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[Best Episode] Vendre avec des Challenges – avec Annelise Harris – Episode 131

Épisode diffusé le 10 février 2025 par Estelle Ballot

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Le challenge marketing est probablement la stratégie de vente la moins regardée de travers sur internet – et pourtant, Annelise Harris sort régulièrement 10 000 euros d’une semaine de lives avec 150 personnes dans un groupe Facebook. Pas des milliers d’abonnés. Pas une audience six chiffres. Cent cinquante personnes et un bon sujet.

Annelise Harris, Française installée aux États-Unis, se présente elle-même comme ‘la reine des challenges’. Ce n’est pas un titre marketing vide : elle a construit une partie significative de son business via cette mécanique, et elle forme aujourd’hui d’autres entrepreneures à faire pareil dans son programme Les Impératrices. Dans un épisode du Podcast du Marketing animé par Estelle Ballot, elle a tout décortiqué – le format, la psychologie derrière, les peurs infondées, et la façon dont ça crée des revenus qui s’accumulent trimestre après trimestre.

Ce qui m’a arrêté dans cette conversation, c’est pas le concept en lui-même. Les challenges, tout le monde les a vus passer. C’est la mécanique de conversion – et surtout ce qu’elle dit sur les erreurs qui empêchent les prospects de devenir clients. Parce que le challenge marketing tel qu’Annelise le pratique n’est pas un webinaire déguisé. C’est autre chose.

Ce que le challenge marketing n’est pas

Avant d’aller plus loin, il faut dissiper un malentendu. Quand on dit ‘challenge’, la plupart des gens pensent à un truc TikTok ou à un défi sportif de 30 jours qu’on abandonne au jour 4. Le challenge marketing au sens d’Annelise Harris, c’est un format très précis.

Une semaine. Un groupe Facebook. Des lives quotidiens avec du contenu de formation et un exercice pratique à faire dans la journée. Et à la fin de la semaine – le jour 5 ou 6 – une proposition commerciale.

Le concept c’est une semaine de formation en ligne gratuite dans un groupe Facebook avec notre communauté. Chaque jour, on est en live et ce pendant cette journée là, on transmet un contenu de formation avec un exercice pratique à mettre en oeuvre parce que l’idée du challenge c’est le défi. L’idée c’est vraiment d’amener nos personnes quelque part, donc leur permettre de passer à l’action, d’avancer dans la progression de la résolution d’une problématique.

La nuance est là. Ce n’est pas ‘donne ton email et regarde une vidéo de 45 minutes’. C’est ‘travaille avec nous pendant cinq jours et vois ce que ça donne’.

Et ça change tout à la dynamique de vente. Parce que quand arrive le moment de proposer quelque chose de payant, les participants ont déjà eu une expérience réelle. Ils ont bougé. Ils ont compris quelque chose sur leur problème. Le pitch final ne sort pas de nulle part – il est la suite logique d’un cheminement qu’ils ont commencé.

Ce modèle colle particulièrement aux business de service et aux solopreneurs qui vendent du coaching ou de la formation. Pas aux e-commerces qui vendent des chaussures. Ça, c’est une limite réelle, et autant le dire maintenant.

Vendre sans vendre : comment le challenge marketing désarme la peur commerciale

La raison numéro un pour laquelle les entrepreneures que forme Annelise viennent vers le challenge marketing n’est pas la croissance d’audience. C’est l’évitement de la vente.

Complètement, le challenge c’est la stratégie parfaite d’évitement de la vente. Je pense d’ailleurs que la raison pour laquelle j’en suis arrivé là est parce que moi aussi en fait, j’étais hyper mal à l’aise au fait de présenter mes programmes et puis de dire j’achète.

Dit comme ça, ça ressemble à un aveu. Et c’est exactement ce qui rend ce témoignage utile.

Le mécanisme psychologique derrière est simple : quand tu passes cinq jours à apporter de la valeur réelle, tu n’arrives pas au pitch comme un vendeur de matelas un dimanche après-midi. Tu arrives comme quelqu’un qui a déjà prouvé ce qu’il peut faire. La proposition commerciale du jour 5 ne démarre pas à zéro – elle s’appuie sur quatre jours de crédibilité accumulée.

Annelise formule ça d’une façon que j’ai trouvée assez juste : tout le monde repart avec quelque chose, qu’ils achètent ou pas. Les participants ont appris des trucs concrets. Du coup, même le refus de vente ne ressemble pas à un échec – et ça, ça enlève une pression énorme sur celui ou celle qui vend.

La question qui reste en suspens, c’est comment on structure le contenu de ces cinq jours sans tout donner.

L’iceberg : ce qu’on enseigne dans un challenge marketing et ce qu’on garde

C’est la peur numéro deux, juste après ‘je suis pas à l’aise devant une caméra’. Comment faire cinq jours de contenu sans vider son expertise et rendre la formation payante inutile ?

