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Rédiger pour le web – avec Lucie Rondelet

Épisode diffusé le 4 décembre 2018 par Marketing Mania

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Les débuts de Lucie Rondelet en rédaction web : d’un complément de revenu à une carrière

Lucie Rondelet a démarré en tant que rédactrice web pour arrondir ses fins de mois. C’était une solution qui a très bien fonctionné pour elle, au point qu’aujourd’hui, elle forme d’autres rédacteurs et a même créé une plateforme les mettant en contact avec des clients. Mais comment a-t-elle commencé ?

Elle nous raconte : « Je m’y suis intéressée quand je vivais en Martinique. J’avais un conjoint qui avait un salaire assez élevé et moi j’étais au SMIC. On avait un rythme de vie un petit peu trop élevé pour mon salaire et comme on partageait tous les frais, il fallait que je puisse assurer. Donc j’ai tapé sur internet ‘comment arrondir ses fins de mois’ et je suis tombée sur un site qui expliquait comment on pouvait gagner de l’argent sur internet en écrivant et on était payé au mot. »

Cette découverte a été une révélation pour Lucie. Elle poursuit : « Moi qui ai des parents commerçants qui ont bien galéré toute leur vie pour gérer des stocks, revendre des trucs, se faire des petites marges et tout, je me suis dit mais là tu as juste besoin de ton cerveau, tu es pas trop mauvaise en français. Donc tu peux écrire et gagner de l’argent comme ça. » Elle a donc commencé sur des plateformes de rédaction, puis s’y est mise à fond pendant son congé maternité avant de créer son entreprise en Nouvelle-Calédonie.

Comment trouver ses premiers clients en rédaction web : la méthode de prospection directe

Le passage au statut de freelance à temps plein a été un succès immédiat pour Lucie. Qu’est-ce qui a fait que ça a décollé si vite ? La réponse tient en deux mots : prospection directe.

La transition des plateformes au démarchage

Lucie explique sa stratégie : « Ce qui a fait que ça a décollé, c’est que j’ai démarché mes propres clients très très vite. Je passais uniquement par les plateformes et quand j’ai su qu’on allait quitter la Martinique pour la Nouvelle-Calédonie, c’était l’occasion de démissionner et de tenter ma chance. »

Elle s’est donné une fenêtre de trois mois pour construire son portefeuille client avant même d’avoir officiellement créé son entreprise. « Ce que j’ai fait c’est que j’ai démarché des clients pendant 3 mois et dès que j’ai créé mon entreprise, j’ai commencé à travailler pour eux en leur disant ‘j’ai pas d’entreprise mais dès que j’aurai un numéro, je vous facturerai’. J’ai commencé à travailler entre mai et août et dès que j’ai créé mon entreprise, je les ai facturés et là c’est parti, j’avais déjà tout un portefeuille client dès le début. »

Le processus de prospection détaillé

Comment s’y prenait-elle concrètement ? Lucie a très vite compris qu’il y avait une opportunité immense. « En ayant mes propres clients sur les plateformes, j’ai très vite compris qu’il y avait des milliers et des milliers de sites qui avaient du mauvais contenu. Soit du contenu plein de fautes, soit des sites qui manquaient de contenu tout simplement. »

Sa méthode était simple et efficace :

  1. Identifier les sites à améliorer : « En naviguant sur internet, je me rendais compte qu’il y avait énormément de sites qui avaient besoin de contenu et que même, il y avait plus de sites qui avaient besoin de contenu que de sites bien faits. »
  2. Rechercher les contacts : « Je suis allée dans les mentions légales, j’ai récupéré les contacts. »
  3. Envoyer un email personnalisé : « À chaque fois j’envoyais un mail personnalisé pour dire ‘voilà ce que je pense de votre site, avec mon humble avis. Je pense que vous pourriez améliorer ci, ça, ça, peut-être que si vous faisiez appel à moi, je pourrais faire ci, ça, ça pour votre site’. »

Cette approche proactive a porté ses fruits. « J’ai eu quatre ou cinq clients stables, fiables et sur le long terme pratiquement dès le début en faisant comme ça. » Pour obtenir ces clients, elle estime avoir contacté entre 30 et 50 sites, un taux de conversion remarquable pour une prospection à froid.

Comment cibler les clients qui ont un budget ?

