Owen Simonin (Hasheur) : bien plus qu’un simple youtubeur crypto
Bienvenue dans cet décryptage du parcours d’Owen Simonin, plus connu sous le pseudonyme Hasheur. À seulement 22 ans, il est l’influenceur numéro un sur la crypto en francophonie, avec une chaîne YouTube dépassant les 150 000 abonnés et plus de 5 millions de vues. Mais derrière cette façade se cache un entrepreneur aguerri, à la tête d’environ sept entreprises, dont une a réalisé 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires dès sa première année. Loin des conseils d’achat ou de vente de cryptomonnaies, nous allons plonger dans les coulisses de son business : comment gagne-t-il son argent ? Comment a-t-il bâti son audience et sa stratégie de contenu ? Quelle est la psychologie qui anime le trader et l’entrepreneur ? Cet article retrace la construction de son empire, pierre par pierre, en se basant sur ses propres mots.
Gérer le crash financier : la psychologie du trader selon Owen Simonin
Face à un crash financier, la demande d’information explose. Owen Simonin a été lui-même surpris de l’ampleur du phénomène. « Il y a une grosse demande pour ce genre d’information et j’ai des choses à dire sur le sujet. Donc ça, rien que ça, ça justifie du contenu. » Il confie avoir été étonné par l’audience générée, une audience qu’il n’était pas venu chercher initialement. C’est en voyant le retour de sa communauté, le nombre de questions de personnes paniquées, qu’il a compris qu’il devait intervenir.
Quand les experts doutent : un signal de confusion générale
Ce qui a le plus marqué Owen, ce n’est pas tant la panique des débutants, mais le désarroi des professionnels. Il raconte : « Ce qui est effrayant, c’est de voir des personnes qui sont des traders professionnels, donc qui sont à des années-lumière de mon niveau, qui venaient vers moi et qui me demandaient ma position. » Pour lui, c’est un signal clair de la confusion ambiante. « Quand ces gens-là viennent aussi loin chercher de l’information, c’est que leurs réseaux ne communiquent plus, c’est qu’ils entendent des infos opposées entre le matin et le soir et qu’ils savent plus comment se positionner. »
Cette situation l’a effrayé, illustrant parfaitement l’incertitude du marché. Il partage une anecdote parlante : « Les deux plus gros clients que je connais qui ont l’habitude d’investir sur les crypto monnaies, il y en a un qui était totalement ‘c’est la fin du monde, il faut sortir’ et l’autre ‘il faut rentrer maintenant, une opportunité de fou’. Quand les deux plus gros profils de mon réseau me disent ça à 2 heures d’intervalle, moi je m’assois et j’ai plus envie de parler. »
Deux conseils opposés pour deux profils différents
Face à cette complexité, il n’existe pas de réponse universelle. Owen a dû adapter son discours en fonction du profil de son interlocuteur. « Le truc qui était très dur, c’est que je donne deux conseils opposés à deux profils différents. Le débutant qui a perdu trop d’argent, qui est paniqué, lui, il doit limiter la casse. On arrête. […] Et l’autre, le trader qui attend ça depuis un an et demi, […] lui, il est capable de prendre du risque maintenant. » Cette dualité souligne qu’en matière d’investissement, le contexte et l’expérience sont primordiaux.
La loi d’expansion du gourou : comment Hasheur est devenu une référence au-delà de la crypto
Toute personne qui crée du contenu sur un sujet finit par être interrogée sur des domaines connexes. C’est ce que l’animateur du podcast appelle la « loi d’expansion du gourou ». Owen Simonin confirme avoir vécu ce phénomène de plein fouet. Initialement spécialiste des cryptomonnaies, il a été poussé vers la finance traditionnelle. « J’ai pas eu le choix. On m’a mis un coup de pied dans le dos et on m’a dit tu te débrouilles, tu dois savoir ça parce qu’on va te poser la question. »
Il explique cette dynamique par une forme d’adaptation nécessaire : « Tu peux pas changer 5000 personnes mais tu peux te changer toi sur tes compétences. » Il a donc travaillé ce domaine, pour finalement y trouver des liens avec son expertise initiale. Mais la raison profonde, selon lui, est ailleurs. « Quand une personne aime ta façon de communiquer, […] quel que soit le domaine, ils se disent que peut-être tu auras également, même si tu n’as pas les bons mots, tu auras le bon discours pour les toucher et leur faire comprendre ton point de vue. »
Quand la confiance surpasse l’expertise
Cette théorie trouve son explication dans une réalité simple : la confiance est plus rare que l’expertise. Il est facile de trouver un expert sur un sujet, mais il est difficile de trouver un expert en qui l’on a confiance. Owen est totalement en accord avec cette idée : « C’est souvent plus facile de trouver une personne à qui tu fais déjà confiance sur un sujet et lui demander de te parler d’autres sujets plutôt que d’aller chercher un expert et essayer de démêler le vrai du faux. » Il avoue même que cette discussion lui a permis de mieux comprendre pourquoi les gens le sollicitaient autant. « La confiance, ben c’est d’ailleurs la technologie même dans laquelle je me suis mis hein, la blockchain, c’est la confiance, c’est ce qui m’a intéressé au départ. »
Le parcours d’Owen Simonin : entre passion pour la blockchain et opportunisme
Owen Simonin est-il tombé dans la crypto par pur opportunisme ou par une attraction fondamentale ? Sa réponse est nuancée. « Je suis certain qu’il y a de l’opportunisme, parce que je pense qu’on doit toujours partir d’une opportunité. » Pour lui, son succès est indéniable car il a su saisir une vague au bon moment. « À partir du moment où c’est le marché qui m’a porté et qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, c’est une opportunité que j’ai saisie, ça c’est clair. »
Cependant, cet opportunisme était soutenu par une passion profonde et authentique. « J’aime les jeux vidéos, j’aime la finance, j’aime l’argent, j’aime ce qui est numérique, j’aime ce qui va vite, j’aime la technologie et là je tombe sur la crypto monnaie. » Ce fut une révélation. « La première ligne où j’ai compris comment fonctionnait le Bitcoin, j’ai plus jamais raccroché, jamais. » Cette obsession l’a consumé au point d’impacter ses études, bien avant que le marché ne décolle. Il en est convaincu, la rencontre était inévitable.
