moi, multipotentielle, avec mille idées à la seconde, cette situation était à la fois stimulante et épuisante. Je sautais d’une tâche à l’autre, submergée par l’opérationnel. Le plaisir de coacher était noyé sous une montagne de tâches administratives et de gestion.
‘Ton enfant qui va au CP ne porte pas les mêmes habits qu’au lycée hein. Il aura un autre cartable, des autres copains. Donc toi quand tu fais ton premier palier des 2K […] ça te demande OK, le niveau des 3K à 5K, c’est des autres conseils, des autres investissements business, une autre équipe.’
J’ai compris à ce moment-là une leçon fondamentale : un business qui grandit a besoin de structures différentes à chaque étape. Les stratégies qui vous amènent à 3 000€ par mois ne sont pas celles qui vous amèneront à 10 000€, et encore moins à 30 000€. Continuer avec les mêmes ‘habits’ alors que votre entreprise a grandi, c’est la recette parfaite pour l’épuisement. La croissance exige de la structure, des process, et surtout, elle exige de ne plus être seule. C’est là que le plus grand de tous les défis s’est présenté à moi : la délégation.
Déléguer ou étouffer : la peur du vide comme dernier rempart
Pour beaucoup d’entrepreneures, et j’en faisais partie, la délégation est un cauchemar. On se cache derrière des excuses bien connues : ‘personne ne le fera aussi bien que moi’, ‘ça ira plus vite si je le fais moi-même’. Mais ce ne sont que des prétextes. Derrière cette résistance se cache une peur bien plus profonde, une peur existentielle : la peur du vide. Déléguer, c’est créer de l’espace dans son agenda, c’est avoir plus de temps libre. Et cette perspective, aussi désirable qu’elle puisse paraître, est terrifiante.
Qu’est-ce que je vais faire de tout ce temps ? Si je ne suis plus indispensable à chaque étape de mon business, qui suis-je ? Si on a moins besoin de moi, est-ce que j’ai encore de la valeur ? Ces questions nous ramènent à nos blessures les plus fondamentales, à notre besoin de contrôle pour nous sentir en sécurité. Lâcher prise, c’est accepter que tout ne soit pas parfait selon nos propres standards. C’est faire confiance. Et faire confiance, quand on a été trahie, c’est l’une des choses les plus difficiles au monde. Ma première expérience de délégation a été un désastre. Poussée par l’urgence, j’ai embauché six personnes d’un coup et je leur ai jeté la ‘patate chaude’ en leur disant ‘débrouillez-vous’. J’ai été une mauvaise manageuse. Mais cette erreur m’a appris une chose : je devais changer, ou mon business allait m’engloutir. Apprendre à déléguer, ce n’était pas seulement une compétence business à acquérir, c’était un chemin de développement personnel à parcourir.
Ce travail intérieur pour accepter de lâcher prise et de faire confiance à une équipe a eu des répercussions bien au-delà de ma vie professionnelle. Il m’a confrontée à des dynamiques similaires dans ma vie la plus intime, révélant le prix parfois très élevé de la réussite.
Le prix de la réussite : quand votre lumière éteint les autres
On parle beaucoup des joies de la réussite : la liberté financière, la reconnaissance, l’impact. Mais on parle très peu de son côté sombre, de la pression qu’elle exerce sur nos relations les plus proches. Quand vous grandissez, vous changez. Votre énergie, vos ambitions, vos conversations évoluent. Et parfois, cette transformation crée un décalage douloureux avec ceux que vous aimez. J’ai vécu cela de la manière la plus intime et la plus difficile qui soit, avec l’homme qui a partagé ma vie pendant sept ans.
C’est lui qui, une nuit où j’étais en larmes, dégoûtée par mon travail de consultante, m’a dit : ‘Aurélie, monte ta boîte’. Nous l’avons fait ensemble, mais nos chemins ont divergé. Mon entreprise a explosé, tandis que la sienne peinait à décoller. Sans qu’aucun de nous ne le veuille vraiment, un déséquilibre s’est installé. J’ai commencé à sentir que ma réussite le dérangeait, qu’elle le mettait mal à l’aise. Par amour, et par peur de le blesser, j’ai commencé à me cacher. Je minimisais mes victoires, je ne parlais plus de mes nouvelles clientes, je célébrais en silence. Je tentais de réduire ma propre lumière pour ne pas lui faire d’ombre. Et à force de faire ça, je m’éteignais.