Une des clés du succès de Lucie a été sa capacité à identifier les sites susceptibles d’investir dans du contenu de qualité. Elle explique avoir très vite compris « la puissance du web » en suivant des entrepreneurs comme Olivier Roland. « J’ai compris qu’il y avait des gens qui avec des sites internet gagnaient de l’argent, parfois beaucoup d’argent. Donc j’ai ciblé ces personnes-là en fait. »

Ses critères de filtrage étaient les suivants : « Je regardais soit des sites qui étaient qui avaient l’air un peu connus mais qui avaient du contenu de mauvaise qualité ou alors j’essayais de trouver des sites qui étaient monétisés souvent par le biais de formations en ligne ou de vente de produits. Dès que je voyais que c’était un site qui générait du chiffre d’affaires, ben je me disais c’est bon, il aura peut-être une enveloppe rédaction pour moi. »

Construire sa crédibilité : l’importance du portfolio en rédaction web

En rédaction web, le CV est souvent secondaire. Ce qui compte vraiment, ce sont les preuves de votre savoir-faire. Lucie confirme : « On m’a jamais demandé de CV en rédaction web depuis que j’ai commencé. On m’a jamais non plus demandé trop de références. On m’a dit ‘Est-ce que vous avez des exemples de texte ?' »

Créer un portfolio de rédacteur web varié et efficace

Alors, que doit contenir ce fameux portfolio ? Lucie conseille à ses élèves de se créer un portfolio le plus varié possible pour « montrer qu’on est un rédacteur web caméléon, qu’on est capable de vraiment s’imprégner du site du client et de faire des articles en fonction du message qu’il veut transmettre. »

Elle recommande d’avoir « 10 ou 20 URL sur des thèmes très variés, si possible, voilà des sites d’avocats, de notaires mais aussi l’immobilier, des articles de blogs, cuisine, tout ça, vraiment essayer de varier au max. Et puis comme ça ben quand on démarche un client, on lui montre des exemples soit très variés, soit en lui disant ‘Ben voilà, j’ai fait quelque chose qui est assez proche de votre site’. »

Faut-il se spécialiser ou rester généraliste ?

La polyvalence est une force au début, mais la spécialisation devient un atout avec l’expérience. Lucie conseille de se spécialiser « à la fin, en fait. Une fois qu’on est un vrai rédacteur web SEO. » Pourquoi ? Parce que les défis forgent le talent.

« Les élèves qui s’en sortent le mieux, les meilleurs rédacteurs, c’est vraiment ceux qui ont travaillé sur des choses très difficiles. Si tu fais des articles super difficiles, très optimisés, où tu peux passer une journée dessus… une fois que tu as fait tout ce travail où tu sors de ta zone de confort, ben après quand tu reviens dans ta zone de confort, tu écris beaucoup plus vite et peut-être avec un style beaucoup plus spontané. »

Combien gagne un rédacteur web ? Tarifs, rentabilité et vitesse de rédaction

La question de la rémunération est centrale pour tout freelance. En rédaction web, plusieurs facteurs entrent en jeu, mais le plus important est sans doute la vitesse d’écriture.

La gymnastique de la rédaction rapide

Lucie a constaté une énorme différence de productivité chez les rédacteurs. « Je voyais des rédacteurs web déchus qui râlaient, qui disaient qu’ils rédigeaient entre 100 et 300 mots de l’heure. Moi, j’en rédige en moyenne, quand je suis sur un sujet qui me plaît, 1000 et pour écrire ma formation ou sur mon blog, je peux écrire jusqu’à 2000 mots de l’heure. »

Cette vitesse est le fruit d’un entraînement constant. « C’est vraiment une gymnastique qu’il faut faire et si on ne fait pas cette gymnastique, et ben on n’est pas rentable. Quelqu’un qui écrit 300 mots dans une journée et qui le vend à 5 centimes le mot, c’est pas super rentable, alors que si tu arrives à écrire 2000-3000 mots même si tu es à 6 centimes le mot, bah voilà, ça te fait des bonnes journées à 150-180 €. » C’est pourquoi elle estime qu’une formation sérieuse doit durer au minimum six mois, pour laisser le temps de s’entraîner.

Comment fixer ses prix en tant que rédacteur web ?

La tarification est un sujet complexe. Lucie explique : « C’est très compliqué la tarification en rédaction web parce que tu as des très très grosses boîtes qui vont te payer du 20 centimes le mot pour des textes pas extraordinaires. Et puis tu en as d’autres qui pour la même chose vont te proposer 4 centimes le mot. Ça dépend en fait plus du budget de l’entreprise que du résultat. »

Face à cette disparité, le rédacteur doit prendre le contrôle. « Le rédacteur web doit réussir lui-même à lancer suffisamment d’hameçons pour pouvoir lui choisir ses clients et définir son prix en fonction de son rapport qualité-temps-rémunération. »

La solution de Lucie ? Raisonner en taux horaire. « Avant de créer ma formation, je m’étais fixé que je refusais de travailler si je gagnais moins de 40 € de l’heure, je parle en TTC. Je testais les clients et si je voyais que je gagnais moins de 40 € de l’heure, je refusais les clients. Il faut pas avoir peur de refuser des clients parce qu’en fait des clients, il y en a vraiment à l’infini. »

