Logo de l'épisode Le podcasteur préféré des startuppeurs - avec Gabriel Gourovitch du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

Le podcasteur préféré des startuppeurs – avec Gabriel Gourovitch

Épisode diffusé le 28 mai 2020 par Marketing Mania

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Définir sa cible : la clé du succès d’un podcast de niche

Le parcours de Gabriel Gourovitch, créateur de Growth Makers, est une véritable leçon sur l’importance du ciblage. Plutôt que de viser une audience large, il a fait le pari d’une audience de niche, celle des startups, un choix qui a conditionné toute sa stratégie pour monétiser son podcast.

Le podcast comme point de départ des formations

Lorsqu’on lui demande qui est la cible principale de ses formations, Gabriel rectifie immédiatement : « C’est peut-être plus intéressant de commencer par le podcast puisqu’en fait les formations découlent du podcast. » Tout part de là. L’audience construite patiemment avec son podcast Growth Makers est devenue le terreau fertile de son activité de formation. La répartition de sa clientèle le confirme : « La cible des formations, ça va être aujourd’hui 80 %, 70 % de start-up, 20 % de PME avec un business model un peu plus traditionnel qui tend à se digitaliser et 10 % de consultants et de freelance. » Ces chiffres montrent bien que le cœur de cible, ce sont les entreprises innovantes, celles qui parlent le même langage que ses invités.

Une audience B2B ultra-qualifiée : startups, PME et consultants

Le podcast Growth Makers s’adresse à un public très spécifique. Gabriel interviewe « chaque semaine des directeurs marketing, des Head of growth, de start-up qui sont en train d’accélérer pour qu’ils expliquent leur stratégies, leur méthodes, leurs outils, comment est-ce qu’ils recrutent et cetera et cetera afin qu’on puisse s’en inspirer et les répliquer dans sa boîte. » Le contenu est dense, technique et directement applicable. C’est ce qui explique pourquoi l’audience, bien que de niche, est extrêmement qualifiée. Comme il le souligne, l’écosystème startup a été un adoptant précoce du format podcast, ce qui lui a permis de trouver une traction rapide. Aujourd’hui, avec entre 50 000 et 60 000 écoutes par mois, il touche un « marché extrêmement qualifié, c’est un marché extrêmement niché où tu as tout gagné si tu passes. » Passer sur son podcast, c’est toucher des décideurs, recruter des talents rares et même générer des prospects à forte valeur, ce qui est un atout majeur dans le marketing startup.

La proposition de valeur : passer de l’étape 1 à l’étape 2

La pertinence de son positionnement vient d’un constat simple. À l’époque, de nombreux contenus expliquaient comment lancer sa startup, l’étape du « 0 à 1 ». Mais il manquait cruellement de ressources sur la suite. « Qu’est-ce qui se passe une fois que tu as des clients, comment est-ce que tu fais pour passer à l’étape numéro 2 ? » Gabriel a identifié ce trou dans le marché et s’y est engouffré, offrant des solutions concrètes pour les entreprises cherchant à scaler leur croissance.

La philosophie « Growth Makers » : interroger ceux qui font, pas ceux qui enseignent

La crédibilité de Growth Makers ne repose pas sur des théories académiques, mais sur l’expérience brute de ceux qui sont sur le terrain. C’est un parti pris fort, une véritable thèse qui s’oppose frontalement au système éducatif traditionnel.

Une critique du système éducatif traditionnel

Gabriel exprime une frustration profonde vis-à-vis de l’enseignement classique : « Je voulais prendre à contrepied quelque chose qui m’a toujours paru aberrant durant des études […]. En fait, tu as plein de gens qui te racontent des trucs, ce qu’on appelle les profs mais qui l’ont jamais fait. » Il cite l’exemple du cas marketing sur Bonne Maman, un exercice qu’il juge « complètement aberrant » et déconnecté de la réalité du business pour la majorité des entreprises. « Le business c’est pas ça […]. La question c’est qu’est-ce que tu fais pragmatiquement concrètement pour avancer demain ? » C’est cette quête de pragmatisme qui est au cœur de son podcast.

La légitimité des praticiens de l’ombre

Sa solution ? Aller interroger directement les personnes qui ont les mains dans le cambouis. « Partant de ce constat là, je me dis bah pour une fois les start-up, je vais aller demander à des gens qui l’ont fait. » Il donne la parole à des directeurs marketing, des Head of Growth qui sont souvent dans l’ombre, peu visibles médiatiquement, mais qui possèdent une légitimité incontestable. Ces invités sont ravis de partager leur histoire, car ils n’ont pas forcément reçu beaucoup de demandes d’interviews. Au début, il fallait aller les chercher, mais aujourd’hui, la difficulté pour avoir une personne d’une grosse startup sur son podcast est de « zéro ». Les demandes arrivent même en direct, signe de l’autorité acquise par le podcast.

La transparence, une culture propre à l’écosystème startup

Ce qui rend ces interviews si précieuses, c’est la transparence des invités. Selon Gabriel, les startups « vont être prêtes à être très transparentes parce que vu qu’ils se battent tous dans un monde global, […] ils ont rien à perdre. » Ils partagent leurs méthodes, leurs stratégies et même leurs résultats sans tabou. Cette culture du partage est un pilier de l’écosystème et permet à Growth Makers de délivrer une valeur immense à son audience.

De l’idée à la monétisation : le parcours pour monétiser un podcast B2B

Le chemin pour transformer un podcast en une entreprise rentable n’a pas été un long fleuve tranquille. Il est passé par des hypothèses invalidées, des échecs cuisants et un pivot stratégique majeur.

Choisir le créneau B2B plutôt que le B2C

Contrairement à la majorité des créateurs de contenu qui ciblent les infopreneurs ou les nomades digitaux, Gabriel s’est positionné sur le B2B. Il explique ce choix par la différence entre la valeur et le volume. « L’infopreneur on pourrait appeler ça presque du B2C […]. Quand on fait du B2B, c’est tout petit, ça reste des volumes beaucoup plus restreints. » Il compare son média à des publications comme Marketing Magazine : peu connues du grand public, mais générant un chiffre d’affaires conséquent. Son approche a été pragmatique et agile, en suivant les signaux du marché : « Je pense que c’était par pragmatisme, juste j’ai continué à faire ce qui me plaisait […], je vois ce qui commence à fonctionner et en fait bah mis bout à bout dans l’aventure, tu te rends compte que finalement les B2B sont de plus en plus intéressés. »

Les premiers signaux du marché et l’approche agile

L’idée initiale du podcast était de générer des leads pour son activité de freelance en marketing. Cependant, cette hypothèse de base n’a pas été validée. « On se rend compte que c’est quand même vachement dur. Ça marche pas tellement. » Les processus de vente étaient longs, l’offre n’était pas claire. Il fallait trouver un moyen plus direct pour monétiser un podcast qui demandait un travail considérable. « Ça demande une abnégation de délivrer un contenu chaque semaine qualitatif assez énorme. Et surtout que tu gagnes rien. »

Tipeee : l’échec qui a tout changé (29€ en 3 semaines)

Inspiré par le succès d’autres podcasteurs comme Antonin Archer qui générait « entre 1500 et 2000 € par mois » sur Tipeee, Gabriel a tenté l’aventure du financement participatif. « Partant de cette idée, on lance en grande fanfare avec mon frère le tipi, la page, allez allez-y tous donnez-nous, aidez-nous […] et au bout de 3 semaines, on se retrouve littéralement à générer 29 €. » Un échec retentissant qu’il qualifie de « veste du ciel ». Cette claque a été le point de départ d’une profonde remise en question.

La transition vers la formation en ligne : une suite logique et rentable

L’échec de Tipeee a été un mal pour un bien. En allant interroger son audience, Gabriel a compris la dissonance fondamentale entre sa proposition de valeur et son modèle de monétisation.

L’inadéquation du modèle de don pour une audience B2B

Le retour d’un auditeur a été un électrochoc : « On a eu un témoignage assez extraordinaire qui a dit mais en fait les gars, vous vous rendez compte que ce que vous expliquez chaque semaine, c’est comment on fait fois 2 fois 3 sur un business, comment est-ce que tu fais 1, 5, 10, 100 millions et là vous êtes en train de quémander comme ça presque à faire l’aumône pour 2-3 €. C’est complètement désaligné de votre pitch. » Le message était clair : une audience qui pense en millions de chiffre d’affaires n’est pas dans un état d’esprit de micro-donation. Elle cherche des investissements, pas des pourboires.

La formation, une version structurée et actionnable du podcast

La conclusion s’est imposée d’elle-même. La suite logique était de « sculpter » toute la matière brute du podcast pour en faire quelque chose de plus concret, de plus structuré. « Et ça, ça veut dire quoi en vocabulaire comme le notre entrepreneur, mais c’est de la formation, tout simplement. » En lançant sa première offre, le succès a été immédiat. « Quand on l’a lancé, clairement, ça a direct pris et on s’est rendu compte que c’était vers ça qu’il fallait se tourner. »

Le Product Market Fit : quand la demande explose

Le modèle de formation a trouvé son public. Gabriel décrit le format actuel : « C’est 6 semaines de formation, il y a un module par semaine vidéo. Ensuite, il y a des exercices et des templates […] et toutes les semaines, il y a une espèce de live avec l’expert de la formation et toute la promo. » Ce format hybride, qui mêle contenu en ligne et intelligence collective, a fait ses preuves. Le succès est quantifiable : « En Q1 2020, on a fait le double de ce qu’on a fait sur tout 2019. » C’est la définition même du Product Market Fit : le moment où l’on sent qu’on a compris quelque chose d’essentiel sur son marché.

Vendre des formations B2B : naviguer entre l’infopreneuriat et le corporate

Vendre des formations en ligne n’est pas sans défis, notamment celui de la perception et de la réputation. Il faut trouver le juste équilibre entre les techniques marketing efficaces et la crédibilité nécessaire pour s’adresser à des entreprises.

Surmonter les a priori négatifs sur la formation en ligne

Gabriel admet avoir eu des a priori : « Complètement, complètement, complètement […]. On sait aussi que ça peut être très shady à certains moments. » L’enjeu était de prouver que le contenu était hyper qualitatif tout en utilisant les techniques de marketing direct de l’infopreneuriat, comme le copywriting ou les lancements, qui sont très efficaces. « Comment est-ce que tu fais pour lier les deux donc sans paraître trop shady mais en même temps en disant mais c’est pas shady de faire les choses bien. »

L’importance de la réputation auprès de ses pairs

La réputation est un capital précieux, surtout quand son audience est composée d’acteurs influents. Comme le souligne Stan, l’animateur : « Tu sais aussi que tu es suivi par beaucoup de tes pairs, suivi par des gens qui sont au-dessus de toi, suivi par des gens qui font 10 fois ton CA. » Gabriel est conscient de cet enjeu, car son public inclut « les plus gros VC de la place parisienne ». Perdre sa crédibilité pour des gains à court terme serait une erreur stratégique. Il s’agit de construire une marque sur le long terme, où la qualité et l’intégrité priment.

Le modèle de formation : un parcours pour les collaborateurs d’entreprise

La vision de Gabriel est claire : il ne vend pas des techniques pour devenir riche rapidement, mais de la formation continue pour les collaborateurs d’entreprise. « Notre proposition de valeur c’est vraiment former vos collaborateurs. » L’objectif est de s’intégrer directement dans les processus des entreprises, que ce soit pour l’onboarding de nouveaux employés ou pour la formation continue. C’est un positionnement résolument B2B, loin des clichés de l’infopreneuriat, qui assure la pérennité et la crédibilité de son projet.

FAQ Stratégique : Monétiser son podcast et cibler les startups

Pourquoi le modèle Tipeee ne fonctionne pas pour un podcast B2B ?

Le modèle Tipeee, basé sur le don, est souvent inefficace pour un podcast B2B car il crée une dissonance de valeur. Une audience professionnelle qui apprend des stratégies pour générer des millions ne perçoit pas la valeur dans un don de quelques euros, mais dans un investissement pour une solution structurée.

Citation de l’expert : « Vous vous rendez compte que ce que vous expliquez chaque semaine, c’est comment on fait fois 2 fois 3 sur un business […] et là vous êtes en train de quémander […] pour 2-3 €. C’est complètement désaligné de votre pitch. »

Comment transformer un podcast en une offre de formation pour entreprises ?

Pour passer du podcast à la formation B2B, il faut structurer le savoir partagé dans les épisodes en un parcours pédagogique actionnable. Cela implique de créer des modules vidéo, des exercices pratiques, des templates et d’y ajouter une dimension interactive comme des sessions de questions-réponses en direct.

Citation de l’expert : « C’est quoi la suite logique de toute cette matière travaillée ? Bah en fait c’est de la sculpter, c’est d’en faire quelque chose de beaucoup plus concret. Donc d’avoir la même chose que le podcast, beaucoup plus structuré. Et ça […] c’est de la formation. »

Quelle est la différence entre une audience B2B et B2C pour un créateur de contenu ?

Une audience B2C se caractérise par un grand volume mais une valeur par auditeur potentiellement plus faible. Une audience B2B est plus restreinte (niche), mais chaque membre a un potentiel de valeur beaucoup plus élevé, car les entreprises ont des budgets de formation et des besoins spécifiques.

Citation de l’expert : « L’infopreneur on pourrait appeler ça presque du B2C […]. Quand on fait du B2B, c’est tout petit, ça reste des des volumes beaucoup beaucoup plus restreints. »

Comment trouver des invités pertinents pour un podcast de niche ?

Pour un podcast de niche, l’idéal est d’interviewer des praticiens qui sont ‘dans les tranchées’ (directeurs marketing, Head of Growth, etc.) plutôt que des théoriciens. Au début, il faut les approcher directement, mais avec le temps et la crédibilité, ils viennent d’eux-mêmes.

Citation de l’expert : « On va prendre la légitimité d’abord des gens qui l’ont fait comme tu dis qui sont plutôt dans l’ombre et on va essayer de leur demander concrètement est-ce qu’ils veulent bien partager leurs chiffres, leur méthodes. »

Quel est le format d’une formation en ligne B2B efficace ?

Un format efficace pour la formation B2B est un modèle hybride qui combine des modules vidéo pré-enregistrés, des exercices pratiques et des templates à appliquer, ainsi que des sessions de coaching de groupe en direct pour favoriser l’intelligence collective et répondre aux questions spécifiques.

Citation de l’expert : « C’est 6 semaines de formation il y a un module par semaine vidéo. Ensuite, il y a des exercices et des templates […] Et ensuite toutes les semaines […] il y a une espèce de live avec l’expert de la formation et toute la promo. »

Comment un podcast peut-il aider à construire une marque employeur ?

Un podcast B2B de qualité attire une audience ultra-qualifiée de professionnels du secteur. Pour les entreprises invitées, passer sur le podcast offre une visibilité immense, ce qui les aide à recruter des talents, un enjeu majeur notamment dans l’écosystème startup.

Citation de l’expert : « C’est de la marque employeur, tu fais du recrutement, ce qui est hyper dur en start-up de recruter des talents. »

Est-il difficile de convaincre des experts de venir sur un podcast débutant ?

Oui, c’est plus difficile au début. Les invités potentiels évaluent le retour sur investissement de leur temps. Un podcasteur débutant doit prouver la valeur qu’il peut leur apporter, alors qu’un podcast établi offre naturellement notoriété, visibilité et génération de leads.

Citation de l’expert : « C’était beaucoup plus dur, il faut bah parce que encore une fois, eux leur seule question, c’est OK mais qu’est-ce que ça m’apporte ? C’est quoi le ROI de passer chez toi ? »

Comment valider une idée de formation auprès de son audience de podcast ?

La meilleure validation est d’écouter attentivement les retours de l’audience, surtout après un échec. En demandant directement à ses auditeurs pourquoi un modèle ne fonctionne pas et ce qu’ils attendent vraiment, on peut découvrir leurs véritables besoins et créer un produit qui y répond parfaitement.

Citation de l’expert : « On va demander aux gens en fait mais pourquoi […], d’aller voir les gens, de faire du customer Discovery et de dire qu’est-ce qu’ils veulent ? C’est quoi leur besoins ? »


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