66 000 abonnés. Et une stratégie instagram 2025 qui repose, en grande partie, sur des réels humoristiques tournés en quelques minutes entre deux rendez-vous clients. Amélie Roudil, fondatrice de l’agence Digital Inspire et de son centre de formation en ligne, n’a pas grandi sur Instagram avec un plan en 47 slides. Elle a démarré en dilettante – son mot – juste après son deuxième bébé, parce qu’elle kiffait les réseaux sociaux. Six ans plus tard, l’agence compte huit personnes, et Amélie reçoit chaque semaine des dizaines de messages DM de gens qui lui demandent pourquoi leur Reels fait 200 vues quand le sien en fait 40 000. La réponse qu’elle donne n’est presque jamais technique.
Ce qui m’a intéressé dans cet épisode du podcast Née Pour Impacter – animé par Aurélie Gauthey – c’est que l’angle stratégie instagram 2025 arrive tardivement dans la conversation. Les 30 premières minutes parlent d’alignement, de savoir dire non, de choisir ses clients. Comme si la vraie mécanique de croissance sur Instagram ne pouvait pas être dissociée de ce que tu es vraiment prêt à faire, à montrer, à défendre. Ça change un peu la perspective habituelle du ‘voici les 7 formats qui cartonnent en ce moment’.
Et franchement, ça soulève une question qui me trotte dessus depuis un moment : est-ce qu’on peut vraiment croître sur Instagram en 2025 sans avoir réglé ces questions-là d’abord ?
Avant la stratégie instagram 2025, il y a la question du levier
Aurélie Gauthey pose la question très tôt dans l’épisode : et si le vrai travail, avant de choisir ses formats, c’était d’identifier ce qu’elle appelle son ‘levier facilitateur’ ? Autrement dit – ce qu’on ferait naturellement pendant des heures sans regarder l’horloge.
Pour Amélie, c’est la vidéo et le montage. Elle ne l’avait pas prévu. Quand elle a lancé Digital Inspire, Instagram c’était des photos bien cadrées, des templates Canva soignés. Statique. Puis les Reels sont arrivés.
Le jour où j’ai commencé à faire des réels, mon compte il a fait ça. Parce que pour moi, j’adore faire des montages vidéos. Et avant, je ne savais même pas ça, je ne savais même pas que j’adorais ça.
C’est à la fois simple et agaçant à entendre – parce que ça remet en cause toutes les to-do lists de ‘formats à tester ce mois-ci’.
Aurélie complète avec sa propre version du truc : elle adore les stories. Pas les posts. Pas les carrousels. Les stories – ce format un peu bâtard que les gurus du reach considèrent comme sous-performant depuis 2022. Et pourtant c’est là qu’elle convertit.
Moi j’adore connecter en story. Je me suis dit mais en fait pourquoi je vais aller créer des postes alors que j’y prends pas de plaisir ?
La question qui reste en suspens là-dedans : comment tu identifies ton levier si tu n’as pas encore assez expérimenté pour avoir des données ? Il n’y a pas vraiment de réponse dans l’épisode. C’est peut-être intentionnel.
Ce que personne ne dit sur les tendances Instagram
Le mot ‘tendances’ est dans le titre de l’épisode. Et pourtant Amélie passe à peu près 90 secondes dessus pour dire l’inverse de ce qu’on attendait.
Sa position est tranchée : suivre les trends sans stratégie préalable, c’est dangereux. Pas inefficace. Dangereux. (Ce qui est un mot fort pour parler d’un audio TikTok qui devient viral.)
On croit que poster sur les réseaux sociaux ça se fait un petit peu au hasard, quand on a le temps, quand on a 2 minutes. Mais pas du tout en fait hein, ça s’improvise pas du tout une communication digitale.
Ce qui m’a frappé là-dedans, c’est le mot ‘réchauffé’. Elle dit qu’une trend vue 100 fois peut avoir l’effet inverse – créer une forme de rejet chez l’audience qui reconnaît le template avant même d’avoir lu le texte. Et c’est exactement ce qu’on ressent en scrollant depuis mi-2024.
Sa méthode à l’agence : aucun contenu créé sans stratégie de communication digitale construite en amont. Analyse des objectifs, identification des clients idéaux (elle utilise le mot ‘avatars’), audit de la concurrence, puis ligne éditoriale. Ce n’est qu’après ce travail – qu’elle décrit comme ‘énorme’ – que le client peut s’approprier une trend plutôt que de se laisser avaler par elle.
La distinction est fine mais réelle. Pour ceux qui veulent creuser la mécanique de contenu de façon plus structurée, l’angle slow content versus contenu éphémère est un complément intéressant à cette logique.
66 000 abonnés et une stratégie instagram 2025 qui assume l’humour
Aurélie Gauthey raconte dans l’épisode avoir eu un fou rire en tombant sur un Reels d’Amélie. La scène : Amélie scrolle sur son téléphone, enthousiaste, ‘oh là là ça c’est super’, et d’un coup réalise que son assistante est effondrée par terre depuis un moment. Réaction : ‘Oh putain, je devais appeler les urgences’.
C’est con. C’est court. Ça fait exactement ce que doit faire un Reels – déclencher une réaction émotionnelle immédiate qui pousse à partager ou à commenter.
Les réseaux sociaux, OK, il y a le mot réseau mais il y a aussi le mot social. On est là pour divertir, on est là pour apporter un côté ludique. Donc il faut savoir s’adapter aux réseaux sociaux sur lesquels on va se mettre.