S’abandonner soi-même : la trahison silencieuse
On accuse souvent les autres de nous abandonner ou de nous trahir. Mais j’ai appris, dans la douleur, une vérité difficile à entendre : les autres nous traitent comme nous nous autorisons à être traitée. Si quelqu’un vous abandonne, c’est souvent parce que vous vous êtes déjà abandonnée en premier lieu. En cachant ma réussite, en étouffant ma joie pour préserver ma relation, je m’abandonnais moi-même. Je ne me respectais pas. Je sacrifiais mon épanouissement sur l’autel de la relation, en espérant que cela suffirait. Mais ce n’est jamais le cas.
‘Les autres te trahissent parce que tu l’acceptes. Les autres t’abandonnent parce que tu t’es abandonné en priorité.’
Cette situation devenait intenable. J’étais obsédée par mon business, non seulement parce qu’il me passionnait, mais aussi parce qu’il était le seul endroit où je pouvais être pleinement moi-même. La relation, qui aurait dû être un refuge, était devenue une source de contraction. Je sentais que je me perdais, que je n’étais plus alignée. Le fossé entre la femme puissante que j’étais dans mon travail et la femme qui se faisait toute petite à la maison était devenu trop grand.
Se choisir pour enfin impacter : la décision qui change tout
Le déclic est venu lors d’une conversation avec une amie entrepreneure, elle aussi prénommée Aurélie. En marchant, au bord des larmes, je lui ai avoué : ‘Je sais pas ce qui se passe mais je suis en train de me perdre’. Sa réponse a été comme un coup de poing en plein cœur, d’une lucidité et d’une puissance incroyables. Elle m’a dit : ‘Je te connais, je sais tout ce que tu as vécu. Comment tu peux impacter des milliers de femmes au quotidien sur scène, dans ton livre et être en train de t’abandonner dans ta relation ?’
Cette phrase a tout fait basculer. Elle a mis en lumière l’incohérence fondamentale dans laquelle je vivais. Je prônais l’empowerment féminin tout en me diminuant dans ma propre vie. Ce jour-là, je suis rentrée à la maison et j’ai pris la décision de me séparer. Ce fut une décision déchirante, mais nécessaire. C’était la décision de me choisir. De choisir mon chemin, ma mission, ma lumière. C’est une leçon que je n’oublierai jamais : on ne peut pas impacter le monde de manière authentique si on s’abandonne soi-même dans sa vie intime. Cette épreuve, aussi douloureuse fut-elle, a ouvert la voie à une autre forme de guérison, celle de ma relation au féminin.
Réconcilier le féminin : construire une sororité au cœur du business
Mon parcours avec le féminin a été tout sauf simple. Enfant, j’ai subi le rejet et le harcèlement scolaire, principalement de la part de filles. Ces expériences ont laissé des cicatrices profondes, créant en moi une méfiance instinctive envers les femmes. La blessure de trahison, initiée par mon propre père, s’est vue renforcée par ces dynamiques de groupe. Pendant longtemps, je me suis sentie plus à l’aise avec les hommes, percevant les relations féminines comme complexes et potentiellement dangereuses. La ‘femme forte’ que j’étais devenue s’était construite en partie sur cette armure, cette idée qu’il fallait se débrouiller seule et ne faire confiance à personne.
Alors, quand on regarde mon business aujourd’hui, on pourrait y voir une grande ironie. Sans l’avoir planifié, j’ai créé un mouvement qui rassemble des milliers de femmes. Mes programmes, mes coachings, mes équipes sont majoritairement féminins. La vie, dans sa grande sagesse, m’a mise exactement là où je devais être pour guérir. Mon entreprise est devenue mon plus grand terrain de réconciliation avec le féminin. Chaque jour, elle me prouve que la sororité, le soutien et l’entraide entre femmes ne sont pas une utopie, mais une réalité puissante et tangible.
Lâcher la ‘femme forte’ pour embrasser la puissance collective
La carapace de la ‘femme forte qui se débrouille toute seule’ est un mécanisme de survie. Elle nous aide à traverser les épreuves quand nous pensons être seules au monde. Mais elle finit par nous isoler et nous épuiser. L’entrepreneuriat m’a forcée à briser cette carapace. Je ne pouvais plus tout faire toute seule. J’ai dû apprendre à demander de l’aide, à faire confiance, à m’entourer.
‘J’ai accepté mon impuissance. Et j’ai accepté de dire qu’il y a des personnes qui sont aussi compétentes que moi qu’ils le feront autrement mais qui sont aussi compétentes. Et ça, ça je me dis waouh putain, j’y suis arrivé, j’ai les bonnes personnes pour mes clientes.’
Confier mes clientes, que je considère comme mes ‘filles’, mes ‘sœurs’, à d’autres coachs de mon équipe a été l’un des pas les plus difficiles mais aussi les plus gratifiants. C’était un lâcher-prise ultime. C’était accepter que je ne suis pas la seule à pouvoir aider, que d’autres femmes ont des talents incroyables et qu’ensemble, notre impact est démultiplié. Voir mes clientes s’épanouir grâce à Mathilde ou d’autres coachs de l’équipe, entendre leurs témoignages élogieux, c’est une joie immense. C’est la preuve que le collectif est plus fort que l’individu.