Annelise a une réponse très structurée là-dessus. Le challenge marketing couvre le sommet de l’iceberg – le problème visible, celui que le participant pense avoir. La formation payante, elle, descend sous la surface.

La façon dont je forme mes clientes pour construire leur challenge, c’est vraiment de le voir comme une introduction à votre offre payante. Il y a beaucoup de choses à voir en amont avant même de se poser la question du comment faire. Pour en arriver là, ça t’a pris des années d’apprentissage. Comment penses-tu que en 5 heures tu serais capable de tout donner.

L’argument tient. Cinq heures de live ne peuvent pas transmettre cinq ans d’expérience. Physiquement impossible.

Elle illustre avec un exemple de perte de poids (sorti de son chapeau, elle dit elle-même). Le problème apparent : ‘je veux perdre du poids’. Le vrai travail à faire : identifier les déclencheurs émotionnels qui poussent à manger, comprendre les traumas associés à la nourriture, construire des réponses comportementales alternatives. Tout ça avant même de parler de programme sportif ou de plan alimentaire.

Le challenge marketing, c’est donc la partie diagnostic. Tu montres aux gens que leur problème est plus profond qu’ils ne pensaient. Tu les prépares à recevoir la solution. Et la solution – complète, avec du suivi individuel, avec des questions possibles – c’est ce qu’ils trouvent dans l’offre payante.

Ce cadrage change complètement la façon de construire le contenu. On n’enseigne pas ‘comment faire’, on enseigne ‘pourquoi c’est bloqué’. Et ce n’est pas pareil. C’est d’ailleurs exactement ce que font les meilleures approches de rédaction de promesse marketing – partir de la douleur réelle, pas du symptôme visible.

100 personnes, 10 000 euros : ce que la taille de ta communauté ne dit pas

60 000 abonnés Instagram ou 150 personnes dans un groupe Facebook – lequel convertit mieux sur un challenge marketing ?

La réponse d’Annelise est contre-intuitive mais cohérente : pas de corrélation directe entre taille et résultats. Ce qui détermine le chiffre d’affaires généré par un challenge, c’est la qualité de la relation avec la communauté et la précision du ciblage – pas le nombre brut de participants.

Dans mes clientes, j’ai des personnes qui font des challenges avec genre 100, 150 personnes et qui sortent avec 10 000 euros à la fin de la semaine. Donc il y a vraiment pas de corrélation en fait entre le nombre de personnes et les résultats. Ce qui compte, c’est plutôt de bien connaître sa communauté pour être en capacité de taper pile poil là où ils ont besoin.

Voilà. Ça remet à plat beaucoup de croyances sur la croissance d’audience comme prérequis à la monétisation.

Et le challenge marketing fait les deux en même temps : il génère des revenus ET il fait grandir la base. Les inscrits au challenge donnent leur email pour participer (construction de la base email). Les participants satisfaits partagent l’événement dans leur réseau. Les publicités payantes sur le challenge touchent de nouvelles personnes qui ne te connaissaient pas. En une semaine, tu as monétisé ta communauté existante et élargi ta portée. C’est ce qu’Annelise appelle un système ‘tout en un’.

Ce qui est moins dit dans ce type de présentation – et c’est normal parce que c’est moins vendeur – c’est que le premier challenge plante souvent. Ou en tout cas, il convertit moins bien que prévu. C’est pas une exception, c’est la règle.

Live d’abord, evergreen ensuite – et pas l’inverse

Un entonnoir de vente automatisé avec ton challenge marketing qui tourne tout seul pendant que tu dors. C’est le fantasme. Et c’est atteignable – mais pas en démarrant par là.

Annelise est assez directe sur ce point, et j’apprécie qu’elle ne vende pas du rêve : il faut d’abord faire le challenge en live, plusieurs fois, avant de l’automatiser. Deux ou trois itérations minimum pour identifier ce qui accroche, reformuler les points flous, ajuster le contenu qui ne convertit pas.

La logique derrière est solide. Un tunnel de vente evergreen amplifie ce qui existe. Si le contenu live ne convertit pas, l’automatisation ne va pas corriger ça – elle va juste rendre l’échec plus scalable. La bonne séquence, c’est : construire le tunnel une fois que le contenu a fait ses preuves en conditions réelles.

Il y a aussi une raison moins rationnelle pour laquelle le live d’abord a du sens. Les réactions en temps réel sont une source d’information que l’evergreen ne fournit jamais. Les questions dans le chat, les points où les gens décrochent, les exercices qui génèrent des ‘ah ouais, je comprends maintenant’ – tout ça nourrit les itérations suivantes. C’est du recherche utilisateur gratuit, en fait.

Et puis – Annelise le dit avec un enthousiasme que je trouve honnêtement communicatif – il y a un plaisir du live qu’on sous-estime. Voir les gens réagir, comprendre ce qui touche juste. C’est difficile de reproduire ça dans une séquence email automatisée.

