Logo de l'épisode Comment construire votre réseau - avec Enzo Honoré du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

Comment construire votre réseau – avec Enzo Honoré

Épisode diffusé le 16 janvier 2018 par Marketing Mania

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L’art de construire son réseau : la rencontre audacieuse entre Enzo Honoré et Stan Lelou

Quand on parle de développer un business, on pense souvent aux tunnels de vente, à la persuasion, aux systèmes. Mais il existe une compétence, un art que certains maîtrisent à la perfection et qui peut tout changer : savoir construire son réseau. Enzo Honoré est l’une de ces personnes. Comme le dit Stan Lelou, animateur du podcast Marketing Mania, « Enzo, c’est une des meilleures personnes que je connaisse pour construire son réseau. C’est un mec qui est capable de débarquer dans une ville où il connaît personne et en quelques semaines, il va avoir rencontré 50 personnes et il va être devenu meilleur ami avec des millionnaires. »

Cette capacité n’est pas un mythe. Elle repose sur une mentalité, une audace et des stratégies bien réelles. La meilleure façon de le comprendre est de revenir sur l’histoire de sa rencontre avec Stan. Une anecdote qui illustre parfaitement comment faire le premier pas en networking et transformer un simple contact en une relation durable.

De l’auditeur au collaborateur : l’audace de la première prise de contact

Tout commence comme pour beaucoup : Enzo découvre Stan sur internet, via ses conseils en marketing et le podcast Nomade Digital. Il est alors en plein lancement de son activité, voyageant pour la première fois en Asie du Sud-Est. « J’étais à Chiang Mai dans le nord de la Thaïlande et je découvre du coup Nomade Digital et là je suis bercé par les aventures de nomades digitaux », raconte Enzo. Cette inspiration le pousse à agir.

Alors qu’il lance son tout premier produit numérique, il a une idée : contacter les influenceurs de son domaine pour faire de l’affiliation. Un réflexe logique pour toucher plus de monde. Mais comment contacter un influenceur comme Stan Lelou quand on débute de zéro ? Enzo se lance, sans trop d’illusions. « Je me dis au culot, je vais targeter le mec […]. J’ouvre Google, je tape Marketing Mania Stanislas Lelou. Je tombe sur ton sur le site internet Marketing Mania, je vois qu’il y a un formulaire de contact et je rentre un petit message. »

Dans son message, il commence par flatter, par appuyer « là où ça fait du bien », comme il le dit lui-même, avant de formuler sa demande : faire de l’affiliation pour son premier produit. La réponse, prévisible, est un non. Stan ne fait pas d’affiliation de ce type. C’est ici que la plupart des gens auraient abandonné. Mais pas Enzo.

La stratégie machiavélique inspirée par « Influence et Manipulation »

À ce moment précis, une lecture récente va tout changer. Dans un train de nuit pour Chiang Mai, Enzo lisait le fameux livre de Cialdini, « Influence et Manipulation », chaudement recommandé par Stan lui-même. Il se souvient d’un passage clé : « Quand tu veux obtenir quelque chose, demande au-dessus. Demande un peu plus gros, le mec va te mettre un refus et l’humain a du mal à refuser plusieurs fois d’affilée. Si tu retournes ta question, si tu la minimises, tu as plus de chance d’obtenir cette validation. »

Armé de cette technique de networking, il décide de l’appliquer immédiatement. Puisque Stan a refusé la grosse demande (l’affiliation), Enzo enchaîne avec une demande plus petite : une interview. « Je rebondis directement. Ah bah écoute je suis vachement désolé, je suis très déçu, aurais-tu au moins l’obligeance de faire une interview ? Et là, j’appuie en remettant cet argument d’influence et manipulation de Cialdini où j’explique du coup mon process où quand tu as dit non une fois tu peux pas dire non une deuxième fois. »