Les débuts difficiles : construire une chaîne YouTube crypto dans le désert
Se lancer sur YouTube n’était pas un hasard. C’était sa troisième tentative, après des projets dans le gaming. Mais cette fois, la motivation était différente. Il ressentait un besoin viscéral de partager sa découverte. « Quand j’ai commencé dans la blockchain, dès qu’on voulait parler crypto monnaie, il y avait pas grand monde. […] J’avais vraiment ce sentiment de solitude. » YouTube était pour lui un moyen de briser cet isolement et de trouver d’autres passionnés.
Les débuts ont été particulièrement lents et difficiles. « Terrible. C’était terrible. Pendant un an et demi j’étais seul. Je crois qu’au bout d’un an et demi on était 115 abonnés. » Malgré des publications régulières, l’audience ne suivait pas. « Faire une vidéo, avoir 60 vues, deux commentaires, c’est dur. » C’est seulement lorsque le marché a explosé en 2017 que la chaîne a connu son point d’inflexion. « Je suis arrivé, j’ai commencé à créer du contenu sur la crypto monnaie on va dire un an et demi, deux ans avant la première explosion. Et elle est là l’opportunité en fait. » Il avait bâti les fondations, et la vague est venue tout emporter.
Le business model de Hasheur : comment Owen Simonin gagne-t-il vraiment de l’argent ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Owen se définit avant tout comme un entrepreneur. « Je suis un entrepreneur très clairement. » Ses sources de revenus sont diversifiées et complexes. En termes de revenus liquides personnels, YouTube est une part importante, mais en termes de valorisation, ses parts dans ses entreprises représentent une richesse bien plus considérable.
La vérité sur les revenus de YouTube
Pour la chaîne Hasheur, les revenus publicitaires AdSense sont anecdotiques. « Les gros gros mois que je fais me rapportent 450 € de pub. […] L’année dernière j’étais en moyenne à 200 € par mois de pub. » Il active la publicité principalement pour être favorisé par l’algorithme de YouTube. Les véritables piliers de ses revenus sur la plateforme sont les vidéos sponsorisées et l’affiliation.
L’agence marketing : une sélection rigoureuse des projets crypto
Le sponsoring n’est que la partie émergée de l’iceberg. Owen a monté une véritable agence marketing. Les projets ne viennent pas seulement le voir pour une vidéo, mais pour un accompagnement complet : relations presse, listing sur des plateformes d’échange, création de contenus privés pour des investisseurs. Le plus surprenant est sa méthode de sélection. Il ne répond pas passivement aux demandes ; il est proactif.
« Je m’intéresse à un projet, j’ai un coup de cœur pour lui, je le trouve incroyable, je contacte le projet et je lui propose du marketing en échange d’un budget. Ça les gens ont du mal à le comprendre. » Durant les périodes de forte activité, il recevait jusqu’à 500 demandes de sponsoring par mois, pour n’en retenir qu’une ou deux. « 90 % de mon temps c’est de sélectionner de quoi je vais parler à ma communauté parce que la moindre erreur […] c’est la fameuse délicatesse de pouvoir faire du contenu sponsorisé en bonne et due forme et qui satisfait aussi bien la communauté que la personne qu’on a mis en avant. »
Just Mining : démocratiser l’investissement dans le hardware crypto
Au-delà des services et du contenu, Owen Simonin est co-fondateur de Just Mining, une entreprise qui touche à un autre pilier de l’écosystème crypto. Il explique qu’il y a trois façons d’investir : acheter des cryptos, investir dans des entreprises du secteur, ou participer à la sécurisation du réseau. C’est cette troisième option que Just Mining propose. L’entreprise vend le matériel (hardware) et les logiciels qui permettent aux particuliers de devenir des ‘mineurs’, ces personnes qui valident les transactions sur la blockchain en échange d’une récompense. C’est une autre brique essentielle de son empire, montrant une stratégie de diversification pensée pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de la cryptomonnaie.