Les secrets de la rédaction SEO qui fonctionne aujourd’hui

La rédaction web est indissociable du SEO (Search Engine Optimization). Pour Lucie, c’est même un pilier. « Dans ma formation, c’est peut-être 50 % des cours. Aujourd’hui, pour moi, c’est indispensable de faire des articles optimisés. J’irai même presque jusqu’à dire que faire des articles non optimisés ne sert à rien sur le long terme. »

L’évolution du SEO : de la triche à l’expérience utilisateur

Les pratiques SEO ont radicalement changé. Lucie se souvient des débuts : « Au début quand j’ai commencé, on devait intégrer des mots clés avec des fautes d’orthographe. Il y avait carrément des gens qui créaient une liste de mots clés, qui les mettaient en bas de leur page et qui mettaient le fond de la même couleur pour en essayant de gruger Google. Ça marchait à une époque. »

Aujourd’hui, l’approche est totalement différente. « Google essaie de plus en plus de se diriger vers l’UX, l’expérience utilisateur. Le but de Google c’est de se rapprocher le plus possible du cerveau humain. Le but ultime c’est que ça plaise à l’internaute parce que si ça plaît à l’internaute, ça plaira à Google. »

Les métriques actuelles le prouvent : « Google prend en compte le temps passé sur la page, il prend en compte le pourcentage de taux de rebond, il prend en compte la fidélité au site. Tout ce qui est bourrage de mots clés, pour moi c’est vraiment pas ça qui va marcher à l’avenir. »

Quelles sont les techniques de rédaction SEO encore valables ?

Si le bourrage de mots-clés est obsolète, que reste-t-il ? Lucie se concentre sur des éléments logiques et centrés sur le lecteur.

  • Le Title (la balise titre) : « Je me concentre principalement sur le title. Il faut impérativement qu’il ait une requête clé, et qu’elle n’ait pas dans sa deuxième partie une deuxième requête clé qui vient la concurrencer. Par exemple, si je veux ranquer sur ‘comment devenir rédacteur web’, il ne faut pas que je mette ‘comment devenir rédacteur web : méthode efficace pour bien écrire’. Google ne comprend pas. Si je mets ‘comment devenir rédacteur web’, je vais mettre par exemple ‘barre verticale 9 astuces’. »
  • L’introduction : « Je mise énormément sur l’intro. Google va se calquer sur le regard et le cerveau humain, et que fait l’être humain ? Il va regarder en priorité l’intro. »
  • Les H2 (les sous-titres) : « L’idée c’est vraiment de se concentrer sur l’intro et des H2 pertinents qui donnent vraiment envie de s’attarder sur l’article pour augmenter le temps passé sur la page et diminuer le taux de rebond. »
  • La promesse du contenu : « Très très très important de répondre au titre dans l’article. Parce que quand tu mets un titre alléchant et qu’à la fin tu n’as pas du tout les réponses à tes questions, ça sert à rien. Il n’y a rien de pire que le blabla. Ce que je dis toujours à mes élèves, c’est d’éviter le blabla au maximum et d’apporter toujours un maximum de valeur ajoutée. »

La Rédac du Web : une plateforme pour connecter rédacteurs et clients

Forte de son expérience, Lucie a non seulement créé une formation, mais aussi une plateforme, La Rédac du Web, pour mettre en relation ses élèves certifiés avec des clients. L’intérêt est double.

Pour les élèves, c’est une valeur ajoutée immense : « Quand je propose ma formation, je propose à mes rédacteurs à la fin d’apparaître sur La Rédac du Web. Pour eux, c’est une valeur ajoutée, ils espèrent à la fin apparaître en tant qu’auteur premium. »

Pour Lucie, cela lui permet de répondre à la demande et de gagner du temps : « J’avais beaucoup trop de clients potentiels qui m’écrivaient sur ma boîte perso pour me demander des rédacteurs. Alors que là, ils vont sur la fiche, ils choisissent leur rédacteur et ils sont directement en relation avec eux. » C’est un système gagnant-gagnant, à condition de respecter les exigences : « Les élèves qui apparaissent sur La Rédac du Web doivent impérativement avoir suivi tous les cours, fait tous les exercices et avoir leur certificat de fin de formation. »

FAQ : Questions fréquentes sur la rédaction web

Combien gagne un rédacteur web freelance ?

La rémunération d’un rédacteur web freelance dépend de sa vitesse de rédaction et de son tarif. Un rédacteur rapide peut viser des journées à 150-180€ même avec un tarif au mot modéré. L’objectif est de se fixer un taux horaire minimum, par exemple 40€/heure, pour assurer sa rentabilité.

