Logo de l'épisode Devenir papa quand on est entrepreneur - avec Paul de Nomade Digital du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

Devenir papa quand on est entrepreneur – avec Paul de Nomade Digital

Épisode diffusé le 3 août 2021 par Marketing Mania

Écouter l'épisode :

L’évolution du nomade digital : de la chambre à 200 dollars à père de famille

« Bienvenue sur le podcast Nomade Digital, le podcast qui a bien évolué. On est passé de deux petits gars qui habitaient dans une chambre à 200 dollars à maintenant des papas, des pères de famille responsables. » C’est ainsi que Stan et Paul, les animateurs, introduisent ce nouvel épisode, marquant une transition de vie significative. En cinq ans, leur réalité a radicalement changé. Paul explique : « J’ai l’impression d’être à peine adulte, tu vois. Et donc là tu prends et tu vois le le temps qui est pas si loin, 5 ans, c’est pas énorme. Et en 5 ans tu te retrouves papa. »

Cette transformation rapide offre une perspective unique sur leur parcours. Stan souligne la valeur de cette archive en temps réel : « C’est assez rare de pouvoir avoir un historique comme ça […]. Nous on a un petit peu cette archive de l’évolution, les gens peuvent voir un petit peu comment on a évolué. » Ils ne s’attendaient pas à devenir parent si jeunes, surtout comparé aux moyennes nationales. « Moi maintenant j’ai 29 ans donc quand ma fille est née, j’en avais 28 », confie Stan, avant de noter que la moyenne pour le premier enfant en France est de 34 ans pour les hommes. Ce sentiment est partagé par Paul, qui pensait que cela arriverait bien plus tard, vers 35 ans.

L’accélération professionnelle comme catalyseur

Alors, qu’est-ce qui a précipité cette décision ? Paul avance une hypothèse claire : l’accélération professionnelle. « Je pense que les deux sont forcément liés, tu vois, c’est que c’est compliqué pour toi de te poser professionnellement, tu veux pas avoir un enfant. » Leur parcours d’entrepreneur a connu une croissance fulgurante, passant d’une situation précaire à une stabilité financière en quelques années. Stan le résume ainsi : « Nous on a une espèce d’accélération de passer de de quasiment pauvre là où on est maintenant en fait en seulement quelques années, le truc a se complètement transformé et s’est totalement inversé. »

Cette rapidité de changement a instillé une nouvelle mentalité : celle de l’adaptabilité. Si leur vie professionnelle a pu évoluer si vite, pourquoi attendre des années pour un projet personnel aussi important ? L’importance de la sécurité financière pour avoir un enfant est un facteur non négligeable. Paul est direct : « Si on vivait toujours à 500 € par mois, bon bah ça serait pas dans les plans quoi. » La stabilité financière a donc ouvert la porte à des projets de vie plus grands.

Pourquoi devenir parent ? Analyse des motivations profondes

La question centrale de l’épisode est simple mais essentielle : « Pourquoi est-ce qu’on veut devenir parents ? » Pour des entrepreneurs habitués à questionner les conventions, cette décision n’allait pas de soi. Ils ont pris l’habitude de s’affranchir du « script traditionnel familial ».

Échapper à la pression sociale, mais pas à la biologie

En tant que nomades digitaux vivant à l’étranger, ils ressentent moins la pression sociale d’avoir des enfants à un certain âge. « Si tu décides de jamais te poser et que tu habites en Thaïlande et que tu fais du business en ligne, il y a personne qui va vraiment te regarder de travers », explique Stan. Pourtant, une autre force, plus primaire, entre en jeu. Paul l’aborde sans détour : « En tant que comment dire agent biologique, tes seules fonctions c’est de survivre et de te reproduire quoi. »