Foire aux questions (FAQ)
Comment Owen Simonin (Hasheur) gagne-t-il de l’argent ?
Owen Simonin est un entrepreneur avec des revenus diversifiés. Ses principales sources sont son agence marketing pour projets crypto, les parts dans ses entreprises comme Just Mining, et sa chaîne YouTube via les contenus sponsorisés et l’affiliation, les revenus publicitaires étant très faibles.
« En revenu sec, en revenu liquide sur mes comptes personnels, YouTube c’est le plus gros apport. D’un point de vue valorisation, les parts que j’ai dans mes entreprises c’est inimaginable par rapport au salaire que je me verse en fait. »
Qu’est-ce que la loi d’expansion du gourou selon cet épisode ?
C’est une théorie selon laquelle une audience pousse un créateur de contenu à aborder des sujets connexes à son domaine d’expertise initial. Les gens font confiance à sa manière d’expliquer et le sollicitent sur de nouveaux thèmes, l’obligeant à étendre ses compétences.
« Tu peux pas changer 5000 personnes mais tu peux te changer toi sur tes compétences donc j’ai travaillé ce domaine-là. »
Quelle est la vision d’Owen Simonin sur la psychologie du trading en période de crash ?
Il pense qu’il n’y a pas de réponse universelle. Le conseil doit être adapté au profil de l’investisseur : un débutant paniqué doit limiter ses pertes et sortir, tandis qu’un trader expérimenté peut voir le crash comme une opportunité d’investissement risquée mais potentiellement rentable.
« Le truc qui était très dur, c’est que je donne deux conseils opposés à deux profils différents. Le débutant qui a perdu trop d’argent […] lui, il doit limiter la casse. […] Et l’autre, le trader qui attend ça […] lui, il est capable de prendre du risque maintenant. »
Owen Simonin s’est-il lancé dans la crypto par passion ou par opportunisme ?
Il s’agit d’un mélange des deux. Il reconnaît avoir saisi une opportunité de marché au bon moment, mais cette réussite repose sur une passion fondamentale et obsessionnelle pour la technologie blockchain qui l’animait bien avant que le marché n’explose.
« En plus de l’opportunité, il y avait vraiment quelque chose qui me correspondait fondamentalement, j’en suis certain parce que j’en dormais plus. »
Comment la chaîne YouTube Hasheur a-t-elle décollé ?
La chaîne a connu des débuts très lents, avec à peine plus de 100 abonnés après un an et demi. Son décollage a coïncidé avec l’explosion de l’intérêt pour les cryptomonnaies en 2017. Le contenu qu’il avait créé en amont a alors trouvé son audience, propulsé par la vague du marché.
« C’est que je suis arrivé que j’ai commencé à créer du contenu sur la crypto monnaie on va dire un an et demi 2 ans avant la première explosion. Et elle est là l’opportunité en fait. »
Quel est le business model de la chaîne YouTube de Hasheur ?
Le modèle repose principalement sur les contenus sponsorisés et l’affiliation. Les revenus publicitaires d’AdSense sont négligeables (entre 200 et 450 € par mois). Il met un point d’honneur à sélectionner rigoureusement les projets qu’il présente.
« Les contenus sponsorisés, c’est ce qui rapporte le plus […] sur des centaines d’entreprises, je pouvais en présenter une à deux sur ma chaîne. »
Qu’est-ce que Just Mining, l’entreprise d’Owen Simonin ?
Just Mining est une entreprise qui vend du matériel informatique (hardware) et des solutions logicielles permettant aux particuliers de ‘miner’ des cryptomonnaies. Le minage consiste à utiliser la puissance de calcul pour sécuriser la blockchain et valider les transactions en échange d’une récompense.
« L’option numéro 3 c’est tu vas acheter des ordinateurs ou des logiciels, c’est du hardware mais il y a aussi software qui vont sécuriser la blockchain. »
Pourquoi la confiance est-elle plus importante que l’expertise pour un créateur de contenu ?
Parce que la confiance est une ressource plus rare. Il est plus facile pour une personne de demander l’avis de quelqu’un en qui elle a déjà confiance, même sur un nouveau sujet, plutôt que de chercher un nouvel expert et de devoir évaluer sa crédibilité.
« La confiance est plus rare que l’expertise. C’est-à-dire que tu peux toujours trouver des gens qui sont experts sur un sujet mais le problème c’est pas de trouver une personne qui est expert […] c’est de trouver une personne à qui tu fais confiance. »