« Si tu arrives à écrire 2-3000 mots même si tu es à 6 centimes le mot, bah voilà, ça te fait des bonnes journées à 150 180 € et ça devient beaucoup plus intéressant. Avant de créer ma formation, je m’étais fixé que je refusais de travailler si je gagnais moins de 40 € de l’heure. » – Lucie Rondelet

Comment trouver ses premiers clients en rédaction web ?

Une méthode très efficace est la prospection directe. Elle consiste à identifier des sites web avec un contenu de mauvaise qualité ou insuffisant, à trouver les contacts dans les mentions légales et à envoyer un e-mail personnalisé proposant des pistes d’amélioration concrètes.

« J’ai démarché mes propres clients très très vite. […] Je suis allée dans les mentions légales, j’ai récupéré les contacts. Et puis, je me suis fait comme ça 2-3 jours où j’ai fait que démarcher. À chaque fois j’envoyais un mail personnalisé. » – Lucie Rondelet

Quel tarif pour de la rédaction web ?

Les tarifs en rédaction web sont très variables, allant de 4 centimes à plus de 20 centimes le mot. Plutôt que de se focaliser sur le tarif au mot, il est plus pertinent de raisonner en taux horaire et de choisir les clients qui permettent d’atteindre son objectif de rentabilité.

« Ça dépend en fait plus du budget de l’entreprise que du résultat. C’est ça que le rédacteur web doit réussir à faire, c’est qu’il doit réussir lui-même à lancer des hameçons, suffisamment d’hameçons pour pouvoir lui choisir ses clients et définir son prix en fonction de son rapport temps rémunération. » – Lucie Rondelet

Faut-il se spécialiser ou être polyvalent en rédaction web ?

Il est conseillé de commencer par être polyvalent pour se forger une expérience solide sur des sujets variés et difficiles. Cette polyvalence, ou approche ‘caméléon’, permet de développer sa rapidité et sa qualité d’écriture. La spécialisation dans une niche peut venir dans un second temps, une fois les bases bien maîtrisées.

« Je conseille de choisir une industrie et de se concentrer dessus à la fin, en fait. Une fois qu’on est un vrai rédacteur web SEO. […] Les meilleurs rédacteurs, c’est vraiment ceux qui ont travaillé sur des choses très difficiles. » – Lucie Rondelet

Quelle est l’importance du SEO en rédaction web aujourd’hui ?

Le SEO est indispensable. Un article non optimisé pour les moteurs de recherche a une durée de vie très limitée et n’apporte pas de trafic sur le long terme. Le SEO moderne se concentre sur l’expérience utilisateur, la pertinence et la qualité du contenu pour plaire à la fois aux lecteurs et à Google.

« Aujourd’hui, pour moi, c’est indispensable de faire des articles optimisés. J’irai même presque jusqu’à dire que faire des articles non optimisés ne sert à rien. Enfin, en tout cas sur le long terme. » – Lucie Rondelet

Quelles sont les anciennes techniques SEO à ne plus utiliser ?

Les techniques comme le bourrage de mots-clés, l’utilisation de mots-clés avec des fautes d’orthographe ou le texte caché de la même couleur que le fond sont complètement obsolètes. Google pénalise désormais ces pratiques qui dégradent l’expérience utilisateur.

« Au début quand j’ai commencé, on devait intégrer des mots clés avec des fautes d’orthographe […]. Aujourd’hui, tout ce qui est bourrage de mots clés et tout ça pour moi c’est vraiment pas ça qui va marcher à l’avenir. » – Lucie Rondelet

Comment créer un portfolio de rédacteur web quand on débute ?

Pour débuter, il est conseillé de se créer un portfolio de 10 à 20 articles (URL) sur des thématiques très variées. L’objectif est de démontrer sa capacité d’adaptation et sa polyvalence. Ces textes peuvent être publiés sur des plateformes comme Medium ou sur un blog personnel si l’on n’a pas encore de commandes clients.

« Je conseille à mes élèves de d’essayer de se créer un portfolio très varié, le plus varié possible pour essayer de montrer qu’on est un rédacteur web caméléon. […] d’en faire 10, d’avoir 10 ou 20 URL sur des thèmes très variés. » – Lucie Rondelet

Combien de temps faut-il pour se former à la rédaction web ?

Pour acquérir un bon niveau et une vitesse de rédaction rentable, une période de formation et d’entraînement d’au moins six mois est nécessaire. Les formations courtes ne permettent pas d’intégrer la pratique et la ‘gymnastique’ intellectuelle requises pour devenir un rédacteur web efficace.

« Pour moi toutes les formations qui durent moins de 6 mois, c’est pas crédible. Il faut au minimum s’entraîner pendant 6 mois avant d’avoir un bon niveau et de rédiger vite. » – Lucie Rondelet


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