Même si nos actions quotidiennes sont plus abstraites, cette pulsion fondamentale reste. Paul observe une réaction quasi universelle : « Quand tu annonces que tu vas avoir un enfant, tout le monde est content pour toi. […] Et je pense il y a un aspect même un peu tribal là-dedans. C’est que c’est une bonne nouvelle d’avoir un enfant qui rentre dans ta tribu. » Stan résume parfaitement la pensée de Paul : « Tu as beau être parti à l’autre bout du monde et être échappé à une partie de la pression sociale, finalement tu n’échappes pas à la biologie qui sous-tend cette pression sociale. »

L’importance de la famille pour éviter les regrets futurs

Une autre motivation puissante est la construction d’un héritage familial. Paul s’appuie sur les études concernant les regrets des personnes en fin de vie. « Ce qui revient toujours en fait, c’est l’importance de la famille. » Il ajoute : « Toutes ces personnes regrettent de pas avoir passé plus de temps avec leur famille. […] Je pense vaut mieux les écouter en fait. » Il cite l’exemple de Phil Knight, le fondateur de Nike, dont le seul regret exprimé dans son livre Shoe Dog était de ne pas avoir passé assez de temps avec ses fils. Pour Paul, créer une famille a « un ROI très positif pour ton bonheur et le sens que tu trouves à la vie. » C’est un objectif logique pour quiconque souhaite trouver un sens à sa vie.

L’expérience unique de créer et d’élever une personne

Au-delà des concepts philosophiques, il y a l’expérience concrète, la joie d’élever un enfant. Stan décrit cette fascination : « Le côté de pouvoir élever une personne et pouvoir l’accompagner à partir de zéro et lui apprendre des trucs que je trouve assez fascinant. Tu crées une relation unique en fait. » Il partage son émerveillement quotidien devant les progrès de sa fille de 15 mois. « Comme ils sont toujours quasiment toutes les semaines en train de dépasser leurs records, tous les jours tu es en train de dire « ouh, elle a dit un nouveau mot. Waouh, elle a appris à faire un truc qu’elle pouvait pas faire avant ». »

Cette progression continue est une source de gratification immense et inattendue. Stan raconte une anecdote touchante : « Je lui donne une de ses chaussettes […] et là il va ramasser avec sa main sa chaussette. Et on était on était dingue, c’était le truc le plus ouf qu’on a vu dans notre vie. » Cette satisfaction transforme le quotidien. « Tu termines ta journée, […] et là tout d’un coup tu as un tu as vraiment un truc de ouf qui se passe toute un peu tous les jours chez toi où où c’est super super profond, ça a beaucoup de sens. »

Le rôle du couple et l’horloge biologique

Un facteur pragmatique est également abordé : la partenaire. Paul insiste sur la nécessité d’aborder le sujet, notamment à l’approche de la trentaine de sa copine. « Nous on a pas d’horloge biologique à proprement parler. […] Je pense qu’aussi c’est très très bâtard de de dire oui ou alors de pas être clair et en fait annoncer à 33 ans et tu dis « non en fait non, je suis pas chaud ». »

Une fois le désir d’enfant validé par le couple, une autre question se pose : pourquoi attendre ? Stan développe ce raisonnement : « Si tu dis j’ai la bonne personne, j’ai les ressources financières, c’est un truc que j’ai envie de faire, est-ce qu’elle est ensuite ta justification de dire j’ai envie de le faire mais dans 5 ans ? Qu’est-ce qu’aura changé dans 5 ans ? » La conclusion est simple : « Si tu as envie de faire quelque chose dans ta vie, autant le faire plus tôt que attendre. »

De la quête de liberté à la quête de sens

Pour un nomade digital, la liberté est souvent la valeur suprême. Avoir un enfant semble être l’antithèse de cet idéal. Pourtant, Stan et Paul montrent comment cette contrainte devient une source de sens.