La stratégie fonctionne. Stan accepte l’interview. Mais Enzo ne s’arrête pas là. Il sait que pour vraiment construire son réseau, il faut passer du virtuel au réel. À la fin de l’interview, il demande à Stan de s’appeler 5 minutes sur WhatsApp. Profitant de la promesse que Stan faisait à la fin de ses podcasts d’offrir une bière à ceux qui passaient dans son coin, Enzo saisit sa chance. « J’ai dit écoute Stan, ça tombe bien, je suis en Asie du Sud-Est. Si je suis dans le coin, est-ce qu’on boit une bière ? » Face à la cohérence de sa propre parole publique, Stan accepte. La réponse d’Enzo est immédiate : « Bah je suis là lundi. » Il prend un van, un train de 14 heures, un avion et débarque à Saïgon. C’est ainsi que la rencontre a eu lieu.

Pourquoi investir temps et argent pour une rencontre ? Le retour sur investissement du networking

La question que Stan se pose, et que beaucoup se poseraient, est simple : « Qu’est-ce que tu veux en retirer ? Parce que quand même tu te déplaces, tu dois payer ton billet, ton hôtel. Qu’est-ce que tu en retires toi de rencontrer un mec comme moi ? » La réponse d’Enzo révèle une vision à long terme du réseautage professionnel.

L’environnement, un moteur de réussite inestimable

Pour Enzo, la valeur du réseau professionnel est immense et ne se mesure pas toujours directement. « Il te faut des gens, il te faut des drivers, il te faut des moteurs autour de toi et on y trouve une force extraordinaire. Moi je suis vraiment pour cette théorie de l’apprentissage par mimétisme et j’étais déjà persuadé que l’environnement avait une force qui était énorme, qui n’avait pas de prix. »

À l’époque, Stan représentait ce qu’Enzo aspirait à devenir : un entrepreneur du web qui réussit, vivant à l’étranger, et à peine plus âgé que lui. « Tu avais réussi là où moi j’étais encore qu’un bébé. Donc dans tous les cas, il y avait quelque chose à apprendre, il y avait quelque chose à découvrir, ça faisait pas un pli. Le fait de traîner avec quelqu’un comme toi, le fait de discuter avec quelqu’un comme toi, j’allais forcément en retirer des choses pour développer mon business, directement ou indirectement. » Cette conviction que l’importance de l’entourage est capitale pour réussir est le moteur de sa démarche.

Un exemple concret du retour sur investissement indirect

Même si Stan et Enzo n’ont pas fait de business directement ensemble à ce moment-là, les retombées ont été considérables. Cette première interview a eu un effet domino. « Le fait d’avoir fait l’interview avec toi m’a fait rencontrer Yannick Chastin », explique Enzo. Yannick, un membre de la formation de Stan, voit la vidéo, apprécie l’énergie d’Enzo et le contacte.

Cette rencontre a été un tournant. « Aujourd’hui, je suis business partner avec Yannick, on a créé beaucoup de choses ensemble. » Le retour sur investissement du networking se chiffre alors en milliers de dollars d’affiliation, mais va bien au-delà. « J’ai rencontré un de mes futurs associés dans le réseau de Yannick avec qui j’ai lancé un autre business. On a fait plus de 50 000 en 2017. Donc ça n’a aucune limite, ça n’a aucun sens. »

C’est la preuve que la valeur d’un contact ne réside pas seulement dans ce qu’il peut vous apporter, mais aussi dans les portes qu’il peut ouvrir vers d’autres personnes. Comme le résume Enzo avec une citation : « L’importance, ce n’est pas forcément ce que tu sais, c’est qui tu connais et qui eux-mêmes connaissent. »

Le talent pour le networking : une compétence innée ou acquise ?

Face à cette aisance, Stan admet que ce n’est pas naturel pour lui : « Pour moi, tu incarnes vraiment ce truc là que moi je n’ai pas. Je dois vachement me forcer à faire ça. » Cela pose une question fondamentale : naît-on bon réseauteur ou le devient-on ? Pour comprendre, il faut revenir au parcours d’Enzo, bien avant l’entrepreneuriat web.