La guérison par la communauté
Ce qui me touche le plus aujourd’hui, c’est de voir la bienveillance et le soutien qui règnent au sein de mes programmes. Mes propres clientes viennent dans mes challenges pour encourager les nouvelles, pour témoigner de leur parcours. Elles deviennent les ambassadrices du mouvement. Cette sororité active est la plus belle des récompenses. Elle guérit la petite fille en moi qui se sentait rejetée et seule dans la cour de récréation.
Je comprends maintenant que ma mission ne pouvait s’accomplir qu’à travers cette réconciliation. En créant des espaces sécurisants où les femmes peuvent être vulnérables, ambitieuses, spirituelles et puissantes à la fois, je me guéris moi-même. Et je permets à d’autres de faire de même. Nous apprenons ensemble qu’on peut réussir avec les autres, et non contre les autres. Que le féminin peut être un cocon de soutien et de célébration. C’est peut-être ça, finalement, le plus grand impact de Née pour Impacter : prouver que l’on peut construire un business prospère sur des valeurs de cœur, de sororité et d’authenticité.
Conclusion : Votre chaos est la clé de votre liberté
Le chemin ‘de la rue à millionnaire’ est bien plus qu’une trajectoire financière. C’est une odyssée intérieure, un voyage au cœur de ses propres ombres pour y trouver la lumière. Si je devais résumer les leçons de ces années de tempêtes et de succès, ce serait ceci : n’ayez pas peur de votre histoire. Vos blessures, vos épreuves, vos failles ne sont pas des handicaps. Ce sont les fondations de votre mission, la source de votre impact unique au monde. C’est en les embrassant que vous trouverez votre véritable puissance.
Arrêtez de courir après une sécurité illusoire. La vie est mouvement, et la croissance se trouve aux frontières de votre zone de confort. Apprenez à accueillir le chaos comme une opportunité de réinvention, une chance de vous réaligner avec ce qui vous fait vibrer profondément. C’est dans l’inconfort que vous découvrirez de quoi vous êtes réellement capable. Enfin, ne croyez jamais que vous devez tout faire seule. La force n’est pas dans l’isolement, mais dans la capacité à créer du lien, à faire confiance, à construire avec d’autres. Que ce soit une équipe, une communauté ou des amies précieuses, entourez-vous.
Votre parcours entrepreneurial sera le plus grand accélérateur de développement personnel que vous connaîtrez jamais. Il vous mettra face à vos peurs, vos doutes, vos limites. Il vous demandera de faire des choix difficiles, de lâcher ce qui n’a plus lieu d’être, de vous choisir encore et encore. Ce ne sera pas toujours facile, mais je vous le promets, cela en vaut la peine. Car au bout du chemin, il n’y a pas seulement un business qui réussit. Il y a une femme plus libre, plus alignée, plus authentique et plus puissante. Une femme qui a osé être, tout simplement. Et c’est là que se trouve la plus grande des richesses.
FAQ : Les réponses à vos questions sur l’entrepreneuriat authentique
Comment savoir à partir de quand on doit commencer à déléguer ?
Il n’y a pas de chiffre magique, mais le principal indicateur est un sentiment d’étouffement et de stagnation. Quand vous passez plus de temps sur des tâches opérationnelles qui vous épuisent que dans votre zone de génie, c’est le signe qu’il faut déléguer. C’est souvent lorsque votre business grandit trop vite pour vos structures actuelles. N’attendez pas d’être complètement sous l’eau. Commencer petit, même quelques heures par semaine, peut déjà libérer un espace mental et énergétique considérable pour vous concentrer sur la croissance et la vision de votre entreprise, plutôt que d’en être le pompier.
‘Souvent celles qui sont étouffées, c’est qu’elles ont du mal à déléguer, à laisser à d’autres personnes faire certaines choses en se disant il y a que moi qui peut le faire. […] Et à la fin ben… Je suis la meilleure dans ce truc là.’
Est-il normal de se sentir étouffé par son business même quand il réussit ?
C’est non seulement normal, mais c’est un symptôme très courant de la croissance. Un business qui réussit et grandit vite peut devenir un monstre qui vous dévore si vous ne mettez pas en place les bonnes structures pour l’accompagner. Ce sentiment d’étouffement signifie souvent que vous fonctionnez encore comme une solopreneure alors que votre entreprise a atteint une taille qui nécessite une équipe, des process et une délégation. C’est un signal d’alarme qui vous invite à faire évoluer votre rôle, à passer de ‘celle qui fait tout’ à ‘celle qui orchestre’.
