L’affaire qui a tout déclenché : peut-on vendre un business en ligne à 5 millions de dollars ?
L’histoire commence par une découverte surprenante. Comme je l’explique dans le podcast, « il y a seulement 2 semaines, je suis tombé par le biais d’un ami sur le listing qui me disait que Théophile était en train d’essayer de vendre l’ensemble de son business pour 5 millions de dollars ». Cette annonce a immédiatement piqué ma curiosité, car elle touchait au cœur d’un débat récurrent que j’ai avec un ami : un business comme Marketing Mania est-il vendable ?
Ma position a toujours été négative. « J’ai toujours maintenu que Marketing Mania n’était pas vendable parce que c’était trop basé sur moi et mon implication personnelle et que si vous retirez Stan le loup, finalement, il y a toujours la chaîne YouTube mais ça va péter ». Et voilà que Théophile Elier, une figure majeure du business en ligne avec ses 250 000 abonnés sur YouTube, spécialisé dans l’immobilier, la bourse et l’investissement, mettait en vente son empire. Je me suis dit : « Tiens, Théophile a réussi peut-être à trouver un moyen de vendre ce type de business et j’ai tout de suite été curieux. »
Cette curiosité m’a poussé à faire une vidéo sur le sujet, qui est rapidement devenue la plus vue de ma chaîne secondaire. Face à l’intérêt du public et à mes propres questions persistantes, la meilleure solution était d’aller directement à la source. J’ai donc contacté Théophile et il a accepté de venir sur le podcast pour tout nous expliquer. Pourquoi vendre ? Est-ce réellement possible ? Quel est le processus ? C’est ce que nous allons décortiquer ensemble.
Les véritables raisons de vendre un business qui marche
La première question qui brûle les lèvres de tout entrepreneur est simple : pourquoi diable vouloir vendre un business qui tourne bien, qui génère de l’argent et qui semble demander relativement peu de travail ? La plupart des gens se diraient : « mais en fait pourquoi est-ce qu’il vend un truc si de toute manière c’est du revenu quasiment passif ? ».
Le besoin de nouveaux défis et les opportunités d’investissement
Théophile explique que sa décision est un « ensemble de choses ». Après plusieurs années à créer des vidéos et vendre des formations, une certaine lassitude peut s’installer. « Je pense que c’est comme tout, au bout d’un certain moment t’évolues, t’évolues et puis un jour tu as envie de faire un petit peu autre chose. » C’est ce mélange entre l’envie de nouveaux challenges et un contexte économique particulier qui a été le déclencheur.
Il pointe notamment les opportunités d’investissement nées de la crise du coronavirus. Pour lui, « avoir du cash c’est, bah il a énormément de valeur en fait. » Que ce soit dans l’immobilier ou en bourse, le contexte est propice aux bonnes affaires. Il cite un exemple très concret : « pas plus tard que ce mois-ci, j’ai acheté mon appartement à ma résidence principale pour moins 25 % en dessous du prix du marché. » La vente de son business lui fournirait un capital massif pour saisir ces opportunités qui « risquent de ne pas se représenter avant quelques années ».
De plus, après des années de bénéfices records post-confinement, la valorisation de son entreprise est à un pic. « Je pense que ça va être difficile d’augmenter la valuation de ma boîte aujourd’hui suite à l’année incroyable qu’on a eu », confie-t-il. C’est donc un calcul stratégique : vendre au sommet pour réinvestir massivement dans un marché d’acheteurs.
Le coût de la notoriété : retrouver sa tranquillité et son identité
Au-delà du calcul purement financier, il y a une dimension profondément personnelle, voire émotionnelle. Gérer un business de personal branding n’est pas de tout repos. « C’est quand même énormément de responsabilités, c’est quand même dans notre métier une image qu’il faut surveiller constamment, il faut faire bonne figure », explique Théophile. Il faut trouver le juste équilibre entre en montrer assez pour être crédible et ne pas tomber dans le « bling bling ».
Mais l’aspect le plus lourd est sans doute la perte d’anonymat. Alors que je lui confiais ne quasiment jamais me faire reconnaître dans la rue, sa réalité est tout autre. « À Paris c’est au moins toutes les 15 minutes qu’on vient me voir […] Et à Lille par contre c’est honnêtement toutes les 5 minutes. » Si les interactions sont majoritairement positives, le poids de la notoriété se fait sentir.
Son aspiration est simple et puissante : « J’ai envie d’être personne en fait. Je pense que quand on n’est pas célèbre du tout, on a envie de devenir quelqu’un et je pense qu’une fois qu’on est un petit peu connu […] le côté être personne, ça me convient davantage. » Cette quête de tranquillité, le désir de pouvoir marcher dans la rue sans être interpellé, est un moteur tout aussi important que les opportunités financières. C’est le désir de se détacher de son image publique pour se récupérer soi-même.