Une nouvelle raison de vivre et d’anticiper l’avenir

Avoir un enfant donne une nouvelle perspective sur le futur. Paul explique : « Ça donne une autre raison d’anticiper le futur en fait. C’est que tu as profondément envie de voir à quoi va ressembler ton enfant, comment il va évoluer. » Cela allonge considérablement la timeline sur laquelle on prend des décisions. Stan le confirme : « Tout d’un coup à partir du moment où tu as un enfant assez naturellement, tu as une timeline de dans 15 ans, qu’est-ce que je ferais ? […] Dans 15 ans bah ma fille, ça sera une ado. […] Donc du coup je peux me projeter plus facilement sur 15 ans. »

Le paradoxe du nomade digital : troquer l’optionalité contre la responsabilité

Le mode de vie du nomade digital est orienté vers « l’optionnalité » : maximiser la liberté en minimisant les contraintes. « Avoir un enfant c’est un peu l’opposé », admet Paul. Il voit cela comme un choix conscient : « Au final les responsabilités ça a aussi l’avantage de donner du sens de façon globale. » Il cite une phrase, peut-être de Jordan Peterson : « Responsibility gives meaning. » (La responsabilité donne du sens). L’enfant est une responsabilité énorme, mais qui procure un sens inégalé. « On s’est quand même beaucoup restreint notre liberté. […] Mais le trade off et l’avantage que tu en tires, c’est cet aspect sens de la vie. »

Stan abonde dans ce sens, expliquant que la liberté n’est pas un axe à maximiser à l’infini. « Le but de la vie c’est pas de maximiser ta liberté et d’avoir aucune contrainte. […] Tu as pas forcément envie d’être cette personne en fait. » Il y a un besoin fondamental d’être utile, de contribuer.

Plaisir, pouvoir, ou sens : choisir sa boussole

Stan introduit un modèle mental de Taylor Pearson qui classe les priorités des gens en trois catégories : le plaisir, le pouvoir et le sens. « Si tu es à 100 % dans l’hédonisme […], je pense qu’avoir un enfant, c’est pas pour toi », analyse-t-il. Pour lui, la quête de sens a pris le dessus. « Je me suis aperçu que j’étais assez orienté vers ce côté de de sens et de me dire que je voulais que ce que je fais ça construit quelque chose. Et donc du coup tu arrives sur cette idée de évidemment que tu as envie de construire le côté familial. » C’est quelque chose d’irremplaçable : « Tu peux pas vraiment faire des équivalences entre combien de business tu as besoin de lancer pour pour compenser le fait que tu as pas eu un enfant. »

La transmission comme héritage ultime

La dernière grande raison explorée est la volonté de transmission. Il y a la transmission biologique, mais aussi la transmission de ce qu’on a appris.

Partager ses valeurs et ses connaissances

Paul évoque ce désir de transmettre : « C’est un peu ce qu’on parle avec ce podcast une certaine manière. Sauf que voilà les les enfants ils sont un peu captifs, tu vois, ils ont pas le choix, ils sont obligés de t’écouter. » Chaque parent a ses propres impatiences : sa copine veut lui faire découvrir des saveurs, lui veut lui montrer des films et des livres. C’est l’opportunité de guider une personne depuis le début, une influence unique et monumentale.

L’ambition de « faire mieux » que ses propres parents

Il y a aussi une forme de rédemption, le désir de corriger ce qu’on a perçu comme des erreurs dans sa propre éducation. « Tu penses que tu peux faire mieux que tes parents », dit Paul. « Tu vois ce que tes parents ont pu faire mieux ou ont pas très bien fait de ton point de vue et tu dis bah ça je vais le faire mieux, tu vois. » C’est une chance de prendre le meilleur du passé et de l’améliorer pour la génération future, malgré le risque de s’entendre dire « Ta gueule papa. Non arrête de me parler du stoïcisme. »

Conseil pratique pour les futurs parents : l’aide extérieure

Enfin, un conseil très concret est partagé, particulièrement pertinent pour les expatriés. Il s’agit de l’importance de recruter de l’aide, comme une nounou. Paul est catégorique : « Le problème fondamental c’est que ça peut rapidement partir en couille parce que si tu commences à perdre ton sommeil, […] une fois que le sommeil part tout part. » Avoir quelqu’un pour couvrir une partie des nuits ou aider pendant la journée est essentiel pour préserver son équilibre et celui du couple. C’est un investissement dans sa propre santé mentale et physique, crucial pour être un bon parent.