Des débuts d’entrepreneur dès l’adolescence

Depuis son plus jeune âge, Enzo a toujours eu cette « tchatche », cette facilité à aller vers les autres. « Depuis que je suis gamin, tout le monde a toujours dit : “Enzo, on se fera jamais de soucis pour lui, il vendra même n’importe quoi” », confie-t-il. Il y voit aussi un cercle vertueux : « Plus les gens te disent que tu as la tchatche, plus tu commences à croire que tu as la tchatche, plus tu fais pour que la tchatche vienne. »

Cette prédisposition s’est rapidement transformée en actions concrètes. À 15 ans, il proposait déjà ses services. « J’étais le petit gamin de la rue qui savait réparer des ordinateurs. Pour quelqu’un de 50 berges, c’est compliqué de réinstaller un Windows. Au début tu le fais gratuitement et puis de proche en proche, c’était 40 € la réinstallation. » Il a ensuite vendu des formations informatiques à des personnes âgées, comprenant que la valeur pour une grand-mère d’apprendre à recevoir des photos de ses petits-enfants était énorme.

De la réparation d’ordinateurs à l’organisation de soirées

Son esprit entrepreneurial ne s’arrête pas là. Il devient l’intermédiaire de son groupe d’amis, vendant des montres, des bijoux et même des chapelets. Plus tard, en école de commerce, il identifie une nouvelle opportunité. Passionné de danse latine, il se rend compte qu’il n’y a pas de soirées dédiées dans sa ville. « J’ai mon ami DJ, est-ce qu’on n’organiserait pas des soirées latino ? »

Il ne se contente pas de vendre une simple prestation de DJ. Il crée une expérience complète, « la Latina », une soirée mensuelle avec élection de Miss, concours de limbo et cocktails spéciaux. Ce parcours montre que sa capacité à construire son réseau et à créer des opportunités ne date pas d’hier. C’est une seconde nature, développée et affinée au fil des expériences.

Peut-on vraiment apprendre à développer son carnet d’adresses ?

Stan, qui se considère moins naturel dans ce domaine, se demande alors comment progresser. Il identifie une de ses faiblesses : « Je suis très mauvais dans tout ce qui est follow-up. Je rencontre les gens mais au final je ne sais pas trop s’il en ressort des choses parce que je ne vais pas forcément avoir un suivi. »

La question qui reste en suspens est donc de savoir si cette compétence peut réellement s’acquérir. Enzo pense qu’il y a des prédispositions : « Je pense qu’on naît avec des compétences, des traits de caractères qui nous prédestinent ou pas à entreprendre. » Cependant, il insiste sur l’importance de l’envie et de l’engagement total. Pour lui, développer son carnet d’adresses est avant tout une question de mentalité : aimer rencontrer des gens, comprendre leur fonctionnement, et surtout, donner. « Il faut donner, surtout quand tu n’as pas. À l’époque, j’étais personne, je ne faisais pas 1 €. Tu m’as accordé ton temps qui coûtait déjà pas mal de blé. Tu m’as partagé des conseils, ta vision. »

En conclusion, même si une aisance naturelle peut aider, la volonté de construire son réseau, la curiosité envers les autres et la mise en place de stratégies comme l’audace du premier contact, l’application de principes psychologiques et un suivi rigoureux sont des piliers qui peuvent être appris et développés par quiconque souhaite faire de son réseau un véritable accélérateur de succès.

Foire Aux Questions sur le networking

Comment oser contacter quelqu’un d’influent quand on débute ?

La clé est d’agir avec audace et d’avoir une stratégie. Ne craignez pas le refus sur votre première demande, mais utilisez-le comme une porte d’entrée pour une demande plus petite et plus acceptable, comme une simple interview.

« Je me dis au culo, je vais targeter le mec et je vais lui vendre ce qu’il nous vend tous les jours. Si tu veux par biais de cohérence, il peut pas refuser quoi. Tu lui mets ses arguments en face du nez, forcément, ça ne peut que marcher. » – Enzo Honoré

Quelle est la véritable valeur d’investir dans son réseau professionnel ?

La valeur est souvent indirecte et à long terme. Un contact peut vous présenter à votre futur associé ou vous ouvrir des opportunités que vous n’auriez jamais pu prévoir. Le retour sur investissement peut être exponentiel.