Comment rendre un business de personal branding vendable ?
Le principal obstacle à la vente d’un business basé sur une personne, c’est cette personne elle-même. Si l’on retire le visage de la marque, que reste-t-il ? C’est là que la systématisation du business entre en jeu. L’avantage d’une marque personnelle, c’est que le créateur est irremplaçable. Mais c’est aussi son plus grand inconvénient lors d’une revente. La clé est donc de transformer l’implication personnelle en un actif qui peut être transmis.
La clé : un système de production de contenu ultra-optimisé
Théophile a développé une méthode de production de contenu radicalement différente de la mienne. Alors que je travaille en flux tendu, finissant mes vidéos quelques heures avant leur publication, il a opté pour une approche de « batching » extrême. Il nous livre les secrets de son organisation : « ce que je fais, c’est que je vais organiser un tournage chaque année d’environ 32 jours où je vais filmer 5 vidéos par jour, ce qui me fait 156 vidéos. Ces 156 vidéos correspondent à trois vidéos par semaine ensuite pendant un an. »
Ce processus, bien qu’intense, lui offre une sérénité totale pour le reste de l’année. En un mois, il prépare le contenu qui alimentera sa chaîne YouTube entière. Les scripts sont préparés en amont, sous forme de « bullet points » pour garder un ton naturel. « J’écris moi-même mes vidéos […] Ça me prend à peu près, je dirais un mois de tout écrire. » Le jour du tournage, il utilise son iPhone comme prompteur discret et enchaîne les prises, souvent en « one shot ».
Ce système a un double avantage. D’une part, il libère entièrement son temps et son esprit pour le reste de l’année. « Rien ne m’empêche de me barrer 3 mois […] j’ai pas ce stress de me dire est-ce que la prochaine vidéo ça va paraître en temps et en heure. » D’autre part, et c’est crucial pour la vente, cela transforme sa chaîne YouTube en un actif quasi autonome. Un acheteur potentiel voit une machine à contenu qui est déjà programmée pour tourner pendant un an sans intervention du fondateur. C’est un argument de poids pour prouver la pérennité du business.
Les avantages et inconvénients d’une stratégie de contenu « intemporel »
Cette méthode de production de masse impose une contrainte : le contenu doit être intemporel. « L’inconvénient, je dirais à ça, c’est que tu ne peux pas ou tu peux difficilement faire des vidéos d’actualité », admet Théophile. Pour un domaine comme l’investissement, cela peut être un handicap. Il ne peut pas rebondir sur l’actualité boursière ou les dernières tendances.
Cependant, il a fait le choix de privilégier la sérénité et la systématisation. Sa stratégie est basée sur le volume et le référencement long terme. « Ta stratégie sur YouTube, elle est vraiment basée autour des mots clés du référencement, faire un maximum de vidéos et attendre qu’elles sortent dans les recherches essentiellement. » En produisant en grande quantité, il diversifie ses chances de succès. Certaines vidéos feront 5000 vues, d’autres exploseront, mais l’ensemble crée un socle de trafic stable et prévisible.
Pour un investisseur, c’est rassurant. Il n’achète pas une chaîne qui dépend du prochain coup de génie de son créateur, mais un catalogue de contenus optimisés qui continueront à générer des vues et des revenus pendant des années. C’est la transformation d’une activité créative en un actif financier.
Le processus de vente et la transition : comment ça marche concrètement ?
Maintenant que l’on comprend pourquoi vendre et comment le business a été structuré pour être vendable, la question cruciale demeure : comment se passe la transition ? Comment un investisseur peut-il reprendre une entreprise si intimement liée à son fondateur ?
Qui sont les investisseurs intéressés par ce type d’entreprise ?
Théophile commence par expliquer qu’il existe différents profils d’acheteurs, chacun avec ses propres motivations. « De ce que j’ai vu pour l’instant avec les investisseurs qui étaient intéressés, c’est que il y a la partie qu’est-ce qu’on rachète ? Est-ce qu’on rachète un actif ou est-ce qu’on rachète… » La conversation s’est malheureusement interrompue à ce moment crucial de la transcription, nous laissant sur notre faim quant aux différentes stratégies de transition possibles.
Cependant, les éléments abordés nous permettent d’imaginer plusieurs scénarios. Un investisseur pourrait acheter le business pour son catalogue de contenus existants, qui continueront à générer du trafic et des ventes de manière passive. Une autre option serait de prévoir une phase de transition où Théophile introduirait progressivement un nouveau visage à la chaîne, ou transformerait la marque personnelle en une marque d’entreprise plus large, avec plusieurs intervenants.
La question reste ouverte, mais l’initiative de Théophile Elier prouve une chose : vendre un business de personal branding n’est plus un tabou. C’est un défi complexe, qui nécessite une préparation minutieuse et une stratégie de sortie bien pensée, mais le simple fait que des négociations soient en cours à une telle valorisation ouvre un nouveau champ des possibles pour tous les créateurs de contenu.
Questions fréquentes sur la vente d’un business en ligne
Pourquoi Théophile Elier veut-il vendre un business qui fonctionne bien ?
Il vend pour trois raisons principales : l’envie de relever de nouveaux défis, la volonté de saisir des opportunités d’investissement uniques nées de la crise, et le désir de retrouver une vie plus anonyme et tranquille.
« Je pense que c’est un mélange entre l’envie d’aller faire de nouvelles choses, de nouveaux challenges et aussi le fait que en ce moment […] il y a des opportunités d’investissement qui risquent de ne pas se représenter avant quelques années. »
Un business basé sur un personal branding est-il réellement vendable ?
Oui, c’est possible, mais plus complexe qu’un business traditionnel. L’enjeu principal est de prouver à l’investisseur que l’entreprise peut continuer à fonctionner et à être rentable même après le départ de la personnalité fondatrice.
« Moi ça fait des années que j’ai un débat avec un pote qui me dit ‘non, ce genre de business, tu peux pas le vendre, c’est trop compliqué, c’est trop difficile.’ Et donc en fait tu es en train de me montrer potentiellement que c’est possible. »
Comment Théophile Elier arrive-t-il à produire un an de vidéos YouTube en avance ?
Il organise une session de tournage intensive de 32 jours une fois par an. Durant cette période, il filme 5 vidéos par jour, ce qui lui permet de préparer 156 vidéos, soit trois publications par semaine pour toute l’année.
« Ce que je fais, c’est que je vais organiser un tournage chaque année d’environ 32 jours où je vais filmer 5 vidéos par jour, ce qui me fait 156 vidéos. Ces 156 vidéos correspondent à trois vidéos par semaine ensuite pendant un an. »
Quels sont les inconvénients de la célébrité sur internet selon Théophile Elier ?
Le principal inconvénient est la perte d’anonymat. Il mentionne le fait d’être constamment interpellé dans la rue et le désir de « redevenir personne » pour retrouver une certaine tranquillité d’esprit, loin de la surveillance constante de son image.
« J’ai envie d’être personne en fait. Je pense que quand on n’est pas célèbre du tout […] on a envie de devenir quelqu’un et je pense qu’une fois qu’on est un petit peu connu […] le côté être personne, je pense que c’est moi ça me convient davantage. »
Comment est préparé le contenu des vidéos de Théophile Elier ?
Il écrit lui-même les scripts sous forme de « bullet points » en environ un mois. Il mélange des sujets basés sur les questions de sa communauté, la recherche de mots-clés, et ses propres envies, en y ajoutant toujours son expérience personnelle pour rester authentique.
« J’écris moi-même mes vidéos avec des sujets que j’ai recherché en amont. […] C’est des bullet points et à ça, je vais lier mon expérience personnelle. »
Quelle est la plus grande difficulté lors de la vente d’une chaîne YouTube ?
La plus grande difficulté est de convaincre un acheteur de la pérennité du business une fois que le créateur principal, le « visage » de la chaîne, n’est plus là. Il faut démontrer que les systèmes en place peuvent maintenir le trafic et les revenus.
« C’est clair que si on se recentre sur le sujet de la revente, c’est pas forcément un point positif. […] c’est vrai que c’est pas aussi simple que si c’est une image de marque, ça c’est certain. »
Est-ce que la stratégie de contenu en « batch » est efficace pour le SEO ?
Oui, car elle permet de produire un grand volume de contenu ciblé sur des mots-clés intemporels, assurant un flux constant de trafic via le référencement. Cependant, son principal inconvénient est l’impossibilité de réagir à l’actualité chaude.
« Ta stratégie sur YouTube, elle est vraiment basée autour des mots clés du référencement faire un maximum de vidéos et attendre qu’elles sortent dans les recherches essentiellement. Exactement. »
Quel est l’impact émotionnel d’être une personnalité publique sur internet ?
Cela implique une pression constante pour maintenir une bonne image, la gestion des critiques et des « haters », et l’exposition à des vidéos de « clash ». Si cela peut être difficile émotionnellement, Théophile considère que cela fait partie du jeu.
« C’est quand même dans notre métier une image qu’il faut surveiller constamment, il faut faire bonne figure […] Moi je j’avoue que je réfléchis pas mal à ça de tous les angles d’attaque que les gens ont sur toi et de quel va être le prochain mec qui va faire une vidéo humoristique pour se foutre de ta gueule. »