Voilà. Dit comme ça, ça paraît évident. Mais j’ai l’impression que 80% des entrepreneurs qui se plaignent de leur reach ont oublié ce mot : social.
L’autre point qu’elle développe – et celui-là je l’avais pas vu venir – c’est qu’on peut avoir 250 000 abonnés sans jamais montrer son visage. Elle cite une cliente qui n’est apparue en visio qu’une fois, pour elle, juste pour la rassurer (‘je suis une personne normale, je ne suis pas une barje’). Le reste : une charte graphique très identifiable, une palette de couleurs, un ton reconnaissable. Du branding pur.
C’est une limite que je veux souligner honnêtement : cette approche ‘branding sans visage’ fonctionne – mais probablement mieux dans des niches où le contenu d’expertise prime sur la relation humaine directe. Pour du coaching de vie ou de l’accompagnement thérapeutique, montrer son visage reste vraisemblablement un accélérateur. Amélie le dit d’ailleurs.
La question du personal branding en dehors d’Instagram se pose aussi – pour ceux qui bossent en B2B par exemple, les dynamiques sont assez différentes. Le sujet du marketing d’influence en B2B sur LinkedIn creuse d’autres mécaniques de visibilité qui complètent bien ce que dit Amélie.
La vraie claque : quand dire oui à tout casse tout
Il y a un moment dans l’épisode où on sort complètement d’Instagram. Et c’est là que ça devient utile.
Amélie parle de la période où elle disait oui à tout – chaque demande client, chaque projet, chaque ‘tu aurais pas 5 minutes’. Le mur est arrivé. Trop de boulot, mauvais matchs, énergie dispersée. Sa formulation :
On se fait vite rattraper par les mauvaises personnes à qui on a dit oui. Du coup ça matche pas. Du coup on a trop de travail. Du coup ça fonctionne plus.
Ce qui est intéressant – et un peu paradoxal – c’est qu’elle dit aussi qu’il fallait le vivre pour le comprendre. On ne peut pas juste lire ça et décider de ne jamais plus dire oui à un mauvais client. Il faut la gifle.
Aurélie ajoute son propre process de filtrage : une grille avec quatre ou cinq questions avant d’accepter une invitation ou une collaboration. Est-ce que ça répond à ma mission ? Est-ce que ça correspond à ma clientèle ? Quelle note sur 10 ? C’est son équipe qui gère le premier filtre – ce qui fait que les mauvaises demandes ne l’atteignent même plus.
Ce système de ‘process de non’ – je trouve ça beaucoup plus honnête que les conseils habituels sur la gestion du temps. C’est pas ‘protège ton agenda’, c’est ‘construis une infrastructure qui dit non à ta place’. Nuance importante. Pour ceux qui créent beaucoup de contenu et qui veulent rationaliser leur production, des pistes concrètes existent aussi du côté de la création de contenu sur les réseaux sociaux pour gagner du temps.
IA, automatisation et stratégie instagram 2025 : l’équilibre qui ne va pas de soi
Sur la question de l’intelligence artificielle, Amélie est directe – peut-être plus directe que beaucoup d’experts qui ménagent la chèvre et le chou.
Sa position : ceux qui résistent à l’IA vont s’enterrer. Elle ne prend pas de gants. Et elle propose quelque chose d’assez malin comme point d’entrée : demander à ChatGPT de t’apprendre à utiliser ChatGPT. Demander à l’outil de t’expliquer l’outil. C’est récursif et ça marche.
Mais elle insiste sur le fait que l’IA ne règle pas la question de l’authenticité – elle la rend plus urgente. Parce que si tout le monde peut maintenant générer du contenu propre et bien structuré en quelques minutes, ce qui différencie c’est précisément ce que l’IA ne peut pas produire : la spontanéité, les coulisses, le petit détail de vie qui crée le lien.
Parler de vos coulisses, parler de façon brute, parler de votre journée type en professionnel. Des fois j’ai des clients qui me disent ‘oh là là mais ça va intéresser ces personnes ça’. Mais non, pas du tout en fait. Toi tu connais par cœur tes process. Mais de donner des petits détails comme ça à sa communauté, ça va les rapprocher de toi.
Elle donne un exemple concret et presque absurde : dire à sa communauté qu’on déjeune salé le matin. Pas une révélation. Pas un secret professionnel. Juste un détail qui crée une identification. ‘Ah ben moi aussi.’
C’est à la fois la chose la plus simple et la plus difficile à faire pour beaucoup d’entrepreneurs – surtout ceux qui ont une formation ‘sérieuse’ et qui ont appris à séparer le pro du perso. Le glissement vers une communication plus incarnée, c’est souvent là que la puissance du contenu authentique prend tout son sens, y compris pour les marques.
Sur l’automatisation, elle cite ManyChat sans s’y attarder beaucoup. Le vrai message c’est : automatisez ce que vous détestez faire, pour dégager du temps pour ce que vous aimez. C’est le même raisonnement que le levier facilitateur, appliqué aux outils.
Et la stratégie instagram 2025, dans tout ça, reste un exercice d’équilibre entre deux forces qui tirent dans des directions opposées : la machine qui scale et l’humain qui connecte. Aucune des deux ne gagne seule.
Ce qu’Amélie ne dit pas – et c’est ma seule vraie frustration sur cet épisode – c’est comment mesurer cet équilibre. À quel moment t’as trop automatisé ? À quel moment ton compte commence à sonner creux ? Ça, il faudrait un autre épisode. Ou une heure de plus avec elle.