FAQ sur la parentalité pour les entrepreneurs et nomades digitaux

Pourquoi devenir parent quand on est un entrepreneur nomade digital ?

Devenir parent offre un sens profond et une nouvelle perspective qui complète la quête de liberté. C’est un choix de troquer une liberté absolue contre des responsabilités qui ancrent dans la vie et donnent une raison de construire sur le long terme.

« Au final les responsabilités ça a aussi l’avantage de donner du sens de façon globale. […] L’enfant c’est une énorme responsabilité mais tu trouveras pas beaucoup de choses qui ont plus de sens aussi. » – Paul

La sécurité financière est-elle indispensable pour avoir un enfant ?

Oui, une certaine sécurité financière est un prérequis important. Elle permet d’envisager la parentalité sereinement et de subvenir aux besoins de l’enfant sans ajouter un stress financier majeur à cette nouvelle étape de vie.

« Je pense si on vivait toujours à 500 € par mois, bon bah ça serait pas ce serait pas dans dans les plans quoi. » – Paul

Comment la parentalité change-t-elle la perception de la liberté ?

Elle fait réaliser que la liberté maximale n’est pas une fin en soi. Les contraintes et les responsabilités liées à un enfant apportent une structure et un sens qui peuvent être plus épanouissants que l’absence totale d’attaches.

« Le but de la vie c’est pas de maximiser ta liberté et d’avoir aucune contrainte. […] Tu as pas forcément envie d’être cette personne en fait. » – Stan

Quelle est la plus grande source de joie quand on devient parent ?

La plus grande joie réside dans l’observation quasi quotidienne des progrès de son enfant. Chaque nouvelle compétence acquise, chaque nouveau mot, est une source d’émerveillement et de fierté intense et continue.

« Comme ils sont toujours quasiment toutes les semaines en train de dépasser leurs records, tous les jours tu es en train de dire « ouh, elle a dit un nouveau mot. Waouh, elle a appris à faire un truc qu’elle pouvait pas faire avant ». » – Stan

La pression sociale joue-t-elle un rôle pour avoir des enfants, même à l’étranger ?

Même en étant expatrié et moins sujet à la pression sociale directe, une forme de pression biologique et tribale subsiste. L’instinct de reproduction et la joie collective suscitée par une naissance sont des forces profondes.

« Tu as beau être parti à l’autre bout du monde et être échappé à une partie de la pression sociale, finalement tu n’échappes pas à la biologie qui sous-tend cette pression sociale. » – Stan

Est-ce que devenir parent aide à trouver un sens à sa vie ?

Absolument. La parentalité donne une raison de se projeter dans l’avenir et de construire quelque chose de durable en dehors de sa carrière. C’est une source de sens puissante qui recentre les priorités sur le long terme.

« C’est un peu un côté où tu as passé tout ton temps à à construire ton business, mais dans ta vie, qu’est-ce que tu construits ? […] Là tout d’un coup tu as un truc vraiment significatif que tu construis aussi dans ta vie personnelle. » – Stan

Comment la relation de couple influence-t-elle la décision d’avoir un enfant ?

La relation de couple est centrale. La décision est souvent prise à deux, en tenant compte de l’horloge biologique de la partenaire. Avoir trouvé la bonne personne et partager ce désir commun est le principal prérequis.

« Si tu es bien avec la personne, avoir un enfant […] c’est 90 % dépend de la de la qualité de la relation avec la que tu as avec la personne. » – Paul

Avoir un enfant, est-ce une façon de vouloir faire mieux que ses propres parents ?

Oui, il y a souvent un aspect de ‘rédemption’ ou d’amélioration. On souhaite transmettre ses propres valeurs tout en corrigeant les aspects de sa propre éducation que l’on a jugés imparfaits, avec l’ambition d’offrir le meilleur à son enfant.

« Tu penses aussi je pense qu’il y a un petit côté où tu penses que tu peux tu peux faire mieux que tes parents. » – Paul


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