‘Moi, ça m’est arrivé à mon premier palier des 300 000 € où je me suis senti complètement débordée, étouffée. J’étais en mode pompier, je sautais d’une tâche à une autre.’
Comment gérer l’impact de sa réussite sur ses relations personnelles ?
C’est l’un des défis les plus délicats. La clé est une communication honnête et le courage de ne pas s’abandonner soi-même. Il est crucial de ne pas cacher ou minimiser sa réussite pour protéger l’autre, car cela vous éteint et crée du ressentiment. Il faut accepter que la croissance puisse créer des décalages. La conversation est essentielle pour voir si votre partenaire est capable de célébrer votre succès et de grandir avec vous. Parfois, malheureusement, cela signifie qu’il faut faire un choix difficile et accepter que certains chemins se séparent pour rester fidèle à soi-même et à sa mission.
‘Je sentais que ma réussite le gênait et l’étouffait lui même en la cachant. Et moi je me disais mais en fait, je me respecte pas et je m’abandonne dans cette relation.’
Faut-il vraiment être dans l’insécurité pour réussir en tant qu’entrepreneur ?
Il ne s’agit pas de rechercher activement l’insécurité pour se faire du mal, mais de changer sa relation avec elle. L’entrepreneuriat est par nature incertain. La clé n’est pas d’atteindre une sécurité absolue, qui est une illusion, mais d’apprendre à naviguer dans l’inconfort. Les moments où vous êtes le plus challengée, où vous n’avez pas le choix, sont souvent ceux où vous puisez dans des ressources insoupçonnées. Il s’agit de développer un ancrage intérieur si solide que vous pouvez accueillir les tempêtes comme des opportunités de croissance, plutôt que de les craindre.
‘Cette sécurité que je voulais absolument, cet ancrage est tout le temps solide, ça n’existe pas et […] là où j’ai été la meilleure, c’est quand j’ai été en insécurité. Quand on est venu me bousculer.’
Comment transformer ses blessures de vie en une force pour son entreprise ?
La première étape est de reconnaître que vos épreuves ne sont pas une honte, mais une initiation. Elles vous ont donné une expertise et une empathie uniques. En les intégrant pleinement, vous pouvez vous connecter à vos clients à un niveau beaucoup plus profond. Vos blessures deviennent le socle de votre mission et la preuve vivante qu’il est possible de s’en sortir. Cela rend votre message et votre marketing incroyablement authentiques et puissants, car vous ne parlez pas de théories, mais de ce que vous avez vécu et transcendé dans votre propre chair.
‘Je suis convaincue que quand on a eu des souffrances de vie, des épreuves de vie, des challenges de vie, je suis convaincue qu’on est élu. […] C’est ma mission d’accompagner.’
Que faire quand on vit une ‘tempête’ ou un chaos dans son business ?
D’abord, respirez et accueillez l’émotion. Vous avez le droit d’avoir peur, d’être triste ou en colère. Accordez-vous un court temps pour vivre cela pleinement. Ensuite, changez de perspective : ce chaos n’est pas une punition, mais un message. Demandez-vous : ‘Qu’est-ce que cette situation essaie de m’apprendre ? Où ne suis-je plus alignée ?’ C’est une invitation à lâcher l’ancien pour faire de la place au nouveau. Reconnectez-vous à votre mission la plus profonde, à votre ‘pourquoi’. C’est ce qui vous donnera le courage de vous relever et de prendre les décisions nécessaires pour naviguer la tempête.
‘Tout s’écroule autour de moi et en fait le chaos est obligatoire. […] On vient vous faire une explosion de tempête en pleine face pour vous dire meuf c’est maintenant qu’il faut que tu joues.’
Comment passer de coach passionnée à chef d’entreprise sans perdre son âme ?
Le secret est de construire l’entreprise autour de votre zone de génie, et non l’inverse. Acceptez que vous ne pouvez pas et ne devez pas tout faire. La clé est de vous entourer de personnes qui aiment faire ce que vous détestez. Déléguer les tâches administratives, juridiques, ou de gestion à des experts vous libère pour vous concentrer sur ce qui vous anime : le coaching, la vision, la création. Gardez des rituels et des moments sacrés pour rester connectée à l’humain et à vos clientes. Le but n’est pas de devenir une gestionnaire froide, mais un leader qui inspire et qui sait s’entourer pour amplifier son impact.
‘Ce qui est gérer les contrats, gérer les factures, […] là j’ai des aigreurs d’estomac. Donc voilà, j’ai trouvé quelqu’un qui sait le faire pour moi, c’est mon double, c’est Gwen.’