« Le fait d’avoir fait l’interview avec toi m’a fait rencontrer Yannick […] et cette année Yannick avec qui du coup tu as fait du business. […] Indirectement entre les affiliations et j’ai rencontré un de mes futurs associés dans le réseau d’Yannick avec qui j’ai lancé un autre business, on a fait plus de 50000 en 2017. Donc ça n’a aucune limite. » – Enzo Honoré

Le networking est-il une compétence innée ou peut-on l’apprendre ?

Certaines personnes ont des prédispositions naturelles pour le contact social. Cependant, la volonté, l’engagement et l’application de stratégies concrètes permettent à quiconque de développer un réseau professionnel efficace. C’est un mélange d’inné et d’acquis.

« Je pense qu’on on est avec des compétences. D’accord ? On est avec des traits de caractères, on est avec des choses qui nous prédestinent ou pas à entreprendre et après c’est surtout une question de d’envie et d’y aller à 200 %. » – Enzo Honoré

Comment utiliser les principes d' »Influence et Manipulation » pour le réseautage ?

Un principe efficace est celui de la concession réciproque : faites une demande importante qui sera probablement refusée, puis enchaînez avec une demande plus petite. La personne sera psychologiquement plus encline à accepter la seconde requête.

« Je lis ce passage où le mec il dit quand tu veux obtenir quelque chose, demande au-dessus. Demande un peu plus gros, le mec va te mettre un refus et l’humain a du mal à refuser plusieurs fois d’affilée et cetera. Si tu retournes ta question, tu le minimises, tu as plus de chance d’obtenir cette validation. » – Enzo Honoré

Pourquoi l’entourage est-il si crucial pour un entrepreneur ?

L’entourage agit comme un moteur et un modèle. S’entourer de personnes qui ont déjà atteint les objectifs que l’on vise permet d’apprendre par mimétisme, d’absorber leur état d’esprit et d’accélérer sa propre progression.

« Moi je suis vraiment pour cette théorie si tu veux de de l’apprentissage par mimétisme et j’étais déjà persuadé avant de découvrir toutes ces choses dans le développement personnel que l’environnement avait une force qui était qui était mais énorme, tu vois qui qui n’avait pas de prix. » – Enzo Honoré

Quelle est la première étape pour construire son réseau dans une nouvelle ville ?

La première étape est d’oser prendre des initiatives et de transformer les contacts virtuels en rencontres réelles. Identifiez les personnes clés de votre secteur dans cette ville et trouvez un prétexte pour les rencontrer, même si cela demande un effort logistique et financier.

« Je te réponds bah je suis là lundi. Donc j’étais dans le nord de la Thaïlande […]. J’ai pris le van, puis 14 heures de train, je suis arrivé à l’aéroport, j’ai pris l’avion pour Saigon, Hochiminville et et me voilà arriver à la maison quoi. » – Enzo Honoré

Comment transformer une simple interview en une relation durable ?

Il faut aller au-delà de l’échange professionnel initial. Proposez une discussion informelle post-interview (un appel, un café) et saisissez les opportunités de créer un lien personnel, comme proposer de se rencontrer si vous êtes de passage dans la même ville.

« À la fin de l’interview je demande à Stan si on peut s’appeler 5 minutes sur WhatsApp pour clôturer. Tu vois, il y avait eu un contact plutôt sympa […]. On continue cette discussion rapidement sur WhatsApp. » – Enzo Honoré

Faut-il avoir de l’argent pour commencer à construire un réseau efficace ?

Non, l’atout principal au début est le temps et la générosité. Offrez votre temps, votre écoute, partagez des conseils. Le fait de donner, même quand on pense n’avoir rien à offrir, est le fondement d’un réseau solide.

« Il faut donner. Il faut donner surtout quand tu as pas. À l’époque, j’étais personne, je faisais pas 1 €. Tu m’as accordé ton temps qui coûtait déjà pas mal de blé. Tu m’as partagé des conseils, tu m’as partagé ta vision. » – Enzo Honoré


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