Du bureau traditionnel au nomadisme digital : le parcours de Sébastien Tissier
Sébastien Tissier fait partie d’une espèce assez rare parmi les entrepreneurs du web. Pourquoi ? Parce que, comme il le dit lui-même, dans une autre vie, il a eu une « vraie boîte entre guillemets ». Une entreprise avec des bureaux, des employés, et toutes les responsabilités qui vont avec. Aujourd’hui, son quotidien a radicalement changé : il vit au Cambodge et est devenu un expert reconnu dans l’acquisition rapide de listes emails.
De la « vraie boîte » à l’expertise en acquisition de leads
Le parcours de Sébastien est celui d’un « vieil entrepreneur qui a pas forcément démarré dans le digital ». Après des années à gérer une entreprise traditionnelle, il s’est reconverti il y a 7 ans en s’installant en Asie. Cette transition n’est pas anodine et colore toute sa vision du business en ligne. Il comprend les défis des entrepreneurs « en dur », ceux qui ne sont pas nés avec un smartphone à la main et qui se sentent parfois perdus face à la révolution numérique.
Black Marketing et LinkLead.io : deux facettes d’un même écosystème
Aujourd’hui, son activité se structure autour de deux projets principaux. D’un côté, Black Marketing, où il développe et enseigne des stratégies de growth hacking. De l’autre, LinkLead.io, un SAS (Software as a Service) qu’il a co-développé avec son associé Julien. Ce logiciel est la continuité logique de son expertise : fournir du contact ciblé de manière automatisée. Comme il l’explique : « mon premier métier en fait c’est un petit peu ça, c’était de fournir des contacts ciblés aux gens ». Ces deux entités sont « totalement liées », Black Marketing se concentrant sur la stratégie et LinkLead sur l’outil qui permet de l’exécuter.
Le modèle SaaS : la quête du revenu récurrent et prévisible
LinkLead.io est un SAS, un acronyme que Sébastien démystifie pour ceux qui ne sont pas familiers avec le jargon tech.
Qu’est-ce qu’un logiciel en ligne (SaaS) ?
Il le définit simplement : « Ouais, bien sûr, c’est un logiciel en ligne en fait. Pendant très longtemps on installait des logiciels sur nos ordinateurs qui impliquaient de mettre à jour tout le temps pour avoir les dernières fonctionnalités. alors que la technologie des services et des software online en fait permet d’avoir quelque chose qui a une plateforme sur laquelle on va se connecter qui donne accès à un ensemble de services ». Il cite en exemple des outils bien connus comme Aweber, GetResponse ou ClickFunnels.
L’avantage de la stabilité financière pour un entrepreneur
Le principal intérêt de ce modèle économique est clair : « la grosse particularité de ce business model, c’est le revenu récurrent ». Contrairement aux ventes uniques, un modèle SaaS basé sur des abonnements mensuels ou annuels offre une visibilité cruciale. « C’est exactement ça l’intérêt c’est d’avoir une visibilité sur ce qu’on peut développer […] sur ce type de business, on est sur des forfaits mensuels qui permettent aux gens d’avoir plus de souplesse et à nous de l’autre côté d’avoir des revenus qui soient plus stables et plus prévisibles aussi. »
La stratégie des formations en ligne : un produit d’appel pour des prestations haut de gamme
Pour Black Marketing, les revenus ne proviennent pas uniquement des logiciels. Une part importante vient des formations et des prestations de service. Sébastien a une vision très claire de la place de chaque offre dans son écosystème.
Comment les formations servent de porte d’entrée
Sébastien voit ses formations comme « une grosse porte d’entrée ». Elles ne constituent pas la majeure partie de son chiffre d’affaires, mais elles sont essentielles pour attirer et qualifier ses clients. Il s’adresse souvent à des entrepreneurs traditionnels, des gens qui ont « des vrais business en dur » et qui sont « un peu perdus dans cette révolution numérique ». Ces formations leur permettent de découvrir son expertise. « Les formations ça fait de bonnes portes d’entrée et puis on développe énormément de prestations qui sont effectivement beaucoup plus chères ». La transition se fait naturellement : après avoir acheté une formation, le client réalise le travail à accomplir et demande souvent de l’aide. « Souvent effectivement, on me demande un coup de main pour le coup pour bah aller plus loin, pour éventuellement le faire pour eux et c’est là où ça fait sens effectivement. »
Le format « plan d’action » : créer des formations rapidement et efficacement
Contrairement à l’idée reçue qu’une formation demande un temps de création colossal, Sébastien a une approche bien plus agile, inspirée de l’école de Jean Rivière. « J’ai l’habitude de produire beaucoup de formations. J’en produis trois à quatre par mois. » Le secret ? Se concentrer sur des plans d’action rapides et ciblés. « Tu peux faire des plans d’action rapides qui donnent beaucoup de valeur aux gens qui sont focus sur un aspect précis à résoudre et qui vont permettre de voilà en 2 heures de temps de balayer bien le sujet. » Une formation type chez lui se compose de « six modules d’à peu près 20 minutes », principalement sous forme de PowerPoint ou de screencast, sans montage superflu. L’objectif est l’efficacité, pas la superproduction.
Growth hacking : les techniques de pointe pour une acquisition de leads massive
Le cœur de l’expertise de Sébastien réside dans sa capacité à générer des contacts ciblés, souvent grâce à des techniques audacieuses de growth hacking, notamment sur Facebook.
Les hacks Facebook : construire une audience qualifiée dès le départ
Il a développé toute une collection de « hacks » pour Facebook. Par exemple, une méthode pour « créer ta page avec tes 1000 premiers fans Facebook, tes vrais fans ». Il insiste sur l’erreur commune que beaucoup commettent : « demander un peu à tout le monde d’une manière inconsidérée de liker leur page alors que ça sert à rien et même que c’est plutôt pénalisant dans le sens où ça va biaiser les algorithmes ».
La méthode controversée pour récupérer les emails ciblés
L’une de ses techniques les plus puissantes, qu’il ne dévoile pas publiquement pour la préserver, consiste à récupérer les adresses email de personnes très ciblées sur Facebook. « On peut faire un peu de growth hacking avec ça en récupérant en fait des contacts très ciblés chez ses concurrents ». Il décrit un processus qui permet d’analyser les audiences des concurrents (les personnes qui ont liké, commenté ou partagé une publicité) et de récupérer leurs vrais emails. « Autant dire que tu peux piocher directement dans les clients de tes concurrents. » Il raconte l’avoir fait lui-même pour lancer Black Marketing, en ciblant les membres de groupes Facebook privés liés à des formations coûteuses. Il connaissait ainsi leurs besoins et pouvait leur proposer une offre complémentaire.
L’importance cruciale de la stratégie derrière le « hack »
Cependant, il met en garde : un outil, aussi puissant soit-il, n’est rien sans une stratégie intelligente. « L’idée c’est toujours que finalement le hack c’est un peu le truc qui brille mais derrière ça, il faut quand même une stratégie. C’est bien beau d’avoir des emails, il faut savoir les exploiter, il faut savoir quoi en faire […] il faut pas les mettre entre les mains de n’importe qui et puis surtout il faut pas les exécuter n’importe comment. » Une mauvaise utilisation peut être « ultra dommageable autant pour la stratégie que pour sa propre image ».
LinkLead.io : l’outil ultime pour générer des contacts ciblés en B2B
Si Black Marketing est la stratégie, LinkLead.io est la machine de guerre pour l’acquisition de leads. Le logiciel a été conçu pour aller « plus vite et moins cher » que les méthodes traditionnelles (landing page, blog, publicité).
Exploiter les bases de données publiques et le scraping
L’outil s’appuie sur plusieurs sources de données massives. Premièrement, la base de données Sirène, enrichie, qui permet en « trois clics » de sortir des listes de milliers de professionnels, comme « 10 000 jardiniers en France ». Deuxièmement, une base de données de tous les noms de domaine en .fr, qu’ils ont scrapée et enrichie. Enfin, la source la plus pertinente aujourd’hui : LinkedIn.
Pourquoi LinkedIn est une mine d’or sous-exploitée
Pour Sébastien, le constat est sans appel : « LinkedIn c’est le premier réseau social professionnel au monde. il est largement sous-exploité ». Son énorme avantage est sa capacité à cibler des profils professionnels avec une précision chirurgicale, chose impossible sur Facebook. « Tu vas pas pouvoir sélectionner en publicité ou trouver un groupe de directeurs commerciaux ou un groupe de DRH. Alors que sur LinkedIn on a capacité effectivement à cibler des professionnels de cette manière-là. » Son logiciel utilise ensuite des algorithmes pour reconstituer, tester et valider les adresses email professionnelles de ces profils.
Le cadre légal de la prospection par email en B2B
Il précise un point de droit essentiel qui rend cette approche possible : « dans le domaine de l’entreprise, on a encore pour l’instant la capacité à utiliser du mailing sans opt-in préalable contrairement aux particuliers ». On peut donc contacter un professionnel sans son consentement, à condition que « ta proposition doit être en rapport avec son poste ».
De l’appel à froid au marketing digital : les leçons d’un vendeur-né
Cette obsession pour le contact ciblé ne vient pas de nulle part. Elle est ancrée dans sa première expérience entrepreneuriale, bien avant l’ère du digital.
L’école de la vente « en dur » : une usine à produire des rendez-vous
À l’origine, Sébastien se définit avant tout comme un vendeur. « Moi je suis plutôt un vendeur finalement qu’autre chose quoi. » Sa première boîte, montée en 1999, vendait des rendez-vous qualifiés à des promoteurs immobiliers. Son rôle était de fournir la matière première aux commerciaux, qui étaient bons pour vendre mais « mauvais pour prendre des rendez-vous ». Son entreprise était une véritable « usine à produire du rendez-vous », avec des processus très précis. « Ça ressemblait à avoir 15 personnes qui passent 80 coups de fils par heure et qui font ça 7 à 8h par jour. »
L’obligation de vendre : une pression formatrice
Cette expérience lui a appris une chose fondamentale : l’obligation de vendre. « Quand le banquier te demande d’avoir de l’argent, quand tout le monde te demande d’avoir de l’argent, bah tu es obligé de vendre. » Les charges sociales, la TVA, l’Urssaf… Toutes ces contraintes du monde réel créent une pression qui n’existe plus de la même manière sur le net. « Aujourd’hui on est un peu dans quelque chose, on travaille quand même dans le confort ».
Pourquoi faire la transition vers le web ? Les motivations d’un changement de vie
Alors, qu’est-ce qui a poussé Sébastien à faire cette transition que si peu de ses pairs de l’époque ont osée ? La réponse est double et surprenante.
La « fénéantise créative » comme moteur d’automatisation
Sa première motivation est ce qu’il appelle avec humour la « fénéantise ». « Quand je dis fénéantise, c’est que ça t’oblige à développer des choses pour devenir plus fénéant. C’est ça te rend plus créatif et ça t’oblige à chercher des petits trucs, des astuces, des choses pour faire la même chose mais en plus facilement. » Cette mentalité est au cœur de l’automatisation et de l’optimisation, des piliers du marketing digital.
Se libérer des contraintes d’une structure physique
La seconde raison était une envie profonde de partir, de quitter la France. Le business traditionnel était un « boulet au pied ». « Quand tu es une petite structure […] les vacances, les fermetures, les ouvertures, c’est un peu toi qui les fait, tu fais un peu tout et n’importe quoi en réalité. » Le passage au digital lui a offert la liberté de se défaire de toute cette lourdeur : les bureaux, les salariés, les comptables. Une liberté qui lui a permis de réaliser son rêve de s’installer à l’autre bout du monde, une aspiration que beaucoup de ses clients partagent aujourd’hui.
Questions fréquentes sur l’acquisition de leads et le business en ligne
Quelle est la meilleure technique pour collecter des listes d’emails rapidement ?
Réponse directe : Les techniques de growth hacking, comme l’extraction d’emails ciblés des audiences de vos concurrents sur les réseaux sociaux, permettent une acquisition ultra-rapide. Cependant, elles doivent être utilisées avec une stratégie solide pour être efficaces et ne pas nuire à votre image de marque.
Citation de l’expert : « On peut faire un peu de growth hacking avec ça en récupérant en fait des contacts très ciblés chez ses concurrents par exemple, en en exploitant des des petites choses avec des programmes qui permettent d’aller analyser les audiences de gens qui ont liké un post ou partagé ou commenté. »
Comment utiliser LinkedIn pour la génération de leads B2B ?
Réponse directe : LinkedIn est une plateforme sous-exploitée qui permet de cibler des professionnels avec une grande précision (par poste, entreprise, secteur). En utilisant des outils d’automatisation et de scraping, il est possible de constituer des listes de contacts qualifiés et de récupérer leurs adresses email professionnelles.
Citation de l’expert : « LinkedIn c’est le premier réseau social professionnel au monde. il est largement sous-exploité […] sur LinkedIn on a capacité effectivement à cibler des professionnels […] Et ensuite on a des algorithmes qui nous permettent de reconstituer, de tester, de valider des adresses email. »
Est-il possible de passer d’un business traditionnel à un business en ligne ?
Réponse directe : Oui, la transition est tout à fait possible. Elle est souvent motivée par la recherche de flexibilité, de réduction des coûts fixes (bureaux, salariés) et d’un meilleur style de vie. Cela demande une adaptation mais permet de se libérer de nombreuses contraintes physiques et administratives.
Citation de l’expert : « Cette frustration, ça a donné l’envie quand j’ai plus besoin d’avoir effectivement toute une grosse structure juridique, des salariés, des employés, des bureaux, des comptables […] et ça ça m’a permis justement de pouvoir partir. »
Qu’est-ce qu’un business model SaaS et quels sont ses avantages ?
Réponse directe : Un SaaS (Software as a Service) est un logiciel en ligne accessible via un abonnement. Son principal avantage est de générer des revenus récurrents (mensuels ou annuels), ce qui offre une grande stabilité et une meilleure prévisibilité financière pour l’entreprise.
Citation de l’expert : « La grosse particularité de ce business model, c’est le revenu récurrent […] on est sur des forfaits mensuels qui permettent aux gens d’avoir plus de souplesse et à nous de l’autre côté d’avoir des revenus qui soient plus stables et plus prévisibles aussi. »
Une formation en ligne peut-elle servir de produit d’appel ?
Réponse directe : Absolument. Une formation, même courte et peu coûteuse, est une excellente porte d’entrée pour démontrer votre expertise. Elle attire des clients potentiels qui, une fois convaincus de votre valeur, sont plus enclins à acheter des prestations de service plus chères.
Citation de l’expert : « Les formations ça fait de bonnes portes d’entrée et puis on développe énormément de prestations qui sont effectivement beaucoup plus chères […] souvent effectivement, on me demande un coup de main pour le coup pour bah aller plus loin, pour éventuellement le faire pour eux. »
Est-il légal de contacter des professionnels par email sans leur consentement ?
Réponse directe : En B2B (Business to Business), la législation est plus souple qu’en B2C. Il est possible d’envoyer un email de prospection sans consentement préalable, à condition que l’offre soit en rapport direct avec la fonction professionnelle de la personne contactée.
Citation de l’expert : « Dans le domaine de l’entreprise, on a encore pour l’instant la capacité à utiliser du mailing sans opt-in préalable contrairement aux particuliers […] si on respecte le cadre de la loi qui est de dire que ta proposition doit être en rapport avec son poste. »
Combien de temps faut-il pour créer une formation en ligne ?
Réponse directe : La création d’une formation peut être très rapide si l’on adopte un format de ‘plan d’action’ ciblé. En se concentrant sur la résolution d’un problème précis en 2 heures de contenu, il est possible de produire plusieurs formations par mois.
Citation de l’expert : « Moi j’ai l’habitude de produire beaucoup de formations. J’en produis trois à quatre par mois […] tu peux faire des plans d’action rapides qui donnent beaucoup de valeur aux gens qui sont focus sur un aspect précis à résoudre. »
Quelle est la plus grande différence entre l’entrepreneuriat « en dur » et le digital ?
Réponse directe : La principale différence réside dans la pression financière et les contraintes structurelles. Un business ‘en dur’ avec des charges fixes (loyer, salaires) impose une ‘obligation de vendre’ constante, une mentalité qui peut manquer aux entrepreneurs du web qui évoluent dans un environnement plus confortable.
Citation de l’expert : « Tous les mois, tous les trimestres, se rappeler à toi et à ton bon souvenir en fait les charges sociales, la TVA, l’Urssaf et cetera. Et tout ça en fait c’est une mécanique […] qui t’apprend l’obligation de vendre. »