Le bonus caché : un challenge marketing affine ton persona en temps réel

Ce point-là est arrivé en fin de conversation, presque en aparté – mais c’est peut-être le plus utile pour quelqu’un qui démarre.

Pendant une semaine de challenge marketing, les participants parlent. Ils posent des questions. Ils font les exercices – ou ils ne les font pas, et ça aussi c’est une information. Ils expriment leurs blocages avec leurs propres mots. Et tout ça, c’est de la donnée qualitative sur ta cible que tu n’aurais pas obtenue autrement.

Pour quelqu’un qui construit son business en ligne depuis moins d’un an, c’est précieux. La différence entre ce que les clients disent et ce qu’ils font est souvent là où les stratégies marketing échouent – et un challenge en live réduit cet écart parce que tu observes les comportements réels, pas des réponses à un sondage.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – c’est que le challenge marketing n’est pas juste un outil de vente. C’est aussi un outil de recherche. Tu passes une semaine à écouter ta communauté cible s’exprimer sur son problème. Et ça, ça vaut indépendamment des ventes générées à la fin.

Annelise Harris résume son modèle économique en un chiffre simple : un challenge tous les trois mois, c’est suffisant pour avoir de la stabilité. Les revenus s’accumulent parce que les acheteurs paient souvent en plusieurs mensualités – et quand tu refais un challenge au trimestre suivant, tu ajoutes une nouvelle couche de paiements récurrents sur les anciens. Pas spectaculaire comme formule. Mais ça tient la route sur le long terme, et c’est rare.

La vraie question que ça pose – et je n’ai pas de réponse tranchée – c’est comment gérer l’énergie d’un live quotidien pendant cinq jours quand on est solo. Parce que c’est intense, et que l’intensité ne figure pas toujours dans les témoignages Instagram des 10 000 euros en une semaine. Il faudrait peut-être une conversation là-dessus aussi. Sur le rôle des émotions dans l’acte d’achat, Estelle Ballot a creusé le sujet dans un autre épisode – et ça complète bien ce que dit Annelise sur la mécanique psychologique du challenge.

Questions fréquentes

C'est quoi un challenge marketing exactement ? +
Un challenge marketing est une formation gratuite de 5 à 7 jours, généralement diffusée en live dans un groupe Facebook. Chaque jour, le créateur transmet un contenu de formation avec un exercice pratique. À la fin de la semaine, il fait une proposition commerciale à la communauté - coaching, formation, membership. L'objectif est de convertir des participants gratuits en clients payants, en leur ayant d'abord apporté de la valeur concrète.
Combien faut-il d'abonnés pour qu'un challenge marketing soit rentable ? +
Beaucoup moins qu'on ne le croit. Des challenges avec 100 à 150 participants peuvent générer 10 000 euros sur une semaine. Ce qui compte, c'est la qualité de la relation avec la communauté et la précision du ciblage - pas le volume brut. Une audience petite mais engagée convertit mieux qu'une grande audience froide.
Est-ce qu'un challenge marketing peut fonctionner en automatique ? +
Oui, mais seulement après plusieurs itérations en live. Il faut d'abord tester le contenu en conditions réelles, identifier ce qui accroche ou ce qui ne convertit pas, puis ajuster. Une fois que le challenge live fonctionne bien et convertit de façon satisfaisante, il est possible de l'automatiser sous forme d'evergreen. Automatiser un challenge qui ne convertit pas en live ne résout rien.
Comment faire un challenge marketing sans tout dévoiler de son offre payante ? +
En construisant le challenge comme une introduction au problème plutôt que comme un guide pratique complet. Le challenge traite le 'pourquoi c'est bloqué' - les causes profondes, les fausses croyances, les mécanismes sous-jacents. L'offre payante, elle, traite le 'comment faire concrètement' avec un accompagnement individualisé. Par définition, cinq heures de live ne peuvent pas transmettre des années d'expertise - la peur de trop donner est une fausse croyance.
Le challenge marketing génère-t-il des revenus récurrents ? +
Oui, via deux mécanismes. D'abord, les achats en plusieurs mensualités s'accumulent d'un challenge à l'autre : si tu fais un challenge tous les trimestres et que tes clients paient sur 6 mois, les paiements des différentes cohortes se chevauchent. Ensuite, l'automatisation evergreen du challenge peut générer des ventes en continu sans intervention live.
Le challenge marketing est-il adapté à ceux qui n'aiment pas vendre ? +
C'est précisément pour eux que ce format a été conçu, selon Annelise Harris. La proposition commerciale n'arrive qu'au dernier jour, après cinq jours pendant lesquels on a uniquement transmis de la valeur. La pression de la vente disparaît parce que tout le monde repart avec quelque chose - qu'ils achètent ou non. Le pitch final est la suite naturelle d'un cheminement, pas une interruption commerciale.